FUTUR
313. Le futur était quelquefois exprimé par les formes de laoriste présent : mais GhampoUion^ a reconnu que l'insertion de IV -«=>, particule de direction , entre Tun des auxiliaires et le verbe principal met ordinairement celui-ci au futur :
àU'à'er sem er ta-àn-t pa^.
Je m^en irai à la vallée du cèdre.
La forme plus brève l^'^^K^^jk. >A ^ au-à-sem-nà^ qui représente aussi un futur : wje viendrai,!) peut être un abrégé de celle-ci, ou bien un emploi de Taoriste composé pour le futur.
Le verbe , gouverné par la particule <=> er, est ou devrait être naturellement à l'infinitif; il y a lieu néanmoins de réitérer ici la remarque que nous avons faite ci-dessus à propos de ▼ Aâ, car
la même phrase est écrite au môme papyrus* : Iç^^ooc]^^ sX^ au-à-er-^em-nà y pour : ff j irai *. t) Avec le pronom indéfini, la formule du futur devient : l^o
' Voyez Champotiion , Gramm, n* a 7 8. mourrai. » ( Voy . n* 3 3o.) M. Brugsch cite ,
' Pap. d'Orbiney, Vil, a. dans sa Grammaire, n* 161, une forme
' /^. XIII, 6. du fiilur^^^^, tuf-er-meh-f, rril
Ibid. VIII, 3. remplira, n qui est constniite d'après ce
* Comparez l'exemple cite ci-après, modèle, mais avec l'auxiliaire ^^. au conditionnel : nti-â er mer-ud, «rje
6à CIIRESTOMATHIE ÉGYPTIENNE.
«=>► àU'tu-ei*; exemple : Toutmès III dit à ses soldais : r Préparez vos armes (car on livrera bataille) : n
er-nti au-tu er tehen er [xerau).
Mot à mol : Il est que on est pour s'avancer pour conibaltre.
314. Le futur copte, obtenu par Tinserlion de E, Ei-E-EipE (TJe ferai Ti (n** xi, 3*^ futur de M. Peyron), provient évidemment de l'égyptien I Ç ^^ft <=> "•=*^ âî/-â-^-ârt, puisque la particule er est abrégée presque partout en E. Quant à la forme assez rare ^«K, ^«^px, ^«^pEK (Peyron, n° xn, U^ futur), il est probable qu elle doit son origine à Tauxiliaire ç tu; T&^ps serait égal à ç ^^^<=> tuà-ei\ ou o^^ft tu-à-er-àr^. Les futurs connus du démotique n'expliquent pas clairement la transition entre les deux langues. Le 2® futur de M. Brugsch, que cet auteur transcrit aï en ^ ou àu-i-en-fe crje dirai,'?) résulte de l'insertion avant le verbe d'un petit trait oblique / que M. Brugsch interprète comme un n'.
Le futur copte, obtenu par l'insertion de ns.* a son correspondant exact dans le démotique , où l'addition ^^ paraît être le sigle correspondant à n an cr venir, amener?) (3*^ futur de la Grammaire de M. Brugsch); nous n'avons pas rencontré dans la langue antique le verbe n an employé dans ce sens, ni la particule a***^ pour le futur. Le verbe antique ^^^ na et aller, venir,?) peut aussi avoir servi de type primitif au iti^ du futur copte, mais nous n'avons pas encore de forme intermédiaire qui éclaircisse cette question d'origine.
* Denkm. III, 3ii, I. ii, molique de M. Bmg^scli n'est que Faonste
* Je ne rapporte pus T^pX au type présent : Pexemple cilë p. lAo, ta-i-rex L-^ta, parce que ce dernier est surtout tan-k, doit être traduit au présent : «ije causatif. connais ton nom. n
' Le premier futur de la Grammaire dé- * Temps, IX, X et Xlll de M. Peyron.
IMPtiRATlF ET OPTATIF.
315. La phrase ëgyplienne se prôlait à beaucoup de nuances, depuis Timpératif absolu jusqu'à Toptatif et au précatif le plus respectueux. La forme la plus brève de l'irapéralif ne comporlait, comme dans beaucoup de langues, que le thème verbal invariable, un infmitif : ainsi ra*^*^ an rc apporte ti est en tout semblable à
^m J J ^B ^^^^^^^ ^^^^^^^ H^BH^i^B ^U
1l^MMM^ an rr apporter. -n 11 <=». an en-nà per-tu^ «rap-
porfe-nous des semences, tî dit Anpu à son frère. — Le copte a conservé cette forme absolue ^
316. Le présent aoriste simple servait aussi pour l'impératif :
^^k sotemk, signifie aussi bien : cr écoute, t) que : crtu écou-
tes, 7) ou : crtu entends. tî Cette forme impérative s'est perdue en copte, avec tous les usages du temps conjugué simple; mais elle existait encore dans le démotique, où M. Brugsch cite pour le pluriel solem-ten ^ cf écoutez, -n
C'est à cette forme et à une des formes suivantes que s'appliquent surtout les variantes emphatiques de l'affixe personnel :^^nifc, rvf; I flitifc, I «ruf, I art// cil ^^^^^^ àruf-ten , i
àmf-sen.
sA ^k ^jN so/ew-rttfc(t écoute, t) ^^k ^Ï\I '"^'^ *^ fem-àruf-ten (t écoutez, -n — La 2*^ personne du pluriel, sot/m-ârtif-ten .se lit dans un très-ancien exemplaire du Rituel funéraire , comme variante de ^^k^l'^****^ soiem-ten^.
