DU CONDITIONNEL
327. Le conditionnel présente, dans les temps composés, quelques formules bien déterminées. L'auxiliaire \^ crrtr être?) répond ici au copte E, marque spéciale du doute; le p est tombé comme presque partout dans la grammaire. Le copte ajoute à cet F. certains auxiliaires, suivant les nuances du doute : Ecya\TTE ne préjuge pas la réponse, s'il y en a; E^E exprime un doute dans le sens négatif. Dans le sens aflîrmatif, on emploie \C5iE, (sah.) Ecy- !:2iE. cy^^nh'mplique une idée de temps; la phrase pourrait alors se tourner par : cr lorsque. r>
hiëro{jlypliique (p. 53 ) une forme du In crois d'usage très-récenl dans la langue, subjonctif ^ ntifcfqiï'û , ^ tirde de la slèle * cy 2.U , qui n'a pas encore son coires-
d'AIexandre II, qui amène directement pondant dans les h iè-ogl y plies, doilêtrcen
au copte; mais je ne l'ai encore rcncon- rapport avec le radical x,^n, dans |'^^
!r(?e dans aucun texte pliaraouique et je (') s-'/en crnccidil.'j
Le dubitatif \ àr s'employait dans ]a prévision d*une réponse soit affirmative, soit négative, indifféremment. Dans la stèle des mineurs d'or, Ramsès II, parmi les adulations de ses conseillers, entend la phrase suivante :
âr «A-É sexjBT ein korah hat-la àuf-xj^per.
Si concipîns consilium in nocte, niane illud fit.
Le courtisan ne veut pas exprimer un doute sur la réussite, il suffira au roi de vouloir. Au contraire, dans l'exemple suivant, lire du Conle des detix frères , la princesse compte bien que le roi ne laissera pas la vie au taureau, dans lequel s'est changé son mari, lorsqu'elle lui dit :
Xer àr-tu^c an^-fàu-à er mer-nà.
Quod si sinas vivcre euni , ego moriar.
328. La particule dubilalive \ an jointe h l'auxiliaire 1 Ç semblerait incliner vers la réponse négative, comme le copte EWE; prise interrogalivement, elle répond au latin numy dans l'exemple suivant, oij les dieux plaignent Baia de sa solitude: «0 Baiaî taureau des dieux I r) :
àn-àu-k-ti uâ'tà
Nuin Jiianebis solus?
An au appelle également une réponse négative dans la phrase
' Voyez Prisse, Monuments , XXI, 1 3. ^ Pap, d'Orbine^, V, l).
(jf. nit^iiie loiirnuro, ihiiL J. 17. ^ //>iV/. IX, 9.
siiivanlo : il s'agit de choisir entre deux routes proposées pour larniée de Jouîmes ///dans le conseil de guerre; après avoir parlé du chemin direct, les généraux disent au roi :
•-«-^ iJr 1*^-^1 Jr t \\ J^s=3it*i« — <=>A««Mi^i
in-a'tt hon-f tau her ki
an
fnâten
àuf-her er sent en nà.
Si rex transeat per aliam vîam , ipse discedit timens nos.
C'est le discours qu'ils prêtent en ce cas aux ennemis.
La même formule se prêtait néanmoins au simple conditionnel de temps, comme le copte cyB^u : on trouve, au temple de Dendérah, toute une série d'invocations à Osiris qui sont conçues sui* le modèle suivant : ^ P^"^jk àn-ûu-k-em «rsi tu es dans tel temple, tu y prends tel nom, on te fait telle cérémonie, etc^ àii^u est ici évidemment pour cyB^n lorsque lu es ^.
329. Ainsi que le montre le premier exemple ci-dessus, cette formule est souvent détournée à un sens interrogatif*; exemple : (inscription de Pian^i, 1. 67) Pian^i, faisant des reproches à un prince sur sa négligence , l'apostrophe ainsi :
^ Denkm. III, Sib, 1. /i5. On a pris,
dans cette phrase, le groupe ^j^ pour un seul mot, dans lequel l'oie ^"^ plumée déterminerait heri (rcraindre.i Mais Toie n'est pas un dëlerminatif idéograpliique, elle n'exprime le mot sent cr craindre, n que par suite de sa valeur phonétique, égale à |' ^ .
* Au 18' nome, par exemple, on dit h Osiris :
dn - au - k em Sap em yent sehi
viaa se - k am an - matef hor pu.
Cum sis in Sap, in teraplo Sehi, vides filium tuum sicut sacerdotem : Horus est, etc.
An-mutfe&i le nom d'un ordre de prêtres.
( Voyez Duemichen , Recueil de monuments, IV, 38.)
^ C'est ainsi que nous avons vu plus
haut le conditionnel l^,cL.'«i»% w»' ^^' àMU'kha-k vrsi tu tournais ta face,!) employé pour le ))récatif. ( Voyez n* 309. )
àn-^u-xem-nek nuter x^ifti her-à.
Est-ce que tu as mis en oubli la divine ombre de ma face?
An-àu redoublé indique une alternative (Mariette, Monuments de Gebel'Barkal y stèle du songe, revers, 1. 9) : le roi éthiopien, à qui l'on apprend l'arrivée des princes de la basse Egypte, répond :
ànr^u-ài'Sen er x^^^ àn-àu-àisen er hak.
Est-ce qu'ils viennent pour combattre? (Ou) est-ce qu'ils viennent pour se soumettre?
D'autres tournures impliquant la condition ou le doute résultent soit de la relation seule des parties du discours, soit du jeu des particules; elles seront étudiées plus loin.