‹ Chrestomathie égyptienne (volume 2)Chapitre 54 sur 98 · DE L'INFINITIF · texte numérisé non relu

DE L'INFINITIF

330. Nous avons déjà rencontré l'infinitif, qui n'est que le radical lui-même, dans les divers temps composés où il est régi parles particules telles que T Aa et «=> er. On le trouve aussi avec les particules ^ ^ ^t ^*»«*-^ n, ou dépendant directement d'un autre verbe; il suffira d'en citer un exemple : la femme à!Anpu se donna toutes les apparences d'une femme qui aurait été violentée, pour accuser faussement son beau-frère :

en-^hu fut-en paU-{ty hai, etc.

En voulant dire à son mari , etc.

De ces deux infinitifs, le second est gouverné par ab%i (r vouloir, désirer, t» et le premier par a*^^*^ n.

* Pap. dVrbiney, IV, 7.

La particule «=^ ct\ régissant un verbe, indique généralement un but, un motif, mais quelquefois aussi simplement l'état d'action. •^— N er tut cr en disante est une locution qui annonce les moindres discours; mais il est à noter que, de même que le copte 5SE, qui l'a remplacée, elle arrive à la valeur d'une simple conjonction avec le sens de cr parce que, à cause de,^) ou simplement (r que' n» c'est ce qui explique pourquoi elle n'est pas toujours suivie de paroles prononcées.

331. L'infinitif gouverné par t Aa, her, peut donner lieu à quelques observations intéressantes. Nous avons vu qu'un infinitif ainsi construit pouvait former un sujet complexe ; par exemple , dans la phrase déjà citée de Tinscription d'Ahmès : .fe^. ® iy 10-^

IIiimP^ ^^ X^'*"^ ^^^ *^* ^^* • conslruisez ainsi le mot à mot : crde servir le roi était à moi (mon office était de servir le roi), -n

Une autre particularité remarquable consiste en ce que le verbe ainsi gouverné par la particule peut néanmoins recevoir un sujet, affixe pronominal : l'infinitif devient alors un nom verbal (^masdar). Le môme récit en fournit un exemple excellent :

^i^\HX

ta-ktid er pa-ua meh-îi her henen-à.

Je pnrlis pour la floUo, nu nord, pour me baUrc; (analysez ainsi : Pour mon (aclion

(le) combattre.

' Nous fdtudierons plu» loin h ce titre.

(Voir Texeniple ci-après n"3îi5.)

' Voyez Mémoire sur l* inscription d'Ahtues, p. i83, pour 1 étude de cette tournure de phrase.

' Voyez Mémoire sur V inscription iVAhmes, p. 170. C'est une toumure complètement se^miliqne et ipii s*explique facilement par les règles du mn^dar arabe,

nucpiel on doit comparer le nom verl>al égyptien dans toutes ses propnét<$s grammaticales. — P-ua meh'ti |>eut signifier aussi ffic navire nomme meh //;« cependant, en pareil cas, le nom du navire est suivi liabituellemeni du dëterminatif j^^^; c'est ce fpii nous engage a conserver noire ancienne Iraduction.

DU VERBE. 7y

332. H n'est pas rare de rencontrer un verbe à l'infinilif, mis comme titre, dans les tableaux, au-dessus d'un acte représenté; dans cet usage, il se confond avec le nom d'action. Le verbe principal prend souvent, dans ce cas, l'auxiliaire ^ màk (voyez le n** 19*)- Celte locution est très-fréquente dans la décoration des tombeaux. ^ <s=»"^ màk teref tr danser, sauter, 17 se trouve sur tous les tableaux d'exercices gymnastiques.

333. L'infinitif actif, en devenant nom verbal, ne cesse pas pour cela de conserver son régime direct; de plus il devient susceptible de recevoir l'article simple ou possessif, tout comme un substantif ordinaire. Cette double nature du nom verbal produit des tournures de phrase dont l'analyse pourrait embarrasser les personnes qui ne sont pas familiarisées avec les grammaires sémitiques.

Dans un passage du conte des deux frères, Bâta explique à Anpu qu'il va se changer en un taureau sacré, ([iiAripu le conduira au roi et qu'il' sera largement récompensé :

her pai-k" àfn-4 er per^a â-t-s.

Pour ton (nclion iY) amener moi au Pharaon.

Aùi est ici un nom verbal : il prend, à ce double litre, cl l'article possessif jtirtfTr, comme nom, et le régime afhxe ^^^ à, comme verbe.

