Le verbe aidier gouverne le datif
Aida a Bernier {Raoul 322).
Lxxvf ÎNTRODUCTION
Cil... lor venoient aidier {Villeh. 190) Pour lui aidier (Joinv. '227).
Qui luy avoient aidié {Frois. 247).
227. Le \erhe proier veut au datif le nom de la personne qu'on prie et à Taccusatif le nom de la chose qu'on demande :
Si priet Dieu mercit {Roi. 176).
Tant li prient {Ivain 732). ,
228. Après les verbes prier ^ comander, mander, dire (au sens de commander), loer{= conseiller)^ ^yionstrer (—conseiller), défendre, on trouve plus souvent le subjonctif que l'infinitif:
Et li proioient qu'il les laissast (Joinv. 216).
Conf. Roi. 48, Feuil. Joinv. 216, 221, 224).
Et li requist qu'il (Joinv. 221).
Comanda a ses sergens qu'il li alassent querre (Joinv. 224). Nous manderons... que il nous paient (Frois. 249).
Conf. Roi. 109-110.
Nous dist que nous nous traisissons (Joinv. 219).
Conf. Joinv. 226, 228.
Tuit li louèrent qu'il atendist (Joinv. 224).
Conf. Joinv. 223, 225, Pat. 275.
Et lor mostrerent qu'il fussent confès (Villeh. 187). Je vos defent que vos n'i adesez (Cour. 73).
229. Après laissier (r= permettre), avoir pooir^ avoir talent, l'infinitif est plus souvent employé que le subjonctif :
N'en laissiez honir France (Roi. 128).
Gest orne mort laisse son poing vengier (Raoul 361). Laissiez, beaus sire, ester ceste cité (Aim. 119). Quant Renarz ne me laisse vivre (Rcn. 40). Nous n'avons pouoir d'aler (Joinv. 225).
SYNTAXE
Corne Dieus n'ait pouoir de nous aidier (Joinv. 237). Qu'il eiist pouoir de nous eslongier nos vies {Joinv. 237).
Mais avec le subjonctif :
Ne laissiez que France en seit iionide (Roi. 146). Ne lairai ne vos chant {Cour. 4).
N'avoient pooir qu'il porchaçassent {Villeh. 193). Kn talent out qu'il li coupast le chief {Cour. 136).
230. Après cuidiei\ si les deux verbes n'ont pas le même sujet, le second est au subjonctif ou à l'indicatif:
Nos cuidames que ce fust {Auc. viii, 143). Guida que li chiens eiist respondu {Estula 54-55). Cil qui cuida que ce fust {Estula 105). Bien cuida qu'on reiist traï {Estula 112).
Je cuit Dieus la vout avoir {Auc. xi, 5).
Mais je cuit qu'ele n'ert mais sage {Rose i, 60).
Si les deux verbes ont le même sujet, le second est à l'infinitif, rarement à l'indicatif :
Je cuidai porchacier {Le Coq et la Pierre 7). Por ce qu'il cuida son fil conforter [Auc. vi, 139). 11 cuide a son propos venir {Pal. 54).
Por ce, mien escient, cuit gié
Que j'ai bien et a droit jugié {Ivain 366-367).
231. Beaucoup de verbes neutres peuvent indiflëremment prendre ou ne pas prendre la forme réfléchie :
Soi penser {Raoul 98, Auc. ii, 135, viii, 141, Jomv. 216), soi pourpenser ( Villeh. 194, Ren. 225), soi apenser {Aim. 198), soi
, repenser [Ivain 249), soi deviser {Frois. 247), soi remaindre {Villeh. 203), soi gésir [Roi. 167), soi sooiv {Feuil. 150), soi demorer {Ivain 730), soi descendre {Auc. x, 149), soi avaler {Rose I, 37), soi escrier {Raoul 100), soi apercevoir {Roi. 71, Reji. 245), soi prendre a {Aim. 32, 213), etc.
D'autre part :
Prendre a {Cour. 106, 145, Raoul 340, 341, Aim. 64, 66, 290), seoir {Cour. 104), taire {Ivain 207), escrier (Raoul 66), eslendre {Ren. 341), rompre {Ren. 341), fendre (Ren. 343), froissier {Roi. 131), bi-isier (y?oi. 103, 131), esgraignier {RoL 103), estrecier {Raoul 340), espessier (Raoul 341), etc.
lîsTRODUCTIOlS
232. Le participe passé de morir s'emploie avec un sens actif :
Qu'il a morte {Ren. 121).
Renarz t'a mort {Ren. 394).
233. La locution faire a, suivie d'un infinitif actif, peut toujours être traduite par être à :
Molt fait bel ad odir {PèL 77).
Ce fait a otroier (Cour. 115).
Mont fais a ressoignier {Raoul 54).
Qui tant fait a loer {Aim. 69).
23^. Faire que, suivi d'un adjectif se rapportant au sujet de faire, signifie « faire ce que fait » ou « ce que ferait » :
La roïne n'a pas fait que cortoise {Conon. 8).
Traduisez :
La reine n'a pas fait ce que ferait une personne courtoise..