AORISTE PRESENT : S^ TYPE COMPOSE
297. Il résulte de la substitution de l'auxiliaire «»V iu au verbe Iç au; son paradigme est absolument semblable au précédent^ :
iuà-re/j-à
ç Uià-rex-ku
rrJe sais, n
tuà-re^-kuà
^ La jproDonciation e était tellement a été enregistré comme un e : mais
attachée au groupe ^ ^, du temps des La- M. Brugsch a reconnu tout dernièrement
gides, que le sigle démotique )]^/h qui qu'il correspondait au groupe ^ <S ô», tant
correspond clairement h ^V, hiératique par son origine graphique que par son
de^S, a servi à transcrire ïe dans tous rôle grammatical, les noms bilingues. Aussi dans les pre- * Voyez Peyron, Gramm. p. 85.
miers travaux sur le démotique, ce sigle ' La variante orthographique ) j^ est
àO
L'aorisle tu-à-rex^y lu-à-mer ^ etc. explique l'origine de la i** personne du 1^' présent copte en ^ : '^jw-E s. tranio;?) le préfixe '^ avait, en effet, comme «* V /w, la valeur du verbe « être, ?» puisqu'il s'employait môme isolé pour ^ je suis, tî
La 2^ personne est :
au masc.
au fém.
tu-k^merà
> (tTu aimes,))
tu-t-merà
en copte sah. "^E-J^EpE; on reconnaît immédiatement que cette 2*^ personne est empruntée à notre second type des temps composés : le t final du féminin étant tombé, comme dans l'affixe possessif. Il en est de même des personnes du pluriel :
^^ tu-na-mer (rnous aimons^ devient (sah.) ^TîT-U-EpE. ^Jv tthten-^mer « vous aimez t) devient (sah.) TE'Tît-W.EpE .
* Çi I I
Çl I I
Ce temps est très-usité avec le pronom indéterminé sous la forme ç ç lurtu ff on est. n
çç
tutu
PJ«k<M3)i.i!P^^l'^int)^ifcJ
sebai
nahsi
tut-tu
relu
Vô
en Kamu.
On apprend aa nègre le langage des hommes d'Egypte *.
fort rare, mais elle est régulière, car elle est usitëe par des graveurs très-correcls ; par exemple dans la stèle en Thonneur de Toutmès 111, Amon dit : ] ^ j ^^ P >^ j^ ^ ^ ^p^ tU'à em semi-k «rje fai guide. )»
C'est un exemple de Tm d'ëtat formant le participe : ^ je suis guidant toi. « ( Voyez le
n* 3^7 ci-après.) — * La forme ETETIt -U-EpEi du second présent, paraît représenter une forme plus compliquée : ^ ^ <»
J*7*| ^^ 3) ^" tuten-mer, dont nous n'avons pas encore rencontré l'emploi ancien.
— * Pap, Doulaq, XX III, 5. Comparez le
décret de Canopus, 1. 1 /i . où •j^ ^ j ^
Al
C'est à cette forme ou à la précédente qu'il faut rapporter la locution où la syllabe ç tUy isolée, précède le verbe : il y a alors ellipse du verbe étrey sous l'une des deux formes I V âti ou ç tu. Le Papyms Sallier (II , 6 , 6 ) en offre un exemple fort clair. Il est question de celui qui s'est adonné aux lettres depuis son enfance :
raVJ
«k ■ ^ X HJ
tU'dnet xj^'tU'tU'f tu-hah-f er or-f apu-tu
On ie fait conseiller \ on Tenvoie remplir des missions.
298. Le troisième type «omposé se sert des verbes ■-•=»' àr^ =»- er et -«=»^ art tr être, faire, a queje réunis sous ce même numéro. On ne se sert du verbe l<=^ àr, qui est presque invariable, que lorsque le sujet est exprimé par un substantif ou un pronom absolu. Cet auxiliaire peut alors être séparé du second verbe par le sujet, comme le verbe copte EpE : — EpE^KTO'îf ^^E^ égalerait exactemont : \ — ^ ^ ^^ àr liâ-lu meh ce sunt faciès eorum plenœ. ti art y au contraire, admet les modiCcations personnelles, ainsi qu'on l'a vu ci-dessus. Comme nous en avons averti, art auxiliaire ne sert qu'à renforcer l'idée d'action et n'implique pas habituellement le sens causatif^. Ainsi ^'^^ u^v^^jk ^a^ àri-à-solem
entendre^, et non v
signifie cr j'entends iî (je fais l'acte d'i
pas (TJe fais
celte valeur et ne doit pas êlre traduit par ffde même.»»
