‹ Chrestomathie égyptienne (volume 2)Chapitre 46 sur 98 · I 1.MM.I I 111 I I · texte numérisé non relu

I 1.MM.I I 111 I I

her àp xetu àru, A compter les choses étant (là).

Aru, au milieu d'un membre de phrase, implique ordinairement l'ellipse du relatif (^^ nti) :

ta nef set-f uer-t ka àru her suai hon-f.

Il plaça sa fille atnëe en tète (de ceux qui) étaient pour invoquer Sa Majesté.

On rencontre aussi, mais très-rarement, la 3® personne du singulier I àref; exemple :

du àr-f hau pen x^n/i pu.

Mot à mot : Et il est ce jour le commencement est. (C'est-à-dire :ït ce jour a été le

commencement.)

' Itucr. d'Ahmès, I. 3.— * Denkm, III, Sa, I. 17. — * Slèle du prince de Bakhtan, 1. 5.

Le verbe àr se retrouvera dans divers temps composés. Il se distingue toujours de -«=^ an «être, faire, ?î par son caractère d'invariabilité. 11 s'abrège en <=> er^ surtout dans les composés.

286. I % ou Iç âfi (T être 7) correspond au copte di, o, Oi, de même signification ^ Le démotique l'a conservé sous la forme au. Gomme verbe isolé, au est souvent lié à la qualité qu'il afiirme par la particule '^ jk ou ^=, qui indique l'état ^ I ^^^iczKsI j9) âu-à em sera (r j'étais (en) enfant, t) dit A h mes 'en parlant de ses débuts;

du àtef-à em um m suten.

Était mon père (en) capitaine do roi (Basekenen) '.

La trace de cette particule se trouve dans le copte julu.o, qui lie le pronom-régime au verbe ox, après le relatif comme après les verbes d'autre nature.

Ce verbe au est répété avec une grande abondance; placé entre deux membres de phrase, il n a souvent plus d*autre but que de les relier, et c'est ainsi qu'il passa petit à petit à l'état d'une véritable conjonction ; c'est sous cet état qu'on le retrouve dans le copte x-O'caï (ret.-n Une trace de sa nature verbale subsiste néanmoins, en ce sens que son emploi comme conjonction ne s'étendit pas jusqu'à relier deux substantifs consécutifs. Ainsi on disait : ^If^ J 8 ^ j J Tahut henà Set^ mot à mot : «rTboth avec Set;^^ mais on n'aurait pas écrit 3^ J(\ j J '^^^f ^^ ^^y V^^^ ^i^® ^ Thoth et Set*, i)

^ VoyezChampollion, Gramm. n*9&5. mes, 1. & et 6 de Tinscription : texte

' Quelquefois I dans les époques ré- p. na, pour Ym d'ëtat. centes. * 4 ^ ^^ conjonctionnel rappelle plu-

' Voyez Mémoire surl'inscr^tion d'Ah" tôt la nuance de ci que celle du ^ arabe.

A la différence de pu et de dr, du était variable et présente le paradigme complet :

I m^n^ ^^'à trje suis^ (je fus, fêtais, etc.).

I m^Bn àtt-Xc trtu es« (masc).

I ^ 8 > àu-t trtu es^ (fëm.).

I m>^^^ àU'f nil est.i)

âu-f trelle est.))

âtt-tii cron est. 7)

atf-na ir nous* sommes, t»

au'ten «rvous êtes. 9

■Jri I I

I ^AMWMA àusen «rils, elles sodI.v»

■JTi I I

I m ^1 àu-^ ftiis, elles sont.?)

Ce thème entre très-fréquemment dans les temps composés.

287. A% ou ^ est également, dans la langue antique, un des types du verbe cr être, v II sert aussi à former plusieurs temps composés. Dans son caractère de verbe isolé, il paraît remplacer exactement le verbe I % au, qui précède, o ^ f l /^^ ^ tu-t uàb est une

variante usuelle de I ^ jl -^^ àii-t udb ce tu es pure tî ( a® personne du féminin). — Le dieu Rày arrivant dans le combat au secours de

^ Sa em situin, S I, var. des mss. du tu se reporter au Mémoire sur Vinseripùon Louvre. Pour Texplication de Tauxiliaire d*Ahmhi, p. 6o, note.