Il est à noter que, suivant le génie des verbes égyptiens, où la notion du temps reste si habituellement sans note précise, le nom verbal pouvait s'appliquer au présent, au passé et au futur. Au papyrus Abbott, Psar^ gouverneur de la ville de Thèbes, dit aux gens des tombeaux : t^Si votre déclaration n'est pas exacte^ :t)

* Pap, Abbott, V, i5. Cf. Ghahas, loc. land.

80 CHRESTOMATIUE EGYPTIENM-:.

pai-ten- à-hai pa-<iri-4en.

Analysez : trie de vous expier le faire de vous,ti c est-à-dire : «vous expierez ce que vous avez fait,7) le premier nom verbal exprimant un futur, et le second un prétérit. Cette phrase montre d'ailleurs deux variétés dans la manière d'attribuer faction au sujet par les alTixes : les deux locutions ne s'analysent pas de môme, la première répond à : cr votre expier ^t? et la seconde à : «r l'acte de vous, -n

Dans cet emploi, avec le nom verbal, l'article pa se rapproche beaucoup de sa valeur radiciale, qui est le verbe trêtre. -n Ainsi, dans la phrase suivante, adressée par Ramsès II à ses soldats, qu'il se vante d avoir sauvés :

I I ijl W ^ /^ I

pa-ten sëseni pa-nifu.

Votre respirer l'air, ce qui signifie : Vous respirez Pair; c'esl-»h-dirc : Vous Atos encore vivants,

on comprend fort bien que l'article possessif inclut l'idée du verbe crtHrc. 7) Il en esl de même de cette phrase du même discours :

pailen- ;^âfl-ttrt uâ-hmi em •/ennu

^^ ^. è Ir JT* I

pa-^eruu.

Votre (action de) m'ahandonner, moi seul, au milieu des ennemis (()onr : Vous nravez

abandonné), elc. *

^ Dans celle-ci le signe du pluriel est nuance précise du mot dhai est un |)eu explétif, il n'est pas grammatical, puis- indécise, que Tarlicle pai-ten esl au singidier. I^a * [.e Récit des (leujrfrhesom\)\oiedeux

La forme suivante, que je rencontre dans Y Histoire des devx frères, appartient à un masdar formé avec le futur de l'infinitif; Bala jura à son frère en lui disant :

dr païk-er-yptehnik) em kar.

Ton action d'êlre pour me tuer est un crime ^

Toutes ces qualités spéciales, appartenant à Tinfinitif devenu nom verbal, méritent d'ôtre étudiées avec un grand soin.

334. Au lieu d'être gouverné simplement par un premier verbe, ou régi par une particule, le verbe à Tinfînitif peut dépendre de tout un premier membre de phrase.» C'est ainsi que dans le décret de Canopus, après divers considérants , le dispositif est mis presque partout sous la forme de l'infinitif; le résumé du raisonnement est : cr attendu tels faits, faire telle chose, t? pour (ron fera, ou qu'on fasse ;t) en sorte que l'infinitif est ici pour le futur ou l'optatif, pris dans le sens d'un ordre. Deux fois seulement l'optatif est indiqué formellement par dti-mat, ei^-mai (voyez n** 3o6 ci-dessus); partout ailleurs^, les prescriptions sont introduites par le simple infinitif (actif ou passif suivant les cas), ou par l'aoriste. C'est ainsi qu'à la ligne 1 1 on lit :

.a>Lj Aîl^l^f jii I ru 0i tI <=^^S-Î^I I

er-i-â em àlhsen an vab-it tui to~mer du 9-uer ser^x^t-u.

Ont mis dans leur cœur les prêtres de TEgyple (d')augmenter les honneurs, etc.

-»^ X 1 1 n ""^ *■=* 1L^ ^^^ ' *^^ ^^ l'acte. ( Voyez Pop, d'Orbiney,

foislemasdar : ><& XlM' . . . V 5^ H, 7, et IV, •..)

(S v-J P«w^»'*« heku rrleur ouvrage," ' Pap, d'Orbinetf, VII, 8. Le ^v» de

ce qui doit être analyse rr leur acte de tra- xPi^^^"^ ^^ fautif; il faut évidemment

vailler.D L'auxiliaire -•7-' râ vient renfor- ^fl^, s'il y avait un n^girae exprimé.

Suivent toutes les dispositions prescrites, qui sont introduites ainsi par des infinitifs.

