‹ Chrestomathie égyptienne (volume 2)Chapitre 30 sur 98 · FORMES GURSIVES DES CHIFFRES · texte numérisé non relu

FORMES GURSIVES DES CHIFFRES

237. (Voir les planches I, II, III, IV et V.) Les formes données aux chiffres dans les écritures cursives de l'Egypte sont disposées dans nos tableaux d'après leur ordre paléographique; on comprend

' Par lexpression ien xj^mlu, le roi ' M. Birch indique uiie variante de

indique probablement les jeunes princes même valeur, dcrite ^a^\ fjj\8eni-tu, comme type de héros. Zeitschrift, etc. 1868, p. 10.

ainsi leur origine hiéroglyphique el Ton peut suivre des yeux la marche des abréviations. La première série a appartient à l'ancien empire; une grande partie de ces formes archaïques ont été recueillies par nous dans un registre de comptabilité appartenant au musée de Boulaq ^

La deuxième série b appartient presque tout entière au règne de &ït^'-(XIX^ dynastie 2)..

La troisième série c est tirée de papyrus moins anciens; c'est en général à ce type qu'appartiennent les formes reproduites par Champollion^.

Dans les trois premiers chiffres hiératiques * les unités sont simplement reliées, mais, dans le 3 démotique, le second trait étant tracé en remontant et le troisième en descendant, le chiffre a déjà perdu la claire signification de son premier aspect. Pour le chiffre 4, la dernière variante hiératique a remplacé les trois premiers traits par une ligne courbe.

Le chiffre 5 reçoit une explication de son tracé le plus ancien : les trois premières unités ont été petit à petit abrégées en un trait transversal, le long trait vertical étant pris pour deux. Le nombre 6 est quelquefois écrit par deux fois 3 ; dans le chiffre 6 hiératique on voit le second nombre 3 abrégé à son tour en un trait transversal. Les deux variétés du 7 décèlent le même principe d'abréviation : la première forme ^ montre que le trait oblique est l'abrégé

* Ce papyrus est ëcrit dans le style de RoUin, etc. Malheureusement les figures

la XII' dynastie; on y trouve mentionnée des cbiflres n'ont pas toujours étë scru-

j I<SL I ^ .. puleusementdëcalquëes par le dessinateur,

une remc nonmiée 1 ^JS I . f «a, un , ,, r, . , .

1 ^IIJ 1 j| * Voyez hrammoire égyptienne, n 179

prince '^^ p 'HT ran tenb et divers per- et suivants, sonnages de la même époque; les distri- * Voyez la planche 1. butions de vivres étaient faites par un pré- * Cette première forme , quoique trèsposé de la maison royale. rare, est d'une valeur certaine; elle figure ' Registres de comptabilité publique notamment au papyrus de Boulaq dans du musée du Louvre et de ta Bibliothèque la somme 1 7, résultat de laddition de 1 6 impériale. Ce dernier a été publié demie- plus 1 . rement par M. Pleyte dans les Papyrus

de trois unités et que la barre inférieure en représente quatre. C'est la môme expression du U répétée qui forme le chiffre 8; mais le 9 a une physionomie particulière, il nous paraît le produit du chiffre 7 augmenté de deux unités. Les abréviations successives l'ont singulièrement changé et l'ont amené à une forme très-voisine de notre 9.

Les trois premières dizaines se sont formées de la même manière ; on voit clairement la forme cursive du fl 1 o s'augmenter d'une et de deux unités, d'abord séparées de lui et qu'un tracé plus cursif a bientôt soudées à la dizaine ^ pour former les chiffres so et 3o. Les premières formes des chiffres 5o et 70 laissent également reconnaître l'accouplement du 5 et du 7 hiératique avec le n de la dizaine. Pour 60 et 80, le principe est différent; la réduplication de trois dizaines pour 60 et de quatre dizaines pour 80 est indiquée par la barre inférieure; c'est ce que rend évident la composition du chiffre 90 où les deux traits inférieurs remplacent manifestement deux rangées de trois dizaines.

Le signe des centaines est le tracé cursif ordinaire de ^, un peu allongé; il sert de support aux unités qu'on y place jusqu'à 5 00 2; 600 et 800 sont composés dans le môme esprit que 60 et 80, c'està-dire qu'on y indique la réduplication par la position même des unités. On ne peut jamais les confondre avec 3oo et /loo, mais on pourrait, à certains endroits, hésiter entre 5oo et 600, parce que la pose du calame a quelquefois donné au trait inférieur de 600 un caractère douteux; toutefois un examen attentif décèlera toujours l'esprit du tracé'. Pour 700 et 900, les chiffres 7 et 9 se sont soudés au sigle des centaines.

