‹ Chrestomathie du moyen âgeChapitre 92 sur 245 · Coife. Cf. page iO, note · texte numérisé non relu

Coife. Cf. page iO, note

ô. Le monastère d'Origny (Origny-Saintc-Renoitc, arrond. de Saint- Quentin), d'après le poème, avait été fondé par Ibert de Uibemoiit.

POÉSIE ÉPIQUE

Li cons Ernauz fu chevaliers gentiz

Et par ses armes vassaus et de grant pris;

Vers Raol torne, de mautalent espris :

Cirant coup li done, con chevaliers gentiz. Go

Par mi son heaume, qui fu a or floriz :

Trenche le cerclei,qui fu a flors de hz ;

Ne fust la coife de son hauberc treliz 2,

De ci es denz li eùst le brant mis.

Voit le Raous, mornes fu et pensis; 65

A vois escrie : « Foi que doi saint Denis,

Coment qu'il preigne, vassaument m'as requis!

Vendre me cuides la mort de tes amis :

Nel di por ce que vers toi m'escondis :

Si m'ait Dieus qui en la crois fu mis, 70

Onc tes enfanz ne mal ne bien ne fis. ))

Del coup Ernaut fa Raous si aquis

Sanglent en ot et la boche et le vis.

V. — Le comte EniMiid est un nol)le clievalier, courageux et redoutable sous les armes. Il s'élance sur Raoul, enflammé de colère. Il lui donne un grand coup, digne d'un valeureux chevalier, sur son heaume à fleurs d'or, dont il tranche le cercle orné de fleurs de lis. N'eût été l^i coifl'e du haubert à mailles d'acier, la lame serait entrée jusqu'aux dents. A ce coup, Raoul, sombre et inquiet, lui dit : (c Par saint Denis, quoi qu'il arrive, tu m'as courageusement assailli ! Tu crois me faire payer la mort de tes amis : je ne le dis pas pour me justifier devant toi, mais, par Dieu qui mourut en croix, jamais j(^ n'ai fait à tes enfants ni bien ni mal. » Raoul avait été si

Raoul y mit le feu, et l'abbesse, qui était mère de Dernier, j)érit dan» les flammes, ainsi que toutes les religieuses.

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