De même (I. i3), après le considérant sur Jes bienfaits résultant de la naissance du roi, les choses décrétées on conséquence sont introduites, sans autre marque de commandement, par les infinitifs A^ ta-ul (têtre mis, (qu'on mette) ti : ^ x^ <rAtre, (qu'il soit,T) etc.

Cette tournure, qui rappelle le que retranché du latin, se reproduit dans toute la longueur du décret, et le génie de la langue grecque a permis au traducteur^ de la calquer exactement.

335. Les participes, dont les formes se confondent parfois avec celles de l'adjectif verbal , sont assez usités dans la langue ancienne ^ Pour la première forme, nous retrouvons encore ici le radical pur et sans flexion, auquel on ajoute assez souvent l'homme ^^^k comme complément grammatical : ainsi de n^ ^ JLbJ V— i x^'^'^ trêtre violent, en désordre, ti on forme le composé n^

- ^M^ X^n^'* (ou yenen-hatiy si le "*" n'est pas simplement déterminatif ) , cr le violent, -n

336. Champollion enregistre [Gram. n^ 283), comme une forme appartenant au participe présent, celle du premier aoriste avec les aflixes, quand il est accolé à un substantif sans autre marque de liaison. Comme traduction, cette appréciation rend bien compte du sens; mais on pourrait prétendre, tout aussi bien, que ce n'est pas là un véritable participe, et que ces locutions contiennent l'ellipse si usuelle du relatif 2**vv ^*^* «^que, qui. -n Ces

* Je dis )e traducteur, carie texte ^gyp- daclion. — ' Voyez Champollion, Gramtien , contenant quelques particularités de maire, ii* 983. plus, me parait avoir éié la première rë-

DU VEHBE. 83

phrases ne présentenl du reste aucune obscurité. Ainsi, dans Je premier exemple du numéro que nous discutons :

A Jg» /Mww>A I %, I ^^ §■ m -^^ Mf<>**fA,

^i^.M^i I liJTi I II Iakin^-b^-j .2^1''^ — i<:=>cr^i I I

ân-solemsen fut-u neler pen âa Hpt^p-f Ijcr krer-sen.

Ils n entendent pas les ])aroles de ce dieu grand, s'ëlevant sur leur zone,

le verbe ■ ■ àpap-f peut être un participe rr s élevant ii ou un aoriste avec l'ellipse '**^ nti «rqui s'élève, t Cette tournure est très-fréquente.

337. La première forme spéciale du participe actif ou neutre résulte de la finale II ou II «^ avec l'homme pour déterminatif :

quelquefois on écrit II %) vv V *'< ^^ i^M ^^^ ^^^" li^^^' ^'' Le féminin en 11* it a donné une forme pour les noms abstraits,

comme i ^11 sulen-it tr royales pour (t royauté. ^ Le pluriel

prend l.'Zh^, ^^^, ^{^1,, ^|, ^ , „u ^Ç^ Ji

c'est celle que nous avons étudiée dans les adjectifs dérivés*; exemples : ^ Il V V^Vf^ '^ /can tr malfaisant, le malfaiteur ;r

^"Aj^HpIl M^ JSai-âwp^i trame vivante ;t -«— 'Jp! fL^II^ t(

^^^ I âuaiu cr les brigands ^. "n

Dans les textes antiques surtout, on trouve parfois la voyelle % u, en variante de II i, comme fniale du participe actif :

temet-u kefenu.

(lomplet on zMe *.

* Voyez ci-dessus n' 163. * Je crois que ke/enu «cuire, chauiïcr»

' Stèle d*i4;f/(/, nius^e du Louvi*e. ' doit avoir ici un sens niëtaphorîqne. (Mus.

^ Stèle du roi Aï, an muscle deRerlin. du Louvre, stèle C. 169.)

I tu :

Cette phrase fait partie des ëloges adressés au défunt sur une stèle du Louvre.

Le participe terminé par » se concilie avec les alfixes-sujets. Au tombeau de Seti I"", la déesse Afâ, couvrant le roi de ses ailes, a pour légende :

;^tftn9(/) sa^s neb ta-ui.

Elle prolongeant son fils, le seigneur des deux mondes (pour : elle prot^e).

Toutes ces formes peuvent recevoir très-régulièrement l'article , tout comme un substantif. Ramsès II dit, au poëme de Pentaur, de ses ennemis culbutés devant son char :

pa-hat neb àm^-sen an tes-f- jru.

