‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 77 sur 245 · Tout complément direct ou indirect peut être placé · texte numérisé non relu

Tout complément direct ou indirect peut être placé

V En tète de la proposition :

Lo rei Hugon saludet iPèl. 4).

Vos et vostre barnage vueil vedeir volentiers {Pèl. 11). Set mil'te chevaliers i troverent sedanz {Pèl. 38). Tant i at de fin or {Pèl. 23).

Tendror en out {Roi. 3).

Ceste besoigne, s'il vos plaist, m'otroicz {Cour. 109). Granz merciz en aiez {Cour. 159),

Tant me prie très doulcement {Chr. de Pisan, Bal. xxi, i). Tant de cerimonies dites {Greb. 33).

P'sbahir assés ne me puis {Greb. 69).

Un an vos retendrai {Pel. 15).

Lxxxvi INTRODUCTION

De tôt ço n'aiez cure (Pèl. 25).

Se senz guarde remaint (Pel. 24).

Quant d'autruy coulpeje porte la très aspre pénitence Charï. 252).

Et a ton pere exemple prens {Greb. 63).

Entre le sujet et le verbe :

Si que vos a voz ieuz verrez {Ren. 107). Trestuit a confondre le béent {Rose ii, 6). Ma bouche

Meshuy un seul mot n'en dira (Pat. 101-102).

Cette construction est la plus fréquente dans les propositions subordonnées commençant par qui ou que ;

Qui a terre descent (Pèl. 59;.

Qui tante onor bastit {Pèl. 69).

Qui bien me fait {Pat. 218).

Qui de ses dentz mort {A. Chart. 254).

Celuy qui ce me fait(^. Chart. 255).

Qui a sy pute fin parvint {Greb. 64).

3" Entre l'auxiliaire et le participe :

S'at sa moillier vedude {Pèl. 32).

Qui t'a ce fait ?

Laidement t'a ton chapel trait {Ren. 383-4). Bruns avoit tant del sanc laissié {Ren. 386).

4° Entre un verbe à un mode personnel et l'infmitif qui en dépend et dont lui-même est le régime :

Il cuida Aucassin son fil conforter {Auc. vi, 139).

Il ne t'appartient point La femme a ton frère tenir.

Tu te veux prince maintenir, Tetrarche et de justice chef {Greb. 7-10). Ucuide a son propos venir {Pat. 54).

5*^ Entre une préposition et un infinitif :

Por son jorn espleiticr {Pèl. l).

Por lei tenir et por ornes atrairo {Roi. 43).

Voir, § 188, d'autres exemples.

SYNTAXE

LXXXVIÏ

255. Le pronom personnel régime d'un verbe peut être placé avant ou après ce verbe. Contrairement à l'usage actuel il peut précéder l'impératif, et suivre les autres modes :

Or me rofrez {Aim. 228, 268).

Ça! une fois me donez {Feuil. 134-135).

Et le prenons et fortefions {Frois. 248).

Or vous couvrez {Pat. 4).

Met sei sour piez (Roi. 86).

Raous fiert lui {Raoul 319).

Et mater les {Aim. 309).

Foi que doi vos {Aim. 348, 460, 465).

Je n'en conterai point a ti {Feuil. 22).

Estula parla or a moi (Estula 61).

256. Le pronom régime d'un infinitif qui dépend luimême d'un autre verbe précède toujours celui-ci* :

Ne l'osent esguarder {P'el. 95).

Si la prist ad amer {Pèl. 106).

H ne se savoient mie si bien aidier {Villeh. 191).

Ne leur osa respondre {Joinv. 216).

Il nous vindrent sus courre {Joinv. 218).

Il le voult encore adviser {Froiss. 250).

Qui la puisse seurement adrecier {A. Chart. 253).

Il n'y scet plus advenir {Pat. 55).

Vanter se deignoit {Rose u, 28).

257. Lorsque deux pronoms atones sont compléments d'un verbe, ils se suivent toujours et le régime direct se place avant le régime indirect :

Donc la me ceinst {Roi. lll).

Mais durement le m'as puis vendu chier {Raoul 355).

Nel me devez celer {Aim. 68).

Jel te di {Auc. i, 12).

Li maistres le me dist {Joinv. 217).

1. La particule re affectant un infinitif régime d'un autre verbe se place aussi très souvent devant celui-ci : recuidierent passer {Joinv. 216), etc.

i.xxxviri

INTRODUCTTON

Celuy qui ce me fait {A. Chart. 255).

Il le me convient avaller {F*at. 105).

Au temps qu'il les vous a gardez {Pat. 240). -

258. Dans les interrogations, le pronom régime se place entre le verbe et le pronom sujet :

Feïs le tu por mal de moi {Ivain 359)? Tendrez la vos de moi {Aim. 182)?

Mescreez me vos donc {Ren. 259) ?

259. Lorsque en et i sont compléments d'un verbe. en précède toujours i :

S'en i vit une {Auc. x, 149).

Gardez que n'en i vieigne plus {Ivain 497).

Et veimes qu'il en i avoit {Joinv. 225).

260. Le prédicat, le plus souvent placé après le verbe, peut cependant le précéder :

Hait sont li pui e molt hait sont li arbre {Roi. 58). Ennuyeuse chose est a raconter et plus grieve a soustenir ma piteuse désolation {Al. Chart. 253).

261. Non seulement le verbe précède souvent, comme on Ta vu, son sujet; il peut même être placé en tète de la proposition :

Vieng de Jérusalem {Pèl. 10).

Prist l'a ses poinz {Roi. 70).

Met sei sour piez {Roi. 86).

Voir d'autres exemples, § 250.

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