Aïude, impératif sg. : Je aidier, aider
Rodlanz ferit en une pierre bise :
Plus en abat que jo ne vos sai dire;
L'espede croist, ne froisset ne ne briset, 20
Contre le ciel a mont est ressortide.
Quant veit li coins que ne la fraindrat mie,
Molt dolcement la plainst a sei medisme :
« E! Durendal, com ies bêle et saintisme!
En l'orie * pont assez i at reliques,
Un dent saint Pierre 2 e del sanc saint Basilic,
E des chevels mon seignor saint Denisie,
Del vestement i at sainte Marie.
Il nen est dreit que paien te baillissent;
De crestiiens devez estre servide. .'50
Molt larges terres de vos avrai conquises,
Que Charles tient, qui la barbe at floride :
Et l'emperedre en est et ber et riches.
Ne vos ait om qui facet codardie !
Dieus, ne laissier 3 que France en seit honide ! » 35
Roland frappa de son épée sur une pierre sombre : il en abat plus que je ne saurais vous dire;
l'épée grince, elle ne s'entame ni ne se brise, 20
elle rebondit en haut vers le ciel.
Quand le comte voit qu'il ne pourra la briser, il la plaint très doucement en lui-même : « Ah ! Durendal ! comme tu es belle et sainte ! En ta garde dorée, il y a mainte relique, -•">
une dent de saint Pierre, du sang de saint Basile, des cheveux de mon seigneur saint Denis, une partie des vêtements de sainte Marie. Il n'est point juste que des païens le possèdent; c'est par des chrétiens que tu dois être servie. 30
Par toi j'aurai conquis de très grands pays, que tient Charles à la barbe fleurie; ils font la force et la richesse de l'Empereur. Puisses-tu donc n'être pas aux mains d'un lâche ! Dieu! ne permettez point que Durendal déshonore la France! » 35
1. L'adjectif orie Décompte que pour cas régime sans l;i préposition de ou a.
deux syllabes ; de même Basilie et Déni- «'. parez /« rue Richelieu, lu librairie
sie, plus loin. Décomptent <[uc pour trois. Delà grave.