‹ Chrestomathie égyptienne (volume 2)Chapitre 25 sur 98 · rTel tel-n expression pronominale de la similitude · texte numérisé non relu

rTel tel-n expression pronominale de la similitude

est rendu par la répétition du mot® Il x*t. Nous pensons qu'il faut rapporter cette forme au radical )(a cr mesurer, t) en copte ujx cr me-

' Dans deux autres passages de la pierre de Rosette, les mots grecs âXXois et iXXcûv paraissent correspond re à gffi gE. On a traduit jusqu'ici | | =:: = ■= P^**

rrles dieux des nomes, du pays;» mais ni le grec ni le dëmotique ne renferment ridëe de pays. Nous pensons que nm mis au pluriel cache ici un pronom et peut-être même le mot sep; car nous avons d'ailleurs remarque la variante mu sep (abrégé de hcsep?) dans le nom d'Osiris-

sep, sur un sarcophage de Tëpoque saîte.

' Stèle de Piânxi-meriàmun , 1. qA.

^ Voyez Pleyte, Etudes, 110 elpassim , et ibid. pi. V 1,1. 5, pour la variante de la note suivante.

* La variante de cette formule, écrite i— a\^ menmes en ment, montre deux valeurs rarement employées pour tnen et empruntées primitivement à Téoriture secrète ; \ est un sigle pour le mot mes,

' rrOuT) se rendait par le passif.

surei%7> d'où provient également -^œ^ crétre égal,i) en copte cyKcg etc. L'inscription de Ramsès II à Abydos en fournit d'excellents exemples ^ Isis dit au roi : tf Ta vie est comme celle de mon fds Horus.T^

M3:f:Ms^j

yii entuk xj^i père em X^'^^- Tel tu es, tel (celui qui) est sorti de mon flanc.

Ramsès dit, à son tour, en se comparant à son père :

xii se x}i tnes-su.

Tel (est) le fils, tel le père qui Ta engendra.

On retrouve un peu plus loin le même mot, sans répétition : ^ ^ ^^i Xi-nek (rtel lu es, je suis;!) j^i-nek doit s'ana-

i I ^HiP^ ^^R&i ^mmm\ ,j^^^^

lyser cr comme à toi. rt

219. Le groupe SC> q^i signifie d'une manière très-générale (tdes choses, des affaires, des biens, ^ devient aussi un pronom dans le sens de craliquid,7) comme dans l'exemple suivant^ :

an àru àtàr N. tu xj^tu em fauL

L'osiris (un tel) n'a pris aucune chose par vol.

Le composé Sc^''*^ ^etuneh répond à la locution copte <^«.^&

* Comparez Masfiero, Inscription d'A- ^ Sa en sinsin, manuscrit du musée

hfdos, 1. 7, 1/1, 60. Ce savant ne parait du Louvre, section xi% au quatrième

pas avoir bien saisi le sens du groupe en juge, question.

\\\X3. cr toutes choses, t» V Histoire des deux frères nous montre liatu revenant le soir à son étable pour soigner ses bestiaux :

atejhtuf em ^etu neben sc/e-t

Étant charge de toutes les choses des champs.

Le composé ^ê^^'^^^l'^^^x X^^^^ tennu crquaBcumqueT^ cité cidessus est tout à fait analogue de sens et de composition ^

220. Les formes négatives des pronoms vagues résultent ordinairement de leur combinaison avec une négation. C'est ainsi que nous avons rencontré i ànuà crpas un,7î i \ an ki

cr pas d'autre, -n Mais c'était une habitude spéciale aux Egyptiens de traiter les particules à certains égards comme des mots à flexions, en sorte qu'il suffisait d'ajouter à une négation la finale du participe ou de l'adjectif dérivé, ou même par abréviation les simples signes du pluriel, pour leur donner une valeur pronominale. C'est ainsi que la négation ^ ^^ an, sous la forme ^'^''^ àn-tiu, signifie ff ceux qui n'existent pas. •» Vn autre pronom négatif se tire, par le même procédé, de la négation® jk-^/^p^em. Les gens qualifiés ® \k 1 1 -a«it- xjmir'iu sont cr ceux qui nient , qui rejettent , t> ou simplement cr qui ignorent et qui ne font pasfl telle ou telle chose. Ramsès II, après avoir échappé aux conséquences d'une surprise, adresse des reproches à ses compagnons d'armes; il convoque pour cela tous ses soldâtes, et le texte ajoute^ :

em-mati nai-f uer-u xemi-u (xerau).

Et de même ses généraux qui n avaient pas combattu.

' Ce mol xj^tu rappelle le ^ arabe si- nière explëtive dans certaines locutions, gnifiant également tr chose, « et il s'em- * Poëme de Pentanr, Papyrus Sallier,

ployait comme ce dernier d'une ma- n" 3, V, lo.

DES PHONOMS. 91

11 est évident que j(emtu devient ici un simple pronom relatif et négatif de l'action.

