‹ Chrestomathie égyptienne (volume 2)Chapitre 28 sur 98 · M ^VS nimâ, variantes a>% w ..\ JM ^ws netnà et Ik · texte numérisé non relu

M ^VS nimâ, variantes a>% w ..\ JM ^ws netnà et Ik

An^^sefn-^iimà , se caractérise comme un dérivé d^'JlM ma, mais c'est un composé bien défini et qui est conservé exactement dans le copte UXJU crquis? quidîn commun aux deux dialectes. Les deux premiers exemples de ce pronom nous sont apparus dans YHistoire des deux frères; Anpu trouvant sa femme étendue par terre et dans le plus grand désordre, lui dit :

ein-nimà fut-tu mtl-et.

Qui a parle avec toi^?

La femme répond en effet : «r Personne n'a parlé avec moi excepté Ion frère, -n

^ Voyez Lepsius , Todtenbuch, i â5, 48. connue de son cAtë. On doit d'ailleurs à cel

L'ellipse du verbe fet ffdiren est usuelle. excellent égyptologue la rectification de

* Sexem désigne les sanctuaires, et en presque toute la section des formules ingénéral les lieux clos, séparés. terrogatives. (Voyez dans Cliabas, Me-

* Hislotre des deux frères, p. 4, I. i o. langes, I, 80, et Voyage, p. 77, et surtout Nous avions déjà expliqué cette locution le numéro de janvier 1 868 de la Zeitdans notre cours grammatical du Collée schriji.)

de France» lorsque M. Goodwin Ta re-

100 CHBESTOMATHIE ÉGYPTIENNE.

Le second exemple montre la combinaison avec^ ^It ^Ï1 '^^^'

BatUy changé en taureau sacré, adresse la parole à la princesse qui vient le vivsiler; celle-ci, dans son étonnement, lui dit :

\til.^i

etn-entuk m nimâ-tdr.

Toi, qui es-lii donc?

Le Rituel funéraire y qui est très-riche en formules interrogatives, emploie également la forme nimà-làr^.

Il est à remarquer que ces composés mâ-tar et nimâ-tàr ont à leur tour formé des verbes signifiant cr interroger, n ce qui pourrait souvent embarrasser dans l'analyse de certaines phrases où. l'on chercherait en vain l'interrogation directe. Au chapitre lxiv du Riluel^y l'âme de l'Osiris dit :

Sese - à nematàr-tu em nesebu em àment-t.

Je passe, ëUnt questionne par leddvoront^, dans rAmenti.

231. Le démonstratif ■ m pw et même l'article "i^ jL^ pa deviennent cxclamatifs ou interrogatifs, soit à la suite d'une exclamation comme lll as, soit avec l'addition de^ ^iT^I^^''' ^^ ^"^ ®^^

* Histoire des deux frères , p. i5, I. 9.

Le mot , si le manuscrit n'est pas fautif, est une particule exclainative tirëe de

wâ ff aller, venir. »> Le copte possède

jaspe vert et appartenant au musëe de THermitage À Saint-Pëtersbourg ; la finale A \ du participe assure ici le sens verbal.

^ La plupart des manuscrits portent ici nesebu rr dévorer, avaler,»» les autres

encore U& rrprofecto! utique!?»

* Voyez Todtenbuch, 196, I. 46.

* L'Osiris un tel est la qualité que prenait Tânie reconnue vertueuse après la mort. Comparez Todtenbuch, p. O^i, I. ûo. Nous nous servons du beau texte de Petamenoph gravé sur un fraguieut de

ont

\r 1^ »c«e/>«, qui doit avoir le

môme sens; comparez cependant nese]^ fftuer, couper, »> déterminé par le glaive . On trouve aussi dans d'auti'es ma-

nesek ^ couper.^

nuscrits

le cas le plus fréquent. Les trois versions comparées d'un même passage du Poëme de Pmtaur sont ici très instructives ^ La phrase suit celle que nous avons rapportée ci-dessus : (rQui es-tu donc? ô mon père Amon!^

Papyrus Sallier.

à» putàr atef- (J) /em her se.