Tous ceux d'enlre eux qui lorobent ne se relèvent pas (mot h moi : Le lombant chaque

d'entre eux).

338! L'addition d'un t final forme aussi des participes actifs. Cette valeur du t s'est conservée en copte, tant dans la finale du participe passif — K'iT, que dans le préfixe ET des participes présents. On peut distinguer trois formes, i** ll^a, variantes : s==5 ^ ou ^ ^' 2° <W , variante : ^ ti; 3** ç, •% tu^ qui ne semblent pas se confondre entièrement dans l'usage.

A la 1** formel on doit remarquer que, dans quelques manuscrits, l'orthographe 1, il to est réservée pour le féminin, g — >et^ servant au masculin; mais la distinction, qui devait impliquer une différence dans la prononciation, n'est pas constamment observée dans l'écriture. En effet, on trouve souvent l'expression 1 x<*-'

cf couronné Ti appliquée au roi. Le choix entre 1 et s= ne semble souvent dicté que par les habitudes ou les convenances des écri-

* Voyez Champollion, Gram, n" a83 h la fin.

vains : ainsi Yi ^^X"^ revivant ou vivante?) forme un meilleur

groupe que •V.s=3; mais on écrira ~, j ou | indifféremment'.

La finale II * it, qui forme des noms abstraits, n'est autre chose, en réalité, que le féminin du participe : ^^ 11 meri-i-ej a son

amour 1) est, mot à mot, trson (action) aimante. -n

339. Il ne faut pas négliger ici un emploi très-curieux de ce participe pour une des formes polies de l'impératif ou du précalif. Le dieu Khons est ainsi salué, à son arrivée à Bakiitan, par l'esprit possesseur qu'il venait d'expulser^ :

ii^i-it

ai't ettt hotep nuter àa.

Viens en paix, 6 grand dieu I ( Mot à mol: venant en paix).

Le scribe de Toutmès III se sert de la môme tournure dans la grande stèle de Boulaq; Âmon dit au roi^ : Il il 4 ài-tànà^ et le contexte montre bien qu'il faut traduire : «venant à moi,T> pour : cr viens à moi ! d et non pas «r je suis venu *. "n

On lit aussi, un peu plus loin, dans le même monument :

hâ-là maa nefer-d,

Rëjouis-toi , en voyant mes bienfaits * !

' Je rencontre , dans le Conte des deux /rires, un narticipe féminin en j ^, gouverné par ^^, qui semblerait exiger Viniinitif;]a première vache ayant averti fia to du danger qu il courait, la seconde vache

arrive: ^ep-L:J::\]^-^^2r àu-s{t) her bit'Ui'f em mati tripsa allocuta

est eum siniiliter. n Mais il est bon de remarquer que le manuscrit n'est pas trèscorrect : la tournure iiit-ta-f pour «rdisant h lui 9) aurait elle-môme |)e8oin d'être jusiifiée par d'autres exemples.

* Voyez Étude sur la stèle du prince de Bakhtan, p. /i3, 1. 19.

^ Étude sur divers monuments du règne de Toutmès III, p. 1 1 .

* L'exemple cite, n** 3q6, \^^\'^ ài'ui (T viens!» nionlrc que celte valeur n'était pas réservée au participe en t final. Les exemples de la a' personne terminés en |, que M. Brugsch cite dans sa nouvelle Grammaire, n* i3o, s'expliquent par ce principe.

^ Maa est probablement ici le parti-

86 CHUESTOMATIllE EGYPTIENNE.

340. Le s\\]\ie 4||^, où la forme de Toiseau varie souvent, équivaut à la syllabe It, dont il est riiomophone régulier dans les bas temps. Dans l'ancien style, il est surtout employé comme finale du participe et de l'adjectif verbal. Nous en avons déjà parlé ci-dessus*, et nous nous bornerons à faire figurer les exemples suivants:

%k u^i ^f^à'lm (ries justes;^ lii'%^V U^' às-iiu cries pervers , T etc.

341. L'afiixe ^m» Ç t^^ quelquefois écrit |k^f £ ut^ est babituellement consacré au participe passif, mais le vague des voyelles ramène bien souvent à la place des formes s=3, il? ^- La vocalisation indiquée par le groupe •% tu se liait peut-être mieux avec les ailixes personnels, car c'est celle qui est usitée en pareil cas :

làua-lu-à ncfeni-k*.