La variante suivante redouble explélivement les signes du pluriel : ^ %k il A*»«*-^ so\em(\i)-àmf'ten'^ cr écoutez ! n
* Pap. d'Orhincy, II, 9. Comparez * Voyez Brugsch, Gr«rinm.c/em. exemple
Champollion, n" 279 : Tinterjeclion est ci lé au futur.
accidentelle et ne change rien à la * Musée du Louvre : Rituel du gram-
forme. Comparez Peyron, Grammaire, mate Tenana.
p. 118. . * Denkm, 111, i3.
66 CHRESTOMATIIIE ÉGYPTIENNE.
Il faut se garder rlc confondre rel impératif avec les cas où le pronom rw/, ùruf, etc. est régime du verbe, comme dans l'exemple suivant :
maa-uà àmf-ten neleru àpu.
Je vous vois, d ces dieux I
La lettre a*^^^^ s'ajoute ici quelquefois à raffixe, sans changer le sens en aucune façon, comme nous l'avons vu pour d'autres temps. gçggÇ .^^ 1^^^^^^' se/>-<?n-/^n signifie : rr prenez, 7> aussi bien que : tr vous
prenez, T> ou : rrvous avez pris, t Le sens général est le seul guide en pareil cas.
L'impératif tiré, soit de la forme absolue du verbe, soit de l'aoriste, pouvait recevoir l'auxiliaire ^ h^ rfstare,^? qui ne
paraît avoir ici d'autre valeur que celle d'une interjection. Le Papyrus d'Orbiney fournil encore ici des exemples pour les deux variétés (pi. VI, 1. 9) : Y \\ *=*'T^P) *" hâ'fi er hat-lo ^ reste (là) jusqu'au point du jour, i? dit Data à son frère aîné, au moment oii le fleuve les a séparés.
Un peu plus haut, il avait demandé des semences à sa bellesœur, dans les termes suivants : Ç .1 sA o /jd-fa-t
lia pev-tu (t donne-moi des semences^ ! v
Beaucoup plus fréquente est l'addition de l'auxiliaire '^^ àr, qui ne semble rien changer au sens : <=»- ^ àr-eh-hâ cr Arrête-
toi! n C'est la locution qu'emploie l'écuyer de Ramsès II, voulant modérer l'ardeur de son maître, au poëme d-e Pentanr (Karnak, 1. 49) (rfais l'acte d'arrêter. T)
317. Un petit nombre de verbes coptes avaient conservé un im-
* Todtenbuch, 96,9. confondus dans cet endroit du manus-
' Par une faute de copiste Irès-frtfquen- crit. Voyez Papyrus d'Orbiney, pi. III, le, les deux personnages y et ^^ sont 1. 1.
péralif spécial, formé du radical avec le préfixe «.. Nous rencontrons, dans l'égyptien, un impératif tout semblable, composé avec un préfixe I^F\ à y lequel ne diffère en rien, comme orthographe, de celui qui forme des prétérits^ Le verbe y est ordinairement dépourvu d'allixe. La belle-sœur de Bâta lui dit, quand il vient chercher des semences^ :
à-semi à-un pa-mâkrâ.
Val ouvre le magasin.
318. Cette forme absolue est la plus usitée en copte comme en égyptien, mais l'impératif du verbe Ao (rcessarc,!) i^AoK «desine,?» «^Atu^u crdesinile^T) montre que les aflixes pouvaient également s'y adjoindre avec certains verbes. — Je trouve ainsi l'aflîxe '"^ it^i: dans l'allocution au crocodile du papyrus magique Harris'^ :
d-hâ-nek mâha se set.
AiTÔlo-loi, Maga, fils de Set.
319. A la i'' et à la S^personne, l'impératif tourne à l'optatif; ici les aflixes personnels sont nécessaires. Aii Récit des deux frétées y le fleuve, devenu amoureux de la fille des dieux, dit au cèdre : l'j^ ^^ «^ I A ^ à'tfieh-na àm-s[t) tr que je m'en empare! ti pour cr puissé-je la posséder In — De môme, à sa naissance, Hathor, sans doute jalouse de sa beauté, lui avait jeté ce vœu de mauvais
* L'origine peul en être diiïërente, il api^sle radical, dans la forme simple du esl très-naturel de la chercher dans Tex- verbe copte.
clanialion ^ ^J ^/ ^^ copte at. * Pnp, Harris, VI, 1. 8. Cf. Chabas,
* Pap, (VOrbiney, III, i. loc, laud,
^ Cet in]p(5ralif est un des rares exem- ' Pap. d'Orhiney, IX, 9.
pies où faÛixe n [;ardé sn place originelle
augure : I j^<=» P*^^^!^ V ^ J^i à-àrirs vter temi^ (^ queWe fasse (une) mort de meurtrefi^
On voit que le pronom alBxe apparaît ici indifféremment avec ou sans In a*^»^ additionnel-.
320. La syllabe »«► est, en copte, l'impératif usité pour le verbe ^ cr donner; ^ elle est évidemment empruntée, dans ce sens, au'thème égyptien ii— i, ^^fcj ma rr don , donner, v et elle sert à former une série d'impératifs coptes. La même syllabe est employée, dans l'égyptien, pour l'impératif et le précatif, mais les scribes ne l'écrivent pas, dans cet emploi, comme 4 i ma ir donner. 7> On trouve les variantes ^%^» "^vj» wiâ; ^Sjj^ 1 1 9 et, plus tard, ll'^S avec le signe du désir ^ÏS. La forme '^— ^l7\ mâ-àt est originellement l'impératif du verbe I àt cr aller, venir, i^ qui forme un auxiliaire complexe; exemples de ^^jiH ou ' — ^ avec le sujet substantif:
Mô-àri pe sar en Be)(tan âb âa.
Que le prince de Bnkhtan fasse une grande offrande.