‹ Chrestomathie du Moyen AgeChapitre 105 sur 112 · PAU JE A N DE M E U N G · texte numérisé non relu

PAU JE A N DE M E U N G

Trestuit ' trouvoient en leur terre

Quanque leur sembloit bon a querre.

Riche estoient tuit egaument,

Et s'entramoient loiaument

Les simples gens de bone vie : 5

Lors iert amours sans seigneurie.

L'uns ne demandoit riens a l'autre,

Quant Baras vint lance seur fautre

Et Péchiés et Maie aventure %

Qui n'ont de souffisance cure, 10

Orgueus qui desdaigne pareil,

Vint avec a grant apareil,

Et Convoitise et Avarice,

Envie et tuit li autre vice :

Si firent saillir Povreté 15

D'enfer, ou tant avoit esté

Tous trouvaient en leur terre

tout ce qu'il leur semblait bon à chercber.

Ils étaient riches également

et s'entr'aimaient loyalement

les gens simples et de bonne vie : 5

lors était amour sans seigneurie.

L'un ne demandait rien à l'autre,

quand Fraude vint lance sur selle,

ainsi que Péché et Maie aventure,

qui méprisent la simplicité; 10

Orgueil qui dédaigne tout ce qui l'égale

vint aussi avec grand appareil,

et Convoitise et Avarice,

et Envie et tous les autres vices :

alors ils firent sortir Pauvreté 15

de l'enfer où elle avait si longtemps été,

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