DU SUJET ET DES COMPLEMENTS DU VERBE
271. II est néces9aire, pour rintelligence des exemples de cette section, que nous nous arrêtions ici un instant sur les rapports du verbe avec ses sujets et ses compléments ^.
Le sujet-pronom peut être ou incorporé au verbe sous la forme daffîxe, comme le montre le paradigme ci-dessus exposé, ou représenté par un des types pronominaux absolus : ^>^|é^ o ^^\ màkuây \^ ^ enUukf V -Tç ementuf, etc. (Voyez le n"* 192 et les numéros précédents.) Sous cette forme, il précède toujours le verbe.
Le sujet-substantif est souvent dépourvu de toute sorte de marque de liaison. Il peut, suivant loccurrence, être placé avant ou après le verbe. On doit seulement remarquer que lorsque le verbe précède, le substantif suffît pour marquer la 3^ personne; mais, lorsque
* On pourrait encore joindre à ce paradigme rimpëratifet le prétérit-aoriste, qui résultent de f addition de \ ^ d initial, mais comme on y distingue clairement remploi d*un auxiliaire, au moins à Torigine, nous les avons rd^ués dans les temps composés. ( Voyez ci-après , n** 3o5 et 317.)
' En observant trop rigoureusement la
division des règles* grammaticales, on s'exposerait h Tinconvénient grave d'alléguer des exemples dont le sens ne paraîtrait pas démontré aux personnes qui commencent leurs études hiéroglyphiques.
Nous avons, en conséquence, réparti dans toute la grammaire les r^les les plus usuelles de la syntaxe.
le verbe suil le substantif, on ajoute quelquefois laffixe de la 3^ personne, variant suivs^nt le genre du sujet. Ainsi que nous Tavons déjà fait pressentir (n® 192), le sujet pouvait aussi recevoir un exposant spécial dans la particule \ an y écrite quelquefois I /t \ et qui s'abrège en a***^ n simple. Cette particule a pour rôle tout à fait particulier de désigner X agent. Le sujet affecté de an se, plaçait tantôt avant et tantôt après le verbe ; il pouvait également être redoublé par Taffixe de la 3® personne, ce qui produit diverses nuances dans le discours ^. La comparaison de deux exemples tirés du décret de Ganopus sera ici très-instructive : ligne 1 3 , après le considérant relatif aux bienfaits résultant de la naissance du roi, le texte introduit ainsi le dispositif, qui va faire entrer une certaine portion des prêtres dans la cinquième tribu, créée en Thonneur des dieux Evergète :
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Uk-ui uah'H bes Men du tnoru iâ en renpe-t ua-'l en hon-f.
Mot à mot : Etre places (pour irqa'on place*) les pritres (qoe) a installes le roi dans les temples, depuis Tan I** de Sa Majesté, etc. (dans cette tribu').
Il y a ici une double ellipse : celle du relatif ntt qui est très-fréquente, et celle du pronom-régime de la 3^ personne qui est plus rare. Le substantif, qa'û rappellerait, ualnuy est ici assez près du verbe pour autoriser cette ellipse.
Dans le second exemple, au contraire, ces deux ellipses dispa-
' Cette orthographe, très- usitée du temps des Toutmès, avait fait prendre à tort la particule dn pour un verbe par quelques savants.
* C'est à tort qu'on a apprécié et traduit ordinairement cette forme par le
passif; la terminaison passive ^\ tu, ut, est au contraire une exception très-
rare, avec un sujet affecté de Ji^ an.
' Le texte grec correspondant suit fid^ement la même tournure : eh le n^ ^Xifp xaimpf xaraXe^Sifvai roùç dird rov ^a^KSnov éxouç yeyevtffiévovç lepets, X. T. X. , sauf qu'il ne mentionne pas Tinstallation par l'autorité royale.
raissent (L 34 et 35); ii est question des vivres qu'on distribue aux mêmes prêtres, aux frais des temples :.
^jie bessen an suten du nuter ha-t.
Mot à mol : Lorsque a installé eux le roi dans le temple.
D'une part, le substantif [tiab-u) est ici assez loin pour que le retranchement de l'affixe-régime sen eût présenté des inconvénients, et, d'autre part, bes-sen suten aurait donné lieu à une équivoque et aurait pu se comprendre : crils ont installé le roi;^) la particule àn^ caractérisant l'agent devient ici très-utile.
Cette particule \ est si spécialement affectée à désigner l'agent, qu'elle suffit, avec un nom propre, pour exprimer qu'un tel parle ou va parler, en vertu de l'ellipse usuelle du verbe ^^ j^ 6it. Au chapitre i*' du Rituel^ l'allocution mystérieuse prononcée par le dieu Thoth commence ainsi :
à àsâr ha àment an tahuti neb er nekeh.
Osiris, taureau de TAmenti, (dit) Thoth, seigneur étemel*.
Le défunt ou le prêtre qui prononçait l'hymne était censé revêtir le personnage de Thoth pour cette fonction.
Nous avons fait observer déjà l'affixe I àn-f comme sujet du verbe iin, tandis que an et tu prenaient dans les mêmes circonstances |es affixes simples I, ^^t, ^^^-^^ etc. L'usage seul réglait ces différentes.