* La traduction précise de àne^ X!^r-lu ou (x^l-u) dans le sens de rr conseillera est assurée parle décret de Ganopus, 1. 39 ^ovlXevTùii* ^ 1. 36 ^ovXsvràç,
* Cette règle souffre quelques exceptions, mais en général c*cst fort justement que M. Cliabas a fait remarquer, que art joue ici le rôle presque explétif de l'anglais to do. Le décreidc Cano pu s contient
h la ligne 37 l'expression suivante : tratin que tous les gens connaissent, rt
em mr àr en uab-u na ma-u hak-t.
crque les prêtres des temples de TEgypte cr vénèrent (les dieux évergètes).»
Ici l'auxiliaire àr suit le verbe principal , ser fr vénérer ;» ce qui tient probablement à rinfluencc de la particule m, qui gou-* verne cette partie de la proposition.
entendre, "n De même ^^ ôr-/fe^, à la quatrième ligne du décret de Canopus est traduit : (t disent ii et non pas «rfonl dire, v
Le présent aoriste ainsi composé possédait le paradigme complet des pronoms.
299. Si rious confrontons maintenant les deux présents du copte dans leurs diverses formes, avec les trois variantes de Taoriste composé que nous venons d'étudier, il nous sera facile de comprendre comment leur paradigme, que Peyron trouvait si irrégulier, résulte des débris de ces formes égyptiennes.
KJU-EpE .
EpEJW^EpE TEJUEpE '
E<*^JW.EpE qJW-EpE .
ECAI-EpE C^^EpE .
I personne.
Sahidiqa«.
EiJU.EpE
^JULEpE . . . .
«ramo^
au-a-mera.
tU'à'-merà,
rr amas r>
9* personne du mascalin.
àU'k'-^nerà.
a' personne du féminin.
cramas 7)
àr-Umerà,
tu-t-merà.
3* personne du masculin.
framat (ille)î'.. = 1
^^«ti-/
-mera.
3' personne du féminin.
(tamat (illa)?». . = 1
au-s-mera.
' Lé m i du féminin est ici tombé , comme presqne partout dans le copte.
Ai
3* persoone avec un sujet exprimé.
EpE N. JW-EpE. . famat»» = \ N. ^^ | J^ àr N
. mera.
PLURIEL
1 personne.
Ett-W-EpE TEttiULEpE
«ramamusT?. . . ==
au-na-mera.
Çl I I
tu-nà-merâ.
9 personne.
^ETHAlLEpE .
E^ETÎtJW-EpE
(vamatisT). . . . =
Çl I I
iâ)
tu-ten-merà.
àu-tu-ien-merâ.
3' personne.
E^fW-EpE . . . . ) CEAJLEpE. . . . )
(ramauti). . . . «=
\ti
au-u^mera.
prn^^tî
sen-mera.
300. D'autres formes compliquées par une particule se tirent encore de ces trois premiers auxiliaires, tout en conservant d'une manière remarquable l'indétermination du temps. L'auxiliaire se joint alors au verbe principal par les particules ▼ her \l m ou A***«^ n, mais la préposition ▼ , ▼ her, ha, littéralement «rsur,D en copte ^l, est, de beaucoup, la plus usitée; combinée avec les auxiliaires au, tu, un, elle fournit le temps ordinaire du récit, le passé défini, mais sans exclure ni le présent, ni même le futur, comme on le verra par les exemples suivants.
Les trois paradigmes :
^^ ^"5? V ^^ àU'/ha (ou her) semi.
* Les^ formes n , TH , TETH , ETETÎt sonl des oblitëralions évidentes de celle-ci. L'a vague que nous ëcrivons,
après Yn du pluriel J*7*i » n'avait probablement que la valeur d'un seheva ou e muet.
signiGent également : cri! est sur l'acte de marcher;!) le verbe, dans ces formes, devient, par Taction de la particule, un vrai gérondif : <fest, fuit, erit in ambulando.7)
Le présent est le sens nécessaire du passage suivant du Récit des deux frères^. Quand Bat4iy changé en taureau, eut trouvé sa femme, il lui dit : (tTu sais que tu as fait couper le cèdre où résidait mon cœur. 7)
it::t\\
turt her àmamu.
Tu sais.
Quant au prétérit, les exemples abondent :
tin àn-tu her x^^u.
On fut à combattre (on combattit).
Telle est la formule la plus simple des récits.