(Suii) ) celebrans ego dona tua.

Cette pbrase est tirée d'un bymne au soleil : on y reuiar<[uera l'emploi du participe pour le présent de l'indicatif, ainsi qu'on le pratique fréquemment en arabe et en bébreu; cette tournure est aussi très-familière h l'égyptien.

La place du sujet affixe varie encore dans celle formule; ainsi Pou rencontre • | ' ' « ài-k-tUy aussi bien que : |lj ^ âiriu-k, signifiant l'un et l'autre : r viens lu.-n pour : frtu viens. -n

A la formule précalive du participe, que nous avons déjà signalée, il faut ajouter encore ici la combinaison de la finale tu avec le préfixe inà^ de l'impératif :

cipe vtdens; rinfinitif-eût amenai une par- les euraclères de cet oiseau ne sont pas licule , ou f""^ avant le verbe. bien Irnncbi^s ; il se confond souvent tout à

• Voyez le n* i fia. On connaît les va- f„it avec la forme de l'aigle ^ . riantes de formes : 31^ . Î|K ^ j^^ jfk^ * Musée de I^ydc, pilier de User-hà.

F' J' Ji." JV- ''^ plusieui-sanlres: ' Voyez Icn' .'ÎQo.

mà'sabi-tu-nek se/el hotepu.

Puisses-tu traverser le champ de Hotepu * I

3^2. La finale ^^^ ç tu peut s augmenter de InA^^^^*^, qui doit faire incliner le sens vers le prétérit > quoique le participe reste actif. Ce participe peut remplacer laoriste présent, tout comme le précédent. Deux exemples, tirés de la grande allocution de Ram^ ses II à son père Séti, feront voir que l'affixe sujet pouvait y être joint de deux façons différentes^ :

tnâk-uà her sniny ran-k nefe-ntuà tu-à her

Rgo vivificavi nomen tuuni, pie agens ego odverti os

en erpa^k.

ad templum tuuin.

Le verbe neC sigm'tie : tr rendre hommage à quelqu'un, prendre soin de sa mémoire, "n Son affixe à vient ici après ntu; c'est le contraire dans la phrase suivante :

mesiu ^-nà-tu katu-d ha-l meri-t nek.

Eflingens ego, aedificavi templum (quod) amabas.

IcT le sujet ^^^ à est inséré entre In et la finale lu^ ce qui

' Hymne de Hui îera, musëe du Lou- les types pronominaux ci-dessus n"* 191.

vro, C 67. ' 3fes est pris ici dans le sens plastique

' Voyez Mariette, grande inscription «r former, modeler »> ; les voyelles varient

(VAbydos, 1. 76 et 78. Pour mâL-uà, voyez singulièrement dans Tëcriture de ce mol.

CHRESTOMATIIIE EGYPTIENNE.

montre clairenieiil que celte syllabe n'est pas un simple support euphonique pour Taflixe K

La finale lu, que nous venons d'étudier, n'a probablement pas d'autre origine que l'auxiliaire ^Sl tu crêtre. ii

3^3. Le verbe I % au se prêtait également a la formation du participe, mais il restait initial. Nous retrouvons, dans cette forme composée, l'origine des participes coptes en E et ET, qui sont égaux à I % âti et 1^^ % àu-lu.

Pour la forme absolue I Ik^ nous emprunterons encore deux exemples à l'allocution de Ramsès II à Séti I*^ : (rtous les temples, dit le nis pieux, j'y ai établi ton nom i-f^

àu-eiM-àri ett-mâ^ er-tul rut,

A};eus \ere, ita ut ^ illustre fiai [nooien luuui]. (Mot à mot : Etre à agir, être faisant.)

Dans la seconde phrase, le verbe a pris un a!Rxe sujet :

1>S^X\;o^raV

au-ruhan-a

jM-sep

wAa

her-k

arut-a

Wê;'

su X'fr-l'. Agens ego reui bouani pnetemiissani a te, facio ^^facieus ego) illucl pit> te.

* (i'csl probableiueol au participe du modèle àr-mtu-d qu'où doit rapporter la finale im^lière Htuiusen^ qui se lit sur la stèle hiératique du British Muséum (Sharpe, pi. XXIX, i): ^ ^»l |<>— ^ |] ^— ^^ ^ I •J'^-^ fuhHlui-Mseu tm baku Aon/ tr ils disent devant sa majestë.* (Je supