‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 74 sur 245 · La conjonction que peut être omise · texte numérisé non relu

La conjonction que peut être omise

V Devant toute proposition principale dont le verbe est au subjonctif :

Vieigne donc tost {Ivain 49A).

Chascuns de nos preigne {Feuil. 186).

(Voir des exemples, § 217.)

2" Après une proposition principale négative, devant

SYNTAXE

une proposition subordonnée directe dont le verbe es^ au subjonctif :

Ne puet muder ne plort (Roi. 174).

Ne remest pas en toi ne fusse ocis {Aim. 459).

Pour l'omission du pronom relatif dans le même cas, voy. § 204.

3*" Après savoir^ estre certain, etc., devant une proposition subordonnée directe dont le verbe est à l'indicatif :

Qui que s'en aut, sachiez je remandrai {Aim. 115). Mais bien savez trop aviiez mespris {Aim. 463).

Soiez certaine Je n'oistrai de ceste semaine (Ivain 166-7).

4" Devant une proposition subordonnée consécutive :

Donc out tel dueii onques mais n'out si grant {Rot. 9). Tel peor a ne se puet sostenir {Raoul 229).

Lor ferai tel tornoi Ne les garront ne haut mur ni berfroi {Aim. 189-190). Raous fiert lui par si grant mautalent Escuz n'osberz ne li valu un gant {Raoul 319-20). Tant ai porté mon hauberc doblentin...

Le cors ai teint {Aim. 265-7). Tant fus vers moi fiers et mautalentis, S'il te creiist, n'en eschapasse vis (Aim. 457-8).

244. Lorsque plusieurs propositions subordomiées se suivent, que, exprimé devant la première, peut n'être pas répété devant les autres :

Mandèrent... que li eniperere Alexis s'en ère fuïz, et si avoient ( Villch. 204 j.

Lor fait a savoir qu il avoient... et seùssent f V'ïiie/i. 199-200). L'on avoit ordené que li Temples feroit l'avant garde et li

cons d'Artois avroit {Joinv. 216).

Li dist que li rois estoit arestés et li Turc s'estoient mis

{Joinv. 225).

Il en est de même des conjonctions quant, se > si :

Quant la chapele fu beneoite a Ais

! CHRESICMATllIi; f

INTRODUCTION

Et li mostiers fu dédiiez et faiz {Cour. 26-27).

Quant de la porte ont le clavel fermé

Et li portiers a sus le pont levé {Aim. 146-147).

Quant il devoit aler après eus et il aloit devant (Joinv. 216).

Quant il furent passé et li Turc virent {Joinv. 228).

Quant nous chevauchions a l'aventure et nous pouyons trouver

{Frois. 247).

Se par la vient Aucassins Et il por l'amor de li Ne s'i repose un petit {Auc. v, 18-20). S'il n'est fin fol ou il affolle {Pat. 214).

245. Quand la conjonction que est exprimée, elle peut suffire à introduire :

V Une proposition causale :

Prist l'olifant, que reproche n'en ait {Roi. 50). S'avra provende, qu'il ne puist mendiier {Cour. 103).

2° Une proposition consécutive :

Li uns esguardet l'altre ensement en ridant,

Que ço vos fust viaire que tuit fussent vivant {Pèl. 62-63).

Cel jor i out oferende mout bele,

Que puis cela ore n'out en France plus bele {Cour. 41-42).

Conf. Raoul 42-43, 79-80, 104-105, 136-137, 325-326, Ren. 352-353, etc.

246. Quand la conjonction que est séparée de la proposition qu'elle introduit, elle peut être répétée :

Ele ot peor que, s'ele i entroit, qu'eles ne l'oceïssent, si se repensa que, s'on la trovoit iluec, qu'on la remenroit en la vile por ardoir {Auc. u, 133-4).

Et croi et di que, quant nous mourons, que il n'est riens d'anif' {Frois. 2\2).

247. Après un verbe accompagné de mieuz^ plus., la conjonction que introduit à la fois deux compléments, celui de mieuz^ plus^ et celui du verbe sous-entendu dans la seconde proposition :

Mielz vueil morir qu'entre païens remaigaet {Roi. 127).

sï>;taxe

Mieuz li vient le musel perdre

Que Lanfroiz le peiist aerdre {Ren. 337-338).

Encor aim je mieuz que je muire ci que toz li pueples me regar-

dast {Auc. II, 135).

Encor aim je mieuz assez, Que memanjuënt li lé, Li lion et li sangler

Que je Toise en la cité {Auc. m, 16-19).

Dans cette construction il arrive même à que d'être à la fois conjonction et pronon relatif :

N'ai je plus vaillant que vos veez sourie cors de moi (Auc.x, 147).

248. La conjonction car précède souvent l'impératif avec le sens d'excitation, d'encouragement :

Car conseilliez {Ren. 37).

Car me pren (/?en. 39).

Car nos vengiez {Ren. 16'^).

Car m'i alez {Ren. 168).

Devant le subjonctif optatif eJle répond à une exclamation :

Car la tenisse en France, e Bertrams si i fusset {Pèl. 29)! Car fust il or venuz {Aim. 392)!

Page 1