PRONOMS PERSONNELS ET IMPERSONNELS
181. Pronom sujet. — Dans les plus anciens textes, le pronom personnel sujet n'est généralement pas exprimé.
Il l'est pourtant quelquefois.
182. Il l'est presque toujours quand, sans lui, le verbe ou un pronom personnel régime commencerait la proposition, ou suivrait les mots que, relatif ou conjonction, se^ mais, conjonctions :
Jo sui de France chiés {Pèl. 8). 11 la fait conreder {Pèl. 33).
SYNTAXE
Se senz guarde remaint, criem qu'ele seit perdude {Pèl. 24). S'il V lient proz estre {Cour. 112).
Mais tu iés morz {Cour. 152).
183. Même dans ces conditions le pronom peut n'être pas exprimé, mais Tomission en est rare, et ne se trouve que dans les plus anciens textes :
Vieng de Jérusalem {Pèl. 10).
Prist l'a ses poinz {Roi. 70)
Met sel sour piez {Roi. 86).
Com fus si os que me saisis {Roi. 80-81)
184. Avec le temps l'emploi du pronom personnel sujet devient plus fréquent, sans cependant être jamais obligatoire. H est encore souvent omis dans nos textes du xv^ siècle, aussi bien après qiie^ se, 7nais :
Ne sçay qui t'en puet excuser.
— Jehan, bien sçavez proposer,
Et Rçay bien qu'entre vous, hermitos,
Tant de cerimonies dites {Grcb. 30-33).
Vecy doncques que luy demande {Pat. 23).
Feras (Pat. 176)?
185. Les pronoms neutres 27, ço > ce, sujets des verbes impersonnels ou sujets grammaticaux de verbes dont les sujets logiques suivent, étaient omis ou exprimés dans les mêmes conditions que les pronoms personnels :
Bien at set anz {Pèl. 12).
Quatre pedrons i at {Roi. 59).
A remembrer li prist {Roi. 1G9).
La ou li plaist {Villeh. 203).
Or conviendra que (A. Charl.2^j^).
Tels fouz, que ne fnult ajourner {Pat. 188).
Mais en tête de la proposition et après que^ se, maiSy ces pronoms sont d'ordinaire exprimés :
\] nen est dreiz(/?o/. 140).
INTRODUCTION
U i apent Baiviere et Alemaigne {Cour. 15),
Il estoient jadis doi frère {Estula 1).
Gost avis qui l'escoltet {Pèl. 78).
Ce fait a otroier {Cour. 115).
Que ço vos fust viaire {Pèl. 63, 76).
Il ne sout que ço fut {Pèl. 88).
Et s'il est om qui li face nul tort {Cour. 21)»
S'il vos pla'st {Cour. 110).
186. Le pronom personnel est assez fréquemment employé pléonastiquement, pour rappeler un sujet déjà exprimé :
Cil Damedieus qui maint en paradis, 11 saut et gart {Aim. 438-439).
187. Le pronom personnel sujet, quelle que soifc sa place dans la phrase, a toujours la forme du nominatif avant le xv® siècle :
Et ce est il qui me requiert {Ivain 724).
Et il et Brichemers li cers {Ren. 140).
Et descendi il meesmes {Villeh. 202).
Et tu de quoi {Auc. x, 147) ?
Et il por l'amor de li
Ne s'i repose un petit {Auc. v, 19-20).
Et tu meesmes armez o lui venis {Aim. 456),
Jel te di, et tu l'entent {Auc. i, 12).
Pren la nape, et tu le pot i'ienXFeuil. t83)o
Je et mi chevalier {Joinv. 217, 218).
Li maistres deu Temple et je {Joinv. 233).
C'est, parmi nos textes, dans Froissart que nous trouvons les premiers exemples de la forme du régime employée comme sujet :
Comment prinsmes nous Cariât, moy et li bourcs de Compaigne {Frois. 248) ?
Mais encore au xv*" siècle :
C'est il [Pal. 49).