Louqsor.

as pu-n aief ytm her se,

Karnak.

^PXVEJ

IKt i^J

08 pa-n

dtef ^em her se.

Quel père renie (son) fils?

La particule a-**^ s'est ajoutée au démonstratif pu et k l'article pa dans un sens emphatique. Le papyrus emploie ici la formule complète et beaucoup plus usitée putàr \ dont les variantes ordinaires s'écrivent ^ I \^T\ ' ■ |^ I ] ^^ jwitôr, et | ^ > et où l'exclamation tàr décide le sens interrogatif de pu ^.

* Papyrus Sallier n* 3, p. a , I. 3 ; texte de Louqsor, I. q6; Karnak, i. â s. Le papyrus se montre toujours moins correct; dans àtefj', le dernier «v^i^ est probablement fautif, il donne du moins un sens tout opposé à celui des monuments; avec cette orthographe, il faudrait traduire nnum ergo patrem suum i*enuit fdius?»

Le terme ® j^ ♦^ xpn-her nous parait un compose analogue h || *

her rrdëtoiuner la lélc, i*ester sourd à une parole w et à divers autres verbes suivis

sex

deT ( Voy. Zeitschnft, janvier ifi68, p. 3.) Ce verbe, n*ayant dans aucune des trois versions le signe du passif, doit être considéré comme actif, IgU étant son régime direct.

• C'est encore h M. Goodwin qu'on doit l'explication de cette formule importante.

^ Les variantes de la forme • ^ |0 et mêmeS^I j^ sont assez fréquentes, elles font évidemment allusion à tàr tr temps, moment.^ Les variantes avec l'œil * ^{^^ sont plus rares et provien-

102 CHRESTOMATHIK ÉGYPTIENNE.

^1 |^WS;>t/Mr est une interrogation fréquente dans le Rituel funéraire; on 1 emploie particulièrement pour les choses, mil et ninm étant plutôt appliqués aux personnes. Les exemples abondent, et nous nous bornerons à expliquer deux formules. Nous avons vu cidessus Tâme du mort interrogée sur son chemin *; après la réponse

vient une nouvelle question : ■ V^ ^ 1 ^S , |^ pu-tàr

macMiek àm «r Qu'as-tu donc vu là?Ti et l'âme satisfait de nouveau ses interrogateurs avant de passer outre.

La rubrique qui sépare, au chapitre xvu, les formules sacrées de leurs explications est écrite ordinairement ^ Tll ^îl ^1^ putàr rufsu; les variantes pour les deux pronoms donnent la forme

àruf pour ruf et "^ »t , au lieu de su. La traduction littérale serait crquid ergo hoc sibi?7> Qu'est-ce que cela signifie? Qu'est-ce que cela^?

pleine 1

232. L'interrogatif l\ Il II sebi se prend pour les choses et

pour les personnes : ^ |\ | J 1 1 entuk sebi «r qui es-tu? n demandet-on à l'âme de l'Osiris au chapitre cxxn du Rituel, La réponse est I , 1 f^^""""^ wufc uâ àmrten (cje suis l'un d'entre vous. -n Après la description de la demeure d'un personnage céleste, on demande également au défunt, au chapitre cxxv, 1. 6/i : jMiP

sebi pu (T qui (est) celui-là? i) et il répond J T « àsàrpu (r c'est Osiris. -n Dans cette formule, ^pu devient interrogatif comme dans as pu et pu-tàr. M. Goodwin a fait remarquer que les plus anciennes versions du Rituel funéraire emploient souvent sebi à la place de màtàr et putàr^; on y trouve même fréquemment la formule sebirtàr pu;

nent certainement d*une confusion avec ' Voyez ci-dessus, n** s â 9, ir par où as-

rexclamation^^^^Si /iter rrvois, voici,» tu passe?» lui disent-ils. (Voyez Todtm-

lirée du verbe /itor «rvoir.» Ces variantes buch, ta 5, 1x8.) nous avaient éloignëde la véritable explica- * Voyez Goodwin, ZeitschrtJÏ, 1868,

tion; il faut donc rectifier ce que nous a vous p. 7, cl Chabas, Mélanges, 1, p. 80. dit de la formule flar àrefsu dans nos dtu- ^ Id. ibid, janvier 1868, p. 7.

des sur le Riluelfunéraire , au chapitre xvu.

exemple: 1111 n\^^^f^^tàr pu mdu âa rqui est donc

le grand chat*??? Ajoutons que sebi est écrit également ^^ ou par abréviation, le groupe "j^ exprimant le mot à lui seul.

