ARTICLE INDÉFINI
178. L'article indéfini un est déjà dans les plus anciens textes souvent exprimé, surtout devant les noms concrets :
Et vint i Charlemaignes tôt un antif sentier {P'cl. 2). Plus qu'arbaleste ne puet traire un quadrel {Roi. 52).
Mais plus souvent il est omis :
Se galerne ist de mer, bise ne altre venz {Pël. 56). Altressil fait torner corne arbre de molin {Pel. 74). lia grant dolor {Roi. 21).
Par granz batailles e par molt bels sermons (/?o^. 30). Por lei tenir e por omes atraire {Roi. 43).
Même encore dans les textes les plus récents, il est souvent omis, au moins au pluriel, et devant les noms abstraits :
Et fais grant vilenie aux tiens;
Non pas seulement vilenie,
Mais advoutire et tirannie.
Ou il n'a voye de raison {Greb. 45-48).
Je ne voy aultre demourant ou exploict des longues guerres de
OTRODUCTION
ce royaulme, sinon terres en friche et pays inhabitables, multitude (le femmes veves et d'orphelins chetifs et mendians et désolez, et mutations de biens {A. Chart. 254).
Oys tu brebis braire {Pat. 173)*?
Plaider a fouz n'a folles {Pat. 198).
179. Un peut être employé au pluriel, surtout avec des substantifs désignant des objets qui ne se présentent généralement pas isolés :
Et avoit unes granz joes, et un grandisme nés plat, et unes granz narines lees, et unes grosses lèvres plus roges d'une escharbocle, et uns granz denz jaunes et laiz, et esloit chauciéz d'uns hoseaus et d'uns solers de buef {Auc. x, 145).
Unes manières de herberges (Joinv. 235).
ARTICLE PARTITIF
180. L'article partitif était beaucoup moins usité encore que l'article indéfini; toutefois des phrases comme celles-ci ne sont pas des exceptions :
Ele prist des flors de liz
Et de l'erbe del garri
Et de la fueille autressi(^i^c. v, 12-14).