Ranisès II, lui dit : ^ j Q J ] ILI 'w-â ma Bâr r Je suis connue

Bâr Kt)

Le verbe tu possède, comme du, le paradigme personnel complet, y compris Tindéfini ^^^^ iu-tu, usité dans les temps composés : tu-à (rje suis,Ti tt^k îtIu esn (masc), tu-t a lu esi) (fém.), tu-f (ril est,T) ^w-tS crelle esl;^^ /w-wâ (tnous sommes,?) tu-ten a vous étes,^ tu-sen ails sont. -n L'indéGni ^u-^u est plus souvent à Tétat isolé : Balu\ changé en taureau, se fait conduire par son frère au

lieu où était la cour, •*=^)C i^ ç çi Ji ^ 1^^ ^^* ^^^^ ^^ (rau (lieu) où l'on était, ^ mot à mot : «rque on était dans, t)

288. £k., ou sa variante graphique *T* un correspond exactement au copte sah. O'^n, m. O'^on cresse'. -n Ce verbe est extrêmement usité soit isolément, soit en composition; il possède également tout le paradigme personnel : wn-à, un-k, tin-f, un-f^ uns; un-tUy unrndy un-ten^ un-sen- et vn-u. 11 est aussi très-usité au second aoriste : un-nà^ un-nek, un-nef ^ etc.

On doit observer que le sujet du verbe un, soit substantif, soit

pronominal, est très-souvent affecté de la particule Ia««««^ an : £ê^

y y un an Aon-/ «r fût Sa Majesté, p — Quand il affirme une

qualité, un prend souvent, comme le verbe au, la particule m pour

la liaison de son régime.

Parmi les usages spéciaux du verbe ww isolé, il est utile de signaler le participe ^ £ê^ un et .m^II uni a étant; yi ce dernier de-

vient au pluriel ^^11 ^^^^ ^'^^ êtres, tout ce qui existe. -n Ce participe peut, dans ce sens, remplacer le relatif pena (rce

* Bâr est une forine du (lieu Set dans àm et qui n a pas sa place dans ic3 trans-

ses fureurs; il a été comparé h b^2, Jju. criptions hiéroglyphiques. (Voyez Poème de Pentaur, Pap. Sallier, * Voyez Champolliou, Grammaire,

' Pap, d*Orbtn€y, XV, 2. Ç ^ a, dans * Pour ce participe voyez plus loin le

cet endroit, un explélifqui se répèle apjts n" Soj.

qui est. ^ Le décret de Ganopus, voulant donner à la jeune déesse Bérénice un diadème spécial, stipule ce qui suit :

an setul er vn ka èrpe-tu en mats. .

Il ne sera pas fait semblable à (rexistant) ceux qui sont sur les images de sa mère.

, employé en tête de certains membres de phrase, semble au premier coup d'oeil impersonnel; exemples (Inscription d'Ahmès^ 1. 7) :

tift ;^CTwx her ses dti.

Mot à mot : Il était par devers moi de servir le roi.

un ;^er-d her kent her rei-ù-d.

Mon emploi était de combattre sur mes pieds.

Mais cette forme impersonnelle n est quapparente : dans les phrases de ce genre , le vrai sujet est fier ses àti cr de servir le roi , d her kent (rde combattre;^ c'est une construction analogue au jù^^xaa^ ^^I des Arabes.

se combine quelquefois avec d'autres auxiliaires, sans verbe attributif. Dans l'inscription de Piany(%, on annonce ainsi à ce roi les conquêtes de son adversaire : l^-^^Htllî S ** 1^1 il ^M^ iK âw un $ar en àmenl Tafne^t-ta ern crie prince de l'Occident, Tafnekht, est dans, etc. 1) Suit l'énumération des lieux qu'il occupe; ce redoublement du verbe être indique ici la présence dans le sens de la possession.

On trouve aussi la combinaison ^mi\L^^ P^'^^y ^^î ^^~ vient une locution conjonctionnelle a ceci étante

289. Le verbe écrit ordinairement, par le scarabée », et dont l'expression phonétique est ^ X^P^^^ ^ pour dérivé le copte cxjonî , OJETT (ressevTî Sa nuance spéciale correspond habituellement h^ri er devenir, Tî htverden germanique; aussi s'applique-t-il encore à la génération et à la naissance. La légende du dieu Râ m -TT^ j^eper te%-Jy signifie rr existant par lui-même *.t ;^ep^r s'abrège souvent en ® ;tep. Ce verbe se conjugue comme les verbes précédents, quant aux affixes personnels, et se combine avec eux de diverses manières; il sert aussi d'auxiliaire aux verbes attributifs. Comme verbe isolé, yefper occupe une large place dans le dictionnaire; mis en tète de la phrase d'une manière absolue, il introduit le récit d'un fait et répond exactement à «ril arriva que.D Le décret de Canopus apporte un bon exemple de x^er combiné avec -==> er auxiliaire; à la huitième ligne, il est question des famines qui avaient sévi du temps des anciens rois :

er XBper symi hâpi netes amu io-tner em ha-sen.