L'exemple suivant, tiré àeY Histoire des deux frères y renferme deux nuances bien distinctes du passé ^ (prétérit défini et prétérit antérieur) :
* :^K» se joint aussi directement au * Pap- d'Orbiney, XV, 7. On trouve
verbe principal pour former le premier indiffëremment employées dans ce temps
aoriste , sans ^ 1 : mais les formes un-à les formes ha on her pour la particule.
iemi, un semi-à sont beaucoup plus rares ' ^«p. d'Orbiney, XVIII, 5. Remarquez
que les composés des verbes du et ru. après la femme agenouillée le signe yf^
(Voyez les n"* 396 et 397, ci-dessus.) pour les choses funestes ou douloureuses.
un-àf^i) * ^ ômam àus{t) her sep
twr-tt.
Elle comprit (qu')e]le avait reçu un germe (de grossesse).
Voici le futur non moins clairement exigé par le sens : Bala demande à son frère d*altendre le lever du soleil ^ :
un en pa-dten her uben.
(Quand) est le soleil à luire (pour : Quand le soleil luira).
L'auxiliaire x x^P^ ^ ^^^^^ ^^^ ^^^^ dans ce genre de formule; les papyrus en offrent des exemples nombreux, surtout dans les récits. Au papyrus Lee, on dit du principal accusé qu'il avait fait des figurines magiques en cire (Papyrus Lee, VI, û) :
1 ^^^^i»^ ^ \ I •^^>> S^3 JH> X A««MM\ A««MM\ A 1 1 1
àuf-xeper her àr rei-u en meneh.
Mot à mot : H devint à faire des hommes de cire.
Avec la formule de l'indéfini, le papyrus d'Orbiney m'a offert l'exemple suivant (pi. X, 1. i o) :
àu-tu her XV^ x^att*/t ma-ssen em men-t.
On devint à se disputer parmi eux, chaque jour '.
* an est ici Texposant du sujet (voyez * ^«P- d'Orbiney, VI, 9. ci-dessus n* 268), très-usité avec le verbe * Remarquez le double * dans le pluun. Remarquez Tellipse très-ordinaire du riel — ^ | 1 1 i î j^ ne crois pas qu'il faille que de relation. reconnaître In une forme spéciale, cVst
46 CHKESTOMATHIE ÉGYPTIENNE.
Remarque. H serait peut-être téméraire de poser des règles précises avant qu'une plus grande quantité de textes aient ét^ analysés : on peut dire d'une manière générale que l'auxiliaire ç tu dans cette locution, comme dans le temps simple, se prèle mieux au présent que I Ç au et jCL un; x x^P^ annonce le passé plus décidément. Les mêmes formules se présentent avec l'auxiliaire JM^^pi^ mâky remplaçant les autres verbes ^
301. Nous rangeons à la suite de ces formes quelques tournures qui ne s'expliquent naturellement que par l'ellipse d'un des auxiliaires étudiés ci-dessus.
La particule W ha Ggure dans la phrase suivante avec la double suppression de l'initiale I Ç au avant le sujet el du verbe ^^ tety qu'elle gouvernait. La stèle de l'an II de Ramsès II dit à son début : ^ Il y eut une réjouissance dans le ciel au jour de sa naissance :n
nuter-u ha . vut-na dm-f nuteri-u ha per-nef etn-na
Dii in (dicendo) : genuimus euin: Deœ : ortns est a nobis
er àri't suieniu râ Amen ha nok dri su.
ad agendum rcgniim solis. A mon : ego feci sum, etc.
Le dernier membre de phrase démontre la place et la valeur de l'ellipse : ▼ ne peut être lié aux verbes uut-^na elpere-nef.
Quelquefois ces ellipses se compliquent d'une inversion trèsune simple variante orthographique ana- mâk-uà her fut frje dis» et mâk Rà herfut logue ïk récriture "*" [1 • pour Taffixe fë- rrle dieu Ra dii. n inininde la 3' personne. * Voyez Prisse, Monuments, pi. XXI,
* Voyez le n* 191 , pour les locutions traduit par M. Uirch.
dure ; et l'on a besoin d'une analyse minutieuse pour déterminer lagencement de la phrase. C'est ainsi qu'on est amené à reconnaître l'ellipse d'un auxiliaire dans la phrase suivante^ :
ha suha em nefer-u^ en râ en àmu
tuaU't.
(Sont) h se récrier sur ses qualités Ra et les habitants du ciel inférieur.
La particule /«^^^^ n, jointe ici aux deux sujets indique l'ellipse de jfc. un plutôt que de 1 Ç au ou de ç tu.
302. Les temps que nous allons exposer, quoique se prêtant encore au vague du temps, renferment pourtant plus habituellement l'idée du passé.
La forme la plus simple consiste dans l'addition de Yn ^'^^^^ avant l'affixe-sujet. Ainsi, ipj ta cr donnera fournira le paradigme : /a-nô, jizzi ta-nek, J~ ta-nely jbd! to-^, ^jbd! to-nes,
tornnuy '*'"' '**''*^ ta-nteUf '*'— '/^^^-^ ta-nseny a j'ai donné,
tu as donné, etc. i) Cette n, amenant l'idée du passé, se reconnaît dans diverses formes du copte : hei . . .tte pour l'imparfait simple et, pour le composé', UE-cgw, ainsi que dans le plus-que-parfait
* Voyez Mariette, Abydos : grande un jour de ftte.» M. Brugsch pose ici
inscription de Ramsès II, I. 99. G. Mas- pour règle que le sujet doit se trouver en
pero\ hc. /. M. Brugsch, Gramm, hiérogi i^ie de la phrase avec FelKpse de ^ ^ du;
n* 36a, donne l'exemple suivant, tiré de notre dernier exemple montre, au con-
la stèle de la princesse de Bexten, et qui traire , l'inversion; mais l'exposant dusu-
s'explique bien par l'ellipse def j^âu. jet i*«-^ n rétablit, en ce cas, l'équilibre
Buf J ^JL^ y|pc-jiar en Bexten de la phrase.
keràrrà nefer, «rie prince de Bakhtan fit
à8 CHRESTOMATHIE ÉGYPTIENNE.
KE-ê^x, etc. La particule caractéristique est passée devant le radical par une série de transformations analogues à celle que nous avons signalée pour les deux aoristes-présents, et le cliangenient était accompli, en partie, dès l'époque démotique. Là où la langue antique disait *~7 ^^^ tor-nà «j'ai donné, ii le démotique avait ne-ta-iK
Le prétérit donne lieu à quelques remarques pour les affixes : la i"^ personne est quelquefois écrite v wtt, ou ^ »^ et \ ^^^ nu-à. Ainsi : ^^^^^ ^ "^^^i for-nuà^ crj'ai transféré. -n Plus souvent z*^'*-^ est écrit seul , en omettant la voyelle ou le signe de la personne ; exemple : MD ^"'^^^ "] fllt) n x^~^^ ^^"
nuter nte yeni àment^ crj'ai bâti le temple d'(Osiris) de ÏAmentù-n
Les pronoms-régimes, directs ou indirects, se mettent après les affixes-sujets : A^d! V^^i ta-nef-uà cril m'a placé ;t) ''"'^^^ tOr-nà n^trj'ai donné à lui. n Dans le démotique, la marque du prétérit étant devenue initiale, la même phrase devient ne-ta-i-mf : plus tard encore la marque personnelle % a rejoint la marque du temps: en copte, à l'imparfait, on eût dit : HE-î-'^-n&qTTE wdabam illi.^
Nous pensons que la particule \ ou a**»*^, exposant du sujet, doit être distinguée de ce type, quoiqu'elle en ait probablement fourni l'origine, son emploi n'implique aucune tendance à la détermination du temps. Les légendes des images divines commencent les discours que le dieu est censé adresser à son adorateur par :
h\ l*™ f (ai an Ammi ^ Amdn dit7> et cette initiale est riatureliement au présent.
303. On ne s'attendait pas à rencontrer les affixes de la forme >^ , , , này nek, ?i^ joints à des verbes gouvernés par
la particule ▼ Aa, et qui, par conséquent, paraissent à l'inOnitif. Peut-être ces formes n'étaient-elles pas bien correctes : nous n'osc-
* Voyez Brugsch , Gramm, dém. n" 2 8 4 . ' Musée du Louvre. Statue rie Pefàànei ,
^ Statuette uaopliore du Vatican. A 80.
DU VERBK. /i9
rions cependant pas les supprimer; ainsi elles sont répétées deux fois dans l'exemple suivant^ :
lift an-fhà sem-nef er ta àn-t pa-^u
au paif sm àa hà sem-nef er paifpa.
Il s en allô à la vallëe du cèdre et son frère atnë s en alla à sa maison.