233, Le pronom vague ^ V fijC '^^^» que nous avons déjà

rencontré, est aussi très-souvent exclamatif ou interrogatif. Le radical tennu a le sens général de tr quantité, ?> d'où cr multiplier, agrandir; -n le copte a conservé dans cette acception les adverbes TOKO** trvalde, multum , ^ et T0t\2> cromnino.'n C'est pourquoi le texte dé-

raotique du Papyrus Rhind traduit ( 1^ W< P^** •^"^* ^ ^^^^^

grand, augmenter, fi Le sens de «t quantités est fondamental pour ce mot; dans un tableau de l'Assassif où le scribe enregistre le butin, l'inscription explicative commence par les mots suivants ^ :

Sment emsàu heseb terniu-tu.

On consigne dans les registres, on calcule les quantités.

L'inscription, en effet, continue ainsi : crOn réunit les millions,

les cent mille, les myriades, les milliers et les centaines. *» C'est

ainsi qu'il faut comprendre l'expression an tennu cr innombrables i-n

• m"^*^ ^ — Il IrH'^ à^ tennu em sak ânv-w a innom-

brables furent les prisonniers vivants, t? dit Ahmès fils d'Abuà, après

l'expédition d'Ethiopie; «I an ten-u cr innombrables ^ et

-^^<=». 2 ê^^^^é II I I

®^ 2^ on re^ tenru cr dont on ne sait pas la quantité ; d ces

^'^^^W^^^ B^HHHB III ^^ ^^

deux formes sont employées dans le titre du Rituel de Pa-berer (manuscrit du Louvre) pour les offrandes et les richesses. Le Rituel dit

' Passage correspondant au Todten- duit par «em, copte CF. Ui CinS fftran-

buch, ch. XVII, I. /i6, après la formule re- sire.» Brugsch, Papyrus Rhind, i, 8. lative an grand chat d'Hëliopolis, emblème * Notes manuscrites de TAssassif. J p J

du soleil. Le radical /^J^^ signifie ? heseb a compter, calculer t» est iden-

«r passer, conduire ;« le dëmotique le Ira- tique avec riiébrou aitf n et Parabe ^j

également en parlant des moissons des champs célestes : ^^

9 VMr' 1 M,000^ an re^ tennu-sen rr on ne connaît pas leur quan-

^mmam\ /? I ^ ^ Il I I

tité. 'n

Le sens du copte ^xonons (rvalde?? se reconnaît facilement dans l'exemple suivant où Ramsès II est qualifié i ^^^ VnXi

suten tenu mennu rr le roi abondant en monumeuts ^ yi

Le pronom vague tennu tr chaque -n se relie bien à l'idée de rr qûan* titéii et le premier sens de l'exclamation * mniT tennu doit être (rquantusl^ il passe par des transitions naturelles à (rquotus? qualis? quis? quidÎTîJT^ jC'^'^^à, tennu erma-tif ^ Quis sicut ille?T) dit le Rituel en pariant d'Osiris^.

Ainsi que nous l'avons vu pour divers pronoms, tennu peut se rapporter à une personne, une chose ou un lieu. Le copte n'a conservé que cette dernière acception pour le terme correspondant '"xain (rubi? unde'î-n Les réponses aux questions introduites dans le

discours par * % 1?K prouvent aussi très-habituellement le

sens locatif; au chapitre lu du Rituel^ après avoir justifié de la pureté de ses aliments, l'âme du défunt subit une nouvelle question en ces termes * :

er târnek dm - nek tennu.

Où as-tu pris ta nourriture?

H explique, en réponse, qu'il a mangé sous les arbres sacrés d'Hathor.

^ Le sens est encore bien ëclairci par lerrogation définie par M. Goodwin.

I , . . g"""^ V|^ ^ * Voyez Todtenbuch, i54, a.

AwMiw^ fl'J^ /*»jj^ * M, Chabas, Voyage, p. i64, donne

rennu x^ft/ tr choisir parmi T) et n n^i «rquis, qualis, quantus» pour les tra-

<=► seien er tr élever sur, préférer.» (Voy. ductions de TCl^K; mais il ne justifie

Chabas, Mélanges, p. 8o^ et Voyage, Vo- pas ces traductions, qui ne figurent pas

cahuîaire, verbo tennu. Le sens de rrquan- d'ailleurs dans nos lexiques,

tilé-r a été prouvé par M. Birch, et Fin- * Voyez Todtenbuch, 59, 9.

11 faut également traduire tennu par (coù'N dans l'inscription du Ramesséum, «^ la scène des espions amenés devant Ramsès If; ayant avoué qu'ils étaient des émissaires du prince de ^^/a, le roi les questionne ainsi :

SU tennu entttf pa-^er en xj^la.

Où esl-il? hii, est-ce le misérable (prince) de x'^^^ ' '

Il y a deux questions distinctes, l'une sur la position du chef ennemi, et l'autre sur sa personnalité. Le roi ajoute en effet : ff J'entendais dire tout à l'heure qu'il était près de ^ekb (Halep).Tî Les espions le renseignent alors complètement sur la position de l'armée et sur la personne du chef. Le papyrus du voyage en Syrie contient une foule d'exemples de cette espèce. On y rencontre aussi

mu rpa

Nous retrouvons encore ici ~ 1 1 ^T^ tàr prêtant une nouvelle force à tennu comme aux expressions analogues. I^2^ I^Tt ik?uj< ^^^^ ^^^ tennu cr où donc es-tu? v est encore une des questions adressées à l'âme de l'Osîris ^.

le composé ^ ? WT ha-r tennu r oar oh^ln.

' Voyez Lepsius, Denkmàkr, III, 187, 1. 16. Le duplicata d'Abou-Simbei porte ^^^ au lieu de ^^ ; le a est oublie ou eilaci, ce qui a pu ludûire en erreur dans l'analyse de cette phrase. Comp. Ghabas , Reçue archéologique, t. XV, p. 729.

* Voyez Ghabas et Goodwin , Voyage en Syrie, p. 1 6/i , 1 80, 1 82 , etc. et Glossaire.

' Voyez Todtenbuch, 64, a 4. Gette question vient après les mots : rrJe me suis joint h Yufa, v c est-à-dire Toeil symbolique, ayant, entre autres sens, celui de l'accomplissement des périodes. La réponse paraît d'abord obscure ; M. Ghabas a traduit {Mélanges, p. 83) : rr Je suis le maître du corps silencieux.'» La compa-

raison de quinze exemplaires nous met en mesure d'afllirmer la correction du manuscrit hiératique du Louvre , publie par nous

etqui porte en cet endroit: ^ 1"^

^^* (putn?) xfl^«- Le jaspe de Pétame-

noph n'a pas le pronom j^ , mais il confirme le premier groupe. Il faut donc traduire: «r(c'est) la néomëniede mon corps^ (ou du corps). Gette réponse de Tâme indique qu'elle va atteindre le moment où elle complétera sa résurrection par Funion

avec son corps; on sait quCA^MMAesl la

fête de la nouvelle lune, symbole du renouvellement de la vie après la mort.

234 . Le copte possède deux pronoms interrogatifs KïA* et 0"80H; nous avons reconnu le premier dans Jk^ nimû, le second doit répondre au pronom .!fc^wn. Voici en effet un exemple où la valeur mterrogative nous paraît appartenir à ce pronom. Il est tiré de Y Histoire des deuxfrèreSy mais il vient malheureusement après une lacune, que nous remplissons conjecturalement par cr (Si je n'avais pas voulu) me plaindre de cette proposition criminelle.^

tmu àu'fer àrfem haf. Qui laurait mise au jour?

C'est ainsi que la femme d'Anpu termine sa dénonciation calomnieuse contre son beau-frère ^

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