^ Voyez ia planche IL papyrus de Boulaq. Le papyrus Rollin ,

* Voyez la planche III. . étudié sur Toriginal, ne présente pas non

' Pour bien distinguer la physionomie plus de confusion entre ces deux chiffres.

spéciale des chiOres 5 00 et 600, conipa- Comparez Pleyte, Zeitschrift, etc. février

rez ces deux nombres, dans les deux ad- 1866. Le dernier modèle du chiffre 600

dilions reproduites planche V, d'après le est donné dans notre planche 111 d après

Le support des multiples de 1,000 est probablement un abrégé du mille ^ hiératique^; 5, 000 s'écrivait par 3, 000 et 2,000. Nous retrouvons encore une fois l'indice de la duplication pour 6,000 et 8,000. 7,000 semble écrit par 5 et 2 sur 1,000; 9,000 est obtenu par la triplication de 3, 000.

Pour les myriades, on employait un système contraire, les unités s'écrivaient au-dessous du chiffre 1 1 o^ooo. Il en est de même pour ^ 100,000 et ses multiples ^

238. Les nombres ordinaux' s'expriment en copte par l'addition du préfixe ^E^; l'égyptien possédait la même locution. Ainsi

le troisième, le dixième, etc. s'écrivaient ~^ meh yetnet, Z ^ mek

met, etc. L'inscription de Rosette se sert de la progression meh uà, ^^ m>eh sen, ^^ meh yemet pour désigner les temples du premier, du deuxième et du troisième ordre. Cette particule *^^^ msh se mettait quelquefois avant le substantif dénombré; ainsi, ri V O meh hru yemst signifie cr le troisième jour, n

II y avait des termes spéciaux pour le premier et 4e deuxième : *\\' '^i^^*' variante graphique I, signifie crie premier. •» On trouve aussi ^ hali dans le sens de ff celui qui marche le premier ou le chef, fl Le copte ^O'îfEiT ttprimusii en tire son origine. Le second se disait quelquefois \ j|k «^wi; on le trouve surtout comme

Champollion; mais nous n'en avons pas tnaire des combinaisons de chiffres élevés

trouve d'exemple certain , e( nous pensons dont il ne cite pas d'exemples et que nous

qu'il peut y avoir eu là une confusion avec n'avons pas rencontrées dans les manus-

un chiffre 5oo dont les unités sont liées crits. La véritable expression pour les

entre elles, ce qu'on observe fréquemment. multiples de 100,000 a été donnée par

' Voyez la planche IV. M. Devéria. (Voyez Revue archéologique,

* Voyez la pi. V. Champoliion donne 186a, t. II, p. q53 et suiv.)

de très-bons exemples de chiffres et de ^ Voy. Champoliion, Gramm. iV' 198.

nombres hiératiques dans la Grammaire * M. Brugsch a rendu très-probable-

égypliemie y n' 196. On en trouvera aussi ment la lecture tep pour la tète ^|^ dans

de nombreux spécimens dans les |)apyrus le sens de r premier ;') cependant le copte

Rollin publiés par M. Ploytc. Champoliion a aussi 2»c|>E (rprimus.') ^ent a parfois le

indique encore au n** 197 d<* sa Gram- même sens. (V. Brngsch, Dlc(, p. 1108.)

adverbe (cileruDi.T) Le copte possède encore x\eju cr etiani , ^ E<^nEJW^

rrsodalis, SOCiuS. T9

Le nombre ordinal était également noté par la finale 9 (fém. • ^). On ne voit pas clairement si le vase 9 joue ici un rôle phonétique^; ce n'est donc que sous toutes réserves de preuves ultérieures que nous transcrivons* sen-nu (r deuxième, -n^^^emei-nu a troisième, -n etc. Cette forme est très-ancienne, et * ainsi écrit donne lieu à diverses locutions, telles. que «*^-^ ^^ sen-nti-^ cr celui qui n'a pas son

second , incomparable ; -n ^ jl her se^i-^iu-s cr pour le second de cela , n c'est-à-dire : tren récompense de cela'.?)

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