Nous avons dit que le passé n'était pas exclusivement déterminé par la présence de la lettre a^^-^^^ avant le sujet. Dans la phrase suivante, par exemple, on doit traduire par le présent (pris pour un passé très-rapproché)^ : Ramsès II y opposant les rapports précis qu'il vient de recevoir à des renseignements trompeurs que lui ont transmis ses généraux, leur reproche d'avoir cru à la retraite de l'armée ennemie ; il ajoute :
^er ptàr dr-nà-^otem em tai unu-t.
Or voici I j'entends dans cet instant (pour : Je viens d*entendre k Tinstant).
C'est ainsi qu'il introduit la nouvelle qu'il vient d'apprendre. Dans cet exemple, l'auxiliaire àr ne modifie en rien le sens; ainsi que nous l'avons exposé pour le temps simple' de -««^ àri ajouté à un radical, il ne fait que renforcer l'idée d'action. On ne trouve la forme de ce second aoriste, dans les temps composés, qu'avec
' Pap. d'Orbtney, VIII, 5. On pourrait * Grande inscription d'Ibsamboul et
considërer ici le verbe principal comme du Ramessëum. Lepsius, Denkmàier, III,
ëtanl dans le mode subjonctif, influence i53, à la ligne i5. par la particule ; qui le gouverne. ( Voyez ^ Voyez ci-dessus , n* a 8 A.
ci-après, n* 3q6.)
un certain nombre de verbes. Les exemples que nous venons de citer se résument dans le tableau suivant :
JLmma tà^naf ft il a donne, t)
'*=^>' ^ \i^ àr-nef-solem nW enlend.i»
Sa^ I ▼ "5? m ^"^ ^^"I h^ semi-nef rt il alla, n
IV N. ^ '"^V ^^''''^ «uN. Aeri«nt-n^fr(un tel) alla.^
Nous rencontrerons d'ailleurs les affixes augmentés de a^*^ dans d autres temps composés, où cette addition ne parait en aucune manière modifier la nuance qu'indiquerait laOïxe simple ; ce temps mérite donc encore clairement le nom d'aoriste.
304. Le décret de Canopus, en nous apportant la traduction très-exacte d'un long texie égyptien, peut souvent servir à vérifier des appréciations grammaticales assez délicates : au milieu d'un très-grand nombre d'exemples, nous choisissons la phrase suivante qui met parfaitement en lumière ce que nous avons expliqué sur l'indécision des nuances des temps, dans les deux aoristes. — Texte hiéroglyphique (ligne 6).
nuter {x^^) ^ en ;^a«-tt na persa er rut bak-t ufa en
hon-f sper tasati nakem-f-sê àn-nef-sè du ta-mer er-tu-t-nef-ië er at-t-^en
I I I JESS9( A««^^ 1 JP% <=> A I
em tnâ'U men-men-sen àm xj^r-hâ-t.
Les imnges divines (que) avaient emportées les ennemis de Perse, hors de Fligyple,
Sa Majeslë est partie, elle a atteint les pays d'Asie, elle les a sauvées (les images), elle les a rapportées en Egypte, elle les a données à leur place dans les temples, (d'où) elles avaient ëlë ravies de là auparavant.
En examinant les nuances du passé qu'exige cette phrase , on remarquera que le prétérit antérieur, celui qui s'applique aux faits qui ont précédé le fait principal du récit est rendu ici, première- Doient, par la forme abstraite ^ ^ ta y le sujet étant aflecté de n, ce qui équivaut au second aoriste; secondement, par le premiei
aoriste ^"' ^^ —h— men^nen-sen. — Le prétérit simple est rendu
indifféremment par le premier ou le second aoriste : nojfsm-fj àn-nefy ertor-t-mef. Ces nuances résultent de Tenchaînement des faits, ainsi que le prouve le texte grec correspondante
305. Le copte possède un auxiliaire préfixe 5^, qui a son origine évidente dans le verbe h^ tresse, facere;75 joint au suffixe, il compose le paradigme d'un prétérit-aoriste (i* parfait de M. Peyron), quelquefois encore employé pour le présent. Cet i> se détache du radical dans le cas où le sujet est un substantif : B> TTETpoc !;2£E <r Pierre adit; ^&>ic Oi^aîçy&tTJésusa répondue -n Legroupel'^S à, qui se place également avant le verbe, nous paraît remplir un rôle très- semblable dans la langue antique : avec un sujet substantif ou pronom absolu, il reste sans affixe. L'exemple suivant est précieux par la répétition de la même forme' :
ben dnuk à^fet m ben ànuk à-num
Non ego dixi hoc, non ego itéra vi
* Texte grec, I. lo, a.HalràèSevey- ' C'est le iv* temps de M. Peyron, son
X^évra èx Tffs yépŒs lepà éyàXiiara vira perfectum primum; Schwartze le considère
Tw Uspaéiv, éSff^parswras à ^aaikeùs encore, avec raison, comme un aoriste. àiféaùKTev eiç AiyvTsIov xai ânéldJKev eit * Pop, Harri/i, IX, ii. Cf. Chabas,
TA lepà Ôâev éKoalov èS àpxflt èSttxfiij, L /.
Mâkui
se Set à'fat su
mentrf
àrWim
hoc.
Makui
fiIius Sel dixit hoc,
su, hoc.
ilie
ileravit
Quand on avait besoin des aflfixes, tantôt on les unissait au verbe principal et tantôt à Tauxiliaire 1 ^W\ lui-même : au papyrus Abbott\ Psar^ chef de la ville, dit aux gens de la région des tombeaux qui étaient venus proclamer dans la ville le résultat favorable d'une enquête dirigée contre eux :
à-^-ten nekamu àm-à em ru en tat-d
â't ia àx,.
Vous faites des cris de joie sur moi, à la porte de ma maison. Ohl comment? C'est-àdire : Comment venez-vous proclamer votre joie, à mes dépens, devant ma propre maison?
Ici le prétérit est moins approprié au sens que le présent. Le présent est encore applicable dans l'exemple suivant^ : le scribe compare le jeune homme fait qui repousse les leçons et veut se diriger par ses propres lumières, à l'enfant qui, reposant sur le sein de sa mère, ne pensait qu'à teter :
* Pap, Abbott, VI, 1. C^ Chabas, /. /. il n y a que la seconde qui pourrait se
Jusqu'ici, on a explique \ Jj comme ex- prêter à cette explication, qui est exclue
primant Tidëe du relatif; mais nous ne par les autres: lellipse du relatif est d'ail-
pouvons adopter cette vue. Dans les séries leurs excessivement fréquente, d'exemples que nous avons groupées ici, * Pap. Bonlaq. WIII, 19.
ptar Vida
tt^^y
X^'f hamrf rurf à-fat dmmà
euni! (cum) invenil ossuum, dicit : Da mihi
na
âk-u.
panem
306. Cette forme du prétérit-aoriste, avec & initial, s'emploie très-fréquemment dans un second membre de phrase, ou dans un sujet complexe , avec ellipse de la particule de relation , qui est ^^T^ nti^ aqueiT)
<^r=^jH2)-v
:i.iii
ttu na ret-u d-sem-t er (xfl'f) her ài-t.
Mot à mot : Furent les hommes (qui) étaient partis vers les pays, à venir.
Un grand nombre de phrases sont construites sur ce modèle.
307. L'a initial, joint au verbe | ^fs tut ^ dire, ti donne lieu à des locutions très-variées, quant à la pose des aflixes personnels. Le Récit des deux frères fournit à lui seul les formes suivantes :
IT^ ^^ ^^^^^— ^ â-taj/ff(ce que) il avait dit.^
<ti:r)ti
à't'ahs ffclle avait dit.i»
* On voit qu'il est impossible d'appliquer la théorie du sens relatif, comme
véritable traduction de \ ^\ à initial , à ces exemples et à bien d'autres.
' Nous reviendrons sur Tellipse de la particule de relation : mais il faut remarquer que cette tournure est loin d'être spécialement affectée au temps de la forme à'ùit : elle est très-usilée d'ailleurs. Com*
parez la phrase suivante: (Pap, Abbott,
1 Ji I I I » P^^ ^^ ^'^ un-nd dm-u, tr voici les lieux (que) j'ai été en eux» (ou j'ai été) , c'est le même modèle de phrase : unna n'implique pas plus le relatif que dsem; il y a ellipse dans les deux cas.
' Pap.d'Orbiney,\l, 8.
5/i CHRESTOMATHIE EGYPTIENNE.
1^^ ^^ Il â-ta;-fi6«(«et) ft elle avait dit. ^
1^^ ^^ jCl 1^ ^ ^ 1 ^^^ àr - t'at -nef paifsen savait dit à lui son
'^*' ff frère.
L'ellipse du verbe tat étant autorisée par Tusage, laffixe personnel et même la lettre m^^^^^ marque du prétérit-aoriste, restaient
accolés à l'auxiliaire k^f\ à ainsi isolé •'iCi i^l^^^__P^ ^'*" à-nes^set) , mot à mot cr ce elle avait (dit) d pour : a ce qu elle avait dit. Ti
L'aflixe personnel s'insérait entre l'auxiliaire à et le verbe ^^ ûity quand le discours cité précédait : c'est un arrangement grammatical très-semblable à notre locution française cr ai-je dit, a-t-il dit. v
Dans cette tournure de phrase, tantôt on employait la forme simple du verbe et tantôt on insérait la particule ▼ , y her^ ha :
I ^^ 1 à-nef-t'ut-nef tr a-t-il dit à lui w pour w lui dit-il * . »
1 ^^ J X ^1 à-nà'her-t' Ut-nef rr ai-je dît à lui ^. ?»
IT^ X ^1 J â-nç/'-A«"-r'M/-na tf a-t-il dit à moi'.'»
I ^^ ▼ ^1 à-neê'her-t'ui-^ief «t a-t-elle dit à lui *. i»
L'ellipse du verbe tut était également autorisée avec cette inversion ; Ramsès II , parlant de son père , qui l'associait à la couronne , dit dans l'inscription d'Abydos :
àm^mà-nef uret hà iep-f à-nef er-d.
Detur illi diadema in capite suc, (dixit) ille mihi.
' Pap. iVOihiney, II, i. * Pap. d'Orbiney, XVI, 5.
^ ïbid. V. 3. • Voyez Marielle : Grmide inscription
* IbiiL V, 1. d'Abydox, I. /j6. Cl. Maspero, foc. /.
Dans le Récit des deux frères ^ Balu éprouve le désir de revenir sur la terre :
àrnej em hâù-f.
A-t-il (dit) dans son cœur \
308. L'initiale 1^^ à se joignait aussi à l'auxiliaire 1 Ç au, qui semble alors réduit au rôle conjonctif. Au papyrus Abbott, il est question de deux scribes auxquels on reproche d'avoir fait une dénonciation , sans y être incités par les rapports de leurs subordonnés :
àu-d'fut-u smi-u en (a au/* em-â-res.
El ils ont dit des rapports au gouverneur, ëtant (lui) dans le midi.
Le tableau suivant résume les variantes observées jusqu'ici dans l'emploi du k^f\ initial, marque du prétérit-aoriste.
I ^Js ^^ N. à~iuf N. w (un tel) dît, a dit, avait dit. a I ^TS ^^ î^— ^ à-iui'f T il dit. r>
I jj^ ^^ à-t'ut-nef w il a dit. n
I^JS fl-n^ «Tii a dit.T>
1 Ç l^jN ^^ '^-^ - àU'à^t'uf'ftfil avait dit.r 1^2^ 1 à-nrf-t' ut vdii'iU y*
1^^ ▼ ^^ àr-nef'her-i'uf t(diiA\,yi
' Pap. d'Orbiney, XIII, 6. — * Pap. Abbott, VI, 3. (Cf. Chabas, foc. /.)
I ^2^ à-nef ^ ff dit-il . ^
à-ntu ((avail-ou dit^.^
Il faut encore ajouter ici les composés avec l'auxiliaire -««^ àri :
l^.«>^ \ \ 2Z\ «-«rt-/ tu/y rrildil^i»
I ^2^ 1 1 1 à-àri-nef i ut-nef fr a-l-il dit , avait-il dit. ^
Nous ajouterons ici un exemple singulier et dans lequel, si le texte est correct, Taugment I^S affecte tout à la fois Tauxiliaire àfi et le verbe principal. Il est tiré de Y Histoire des deux frères: la reine, voulant obtenir du roi un pouvoir discrétionnaire pour détruire les arbres merveilleux qui Tinquiétaient, sexprime ainsi : ïr Jure-moi par Dieu, en disant i-n
àr pa-nti â-drt ta sepes-t à-tet na
àu-à-ersotem/ nes(set).
Tout ce que la princesse m'aura dit,, j'y acquiescerai.
On voit que les circonstances du récit exigent que notre aoriste complexe à-àret. . . àtat soit traduit par un futur antérieur.
^ L'exemple suivant lire du Pap. Ab- ' Pap,Anastasi,\ y ù5,]. 6. Lememhre
hott (VI, i&) montre une singulière in- de phrase vientaprès la mention d'un ordre
version où le sujet, d'abord remplacé par précédemment donné,
l'affixe "^ — , est ensuite introduit de nou- ' Comparez Pap. Anasiasi, IV, i s, 1. 8,
veau avec la particule d'état J^^ 3l *.-^ i Mi -cz=» I -S. ^ » à-àr{{à) seter «rje me
fit A îMs^^ T^^^^Q^ I ' ™ot à mot: couche,» où il semble que l'omission du
àrnef-un em pi-kà en nu-t «ra dit à eux, pronom ^^ n'est pas régulière. (à savoir) le chef de la ville.'»