221. Les pronoms et adjectifs numéraux étaient assez nombreux ^ voici les plus usités. La totalité est rendue ordinairement par ^''m^ neb. Le copte memphitique est nxÊEn et le sahidique îuju (oii le 6 passe au -u^). Nos précédents exemples ont déjà fait connaître ce mot, soit comme pronom, soit comme adjectif. Nous avons également indiqué les composés ^^ ^^ un neb y 1 \^m^ J^

bu neby ^^i J ^^ heru neby N^ J ^^ an-u neb cr tous , tout

le mondes et>^ ^^^ê^. se neby i^^^^bp^ uâ neb (r chacun, chaque. ^^ Mais la totalité s'indiquait encore par d'autres expressions.

222. Le syllabique If? ier^y qui répond au copte sahidique THp (rtotus, omnis,^ se caractérise comme un substantif dans la locution la plus ordinaire : jCI ri* 3L^^"'^^'^^ ter-ftxie monde en sa totalité, u ^É|[ ^Jm^ i ^ ^^— ^ 'pe-irnenfi?) er /fermer l'armée entière "n . montre la même construction. En copte, '^Hp allié aux aflixes personnels TKpq, THpn, etc. fr totus ille, omnes nos, etc. a devient un véritable pronom; il est évidemment arrivé au même état en égyptien, car rien n'est plus fréquent que les mots • • • 3^*^-^ ^ ^-f (fie pays entier, le monde entier. ^

223. Le substantif JtV^/tt', quisignilie cr dilatation, grandeur, étendue, i) fournissait une expression du même genre. Il parait bien

* Il est très-probable que le nombre en ir vertex , cnspis n ainsi que "i^^E p ^ acuere ^^

sera augmente; nous soupçonnons Texis- et le substantif (^ptien jj^^^^t^ teruu

tence de plusieurs autres expressions ana- «r extrémités, limites. d

logues à celles que nous expliquons ici. * L orthographe complète jrVyti ap-

* Le sens radical de îjf? ter nous pa- parait dans de nombreuses variantes; la ralt être irrexlrémité;n on doit pix)bable- nature de l'objet ^ n'a pu être encore ment rapprocher de ce mol l<» copl« T^ p bien délcrniince.

répondre au copte O'^F.ï plonge distare, longitudo.-n II se combinait avec les particules em, er, au; c'est ainsi que nous lisons sur la statue naophore du Vatican, à propos de la conquête de Gambyse :

hak-nef ta pen erfu~tef.

Il fut maître de ce pays tout entier; (analysez : A toute son étendue).

On lit aussi dans l'hymne au dieu Rà: ] ] Jt Ç âr nen er-furu ffil a fait ces (choses) dans leur totalité, t^ On trouve également dans le même sens jk |^ ^^ A"/ ^^ P^"^ tard, J^C^'

àufu-f. Ainsi construit, ^î^ reste substantif, mais, ainsi que ^ /fer, il finit par perdre les particules et par s'accorder simplement avec les substantifs précédents; le copte ne l'a pas conservé dans cette acception.

Nous ajouterons ici quelques mots pour indiquer un système de périphrases analogues et marquant la totalité, ou excluant l'exception. Ainsi y Im^^. ^^ (M) «^suivant la naturel^ d'une chose. Le roi donne un domaine 1/ 1 ^ -J^umâ {ket-f) rr d'après sa totalité, -n ce qui répondrait à notre expression cr tel qu'il se comporte *. n

224. Le lézard -^^ paraît être le véritable symbole du grand nombre, car ce caractère est polyphone et répond à divers nlots qui signifient ce nombreux, t^ La variante f^^ as a été souvent constatée, c'est le copte cucg crmultus. t^ Outre son emploi ordinaire, comme dans le titre d'Osiris ^~^âs ran~u cr celui qui a beaucoup de noms,^ il pouvait prendre Y s initial causatif et former le verbe .«>— i se-âs cr multiplier, -n Quelquefois aussi il se combinait avec une particule, ainsi que nous venons de l'expliquer pour tèf' et /m. L'inscription de Rosette rend l'idée d'une grande

' Comparez mààt, Brugsch, Dictionnaire ^ verbo I ^ ô/ (rmultiludo. t^

quantité (ligne U) par ^ * j/ gg i x/^l neb ma àism, littéralement

cr toutes choses d'après leur multitude, n

Le superlatif s'écrit ordinairement par les groupes ^ uer-t ïT très-nombreux, t

asu

Lorsque le signe -^^ est écrit sans compléments phonétiques, il est souvent difficile de choisir le mot qui convient pour sa transcription; outre la variante ^^ as on remarque parfois le groupe

I qui exige une transcription àx ^^ X? -

Dans le groupe ▼ lï^i"^^ her-u le lézard ne paraît pas autre chose que le déterminatif d'une autre expression pour un trèsgrand nombre^ : le chemin jf-^ y figure symboliquement, comme dans % j] ^ . ^ usi cr extrêmement, -n

Nous pouvons encore constater une expression toute différente et conservée dans les mots coptes ^z>riz cr multum , tj ewb-te cr plus', r» Ils correspondent évidemment au thème égyptien ^.^"^^ utnetu ff nombreux. 7) Médinet-abu me fournit l'exemple suivant dans le récit de la première campagne de Ramsès III :

ç^-»*vn-?i~

maa-f umet-u ma tfawhem-u.

Il vil (les ennemis) nombreux comme des sauterelles \

Page 1