11 est arrive Taocident d*aii Nil trop faible aux habitants de TÉgypte, dans leur temps.

La stèle des mines d'or (Prisse, Monuments, XXI, 1 4) offre, dans le même sens, la triple combinaison : |^ jfc,^ àuunxfiper.

290. -=»^ àri, qui nous a servi d'exemple pour le paradigme, signifie (rêtrei? et cr faire une action quelconque ^;^ mais, en tant qu'auxiliaire, il doit être joint aux précédents, car il ne forme pas de causatifs; il se joint simplement aux verbes d'action qu'il ne semble pouvoir modifier que dans le sens du temps, et c'est à ce

' Voyez Tétude sur le scarabée , dans comprises dans le mot x^P^ ^ prêtent

le niëmoire sur Ahmès, (ils d'Abna, au sens de ir s engendrant lui-même n per-

p. 5i et suivantes. C'est h M. Rirch pëtuellemont.

qu'est due cette belle explication de la * Voyez Chnmpollion, Grammaire,

légende du dieu suprême. Les nuances n* 3^5, 3.

36 CHRES.TOMATHIE ÉGYPTIENNE.

titre qu'il sera étudié plus loin. On le substituait à la place de l-«=»- ou -=► qui étaient invariables, toutes les fois quon avait besoin d'ajouter des aflfixes personnels.

291. ip-J ta, tu redonnent est exactement le copte "^^ toj crdare.^ Isolé, il se conjugue avec tous les affixes et c'est l'expression habituelle du <r don tî et de «r l'offrande, -n Seul ou combiné avec .c==> er (rôtre,T7 ip-J /a, i— J ta-t ou ^^ , er-ta sert d'auxiliaire pour des formes dont la valeur est causative.

292. L'impératif copte .vu-oi « donner est emprunté à un autre radical antique ma, qui signifie également cr donnera) et qui s'écrit <^l>, ^v et An.^, etc.; celui-ci fournit aussi des auxiliaires pour l'impératif et l'optatif sous la forme l^^^jfjf àmmâ.

293. L'auxiliaire ^^lII^^ mai^, qui se rapproche de àmmâ par le sens, provient néanmoins suivant toute apparence

d'un type différent : ^^11^^ '"^ « aimer, vouloir, désirer, t) dans lequel la liquide r tombe facilement, comme dans le copte ^u^Ei (tamarei) pour JU^Bps.

29â. L'avant-bras .»i, soit isolé, soit avec les marques orthographiques -*]-•, -*;^, ^^ I, sert à écrire un verbe rarement employé seul , mais très-usité en composition : il nous semble représenter exactement le type du verbe copte sah. «^ (resseu et (tfacere. "n II s'allie très-ordinairement à -«==»► tr être, d Le composé .a>i râ-/ ou m er-ta sert de variante, dans le sens causatif, k ^^erta-t, dont nous croyons néanmoins qu'il est différent. ^^^"^ ou i rà s'emploie souvent, en effet, dans un sens non causatif et semble renforcer seulement l'expression, soit d'état, soit d'action du mot

* Voyez Champollion , Gramm. n' a8i.

qu'il accompagne ; exemple : Anpu ^ se désole de trouver son frère

mort, Ik ^**'^^^^'<^ ^^ ^^ ^'^^ ^^ l'état de être mort, -n

Nous avons étudié assez complètement le mot Ik ^^ mâk pour que nous n ayons pas besoin d'y revenir en ce moment; il remplace les verbes ^^ et I m dans divers temps composés. (Voyez le n^^igi.)

La liste assez étendue des auxiliaires signifiant cr être, faire, donner, T) fait déjà pressentir des modifications assez nombreuses : il faut y ajouter quelques verbes d'un rôle plus restreint, tels que : Y hà «cslare;Tî TtTtT \il sa <r commencer , ^ etc. et un certain nombre de particules que nous étudierons à l'occasion des temps qu'elles déterminent.

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