Nous retrouverons encore Tinitiaie I ^W\ à dans plusieurs autres temps composés.
309. Les particules ku as et ^ hân sont réellement des exclamations, mais, ainsi que leurs corrélatifs sémitiques ?k, ^t et }n, {^i, elles servent, dans les discours, à noter de véritables prétérits de plusieurs nuances.
La particule IR â«^ se rencontre sous diverses formes : soit allongée euphoniquement en IH^ àste^ IP^^^ ^^'' ^^'^^ ^^ ^^^^ traire, diminuée deTl initiale : 0*' P^^^^ ^^^y ^^ n^^^ ske. [li ste est la forme usitée dans les plus anciens textes connus de nous, comme dans l'inscription d'f/wa : avec laffixe de la première personne, ||s=3% Bie-^ (T voici moi.<n Elle subsiste en copte sous les formes ESC, IG trecce. ?)
Lorsque la particule as ou ses variantes se trouve dans une phrase où deux faits sont exposés, elle caractérise le plus ancien des deux : souvent même elle suffit à cet emploi avec ellipse du verbe ffêtre.T) (rLe roi Darius m'ordonna d'aller en Egypte, dit Ufa/un*- Sun ^ :v
m-d er kem às-hon-f em âramà as su em sar âa en {x"^^) '^^
}udc âa en kemi.
Mot à mot : (Ordonna) venir moi en Egypte : Voici, il était en Elam; voici, il était grand souverain de toute la terre, grand roi de l'Egypte.
* Voyez Champoliion, Grammaire, du temps passé qu'elle détermine ordinai-
p. 5 00, et le Mémoire sur l'inscription rement.
d'Ahmis , p. 1 3 1 . Nous retrouverons plus * Statue naophore du Vatican, C, Cham-
loin la parti licule ^ |' et nous examiue- poUion, Gramm. p. 5oi. Le subjonctif
rons son rôle dans des phrases où les résulte de la liaison des idées et n a pas de
formes verbales sont plus compliquées. flexion particulière , ainsi que nous Tex-
Nous n en parlons ici qu au point de vue pliquerons plus loin.
Cet état de roi, ainsi que le lieu où il se trouvait, précède dans le temps Tordre qu'il donna au narrateur et c'est, en général, ce qu'indique la présence de la particule 10, qui remplit ainsi l'ofiice d'une conjonction.
310. L'orthographe y a^^-^^^ Aâ-/i, que prend quelquefois la particule Aâ?i, donne à penser que cette particule a son origine dans le verbe y hà (rstare,i? auquel s'ajoute ordinairement,
mais pas toujours, le a^^^ de jonction : de là les variantes y
5 Y Aân et Y A*»»^^^, avec hà séparé de n, et même y seul.
On peut tirer la même conjecture des formes variables ^HTttte , ^KH^E, ^KiTKE que cette exclamation a prises dans le copte et qui se joignent ordinairement à EIC. A la différence de I I â«, Aân détermine ordinairement Je fait passé à la vérité, mais succédant toutefois, dans l'ordre des temps, à un premier fait. AhmèSy fils d'Abna^ après avoir parlé de son enfance, dit :
^"IZl^^^V!
XJ^f^-cm-yet kar-nà pa hânrd tat-4-kiià.
Or, lorsque je hs mattre de maison , je partis , etc.
Et dans un autre endroit : (r Mon père était capitaine de vaisseau : ti
hân'à ha àr-t uâu er {^1^/*
(Voici que) je devins capitaine à sa place.
Dans cette inscription et dans beaucoup d'autres récits, l'énumération des faits successifs se fait sous l'influence de cette formule, oii la particule hân donne au verbe la valeur d'un prétérit indéfini , tout en reliant le nouveau fait aux faits précédents.
' Voyez Mémoire sur VinscrtpHan d'Ahmès, p. 176. — ^ Voyez ibid. p. i3i.
La méthode pour appliquer ici lesaffixes personnels variait beaucoup : la formule la plus brève est la suivante :
^^p^^pv^^^^^k I
hà fut' 8 nef. Elle dit à lui (mot à mot : Voicil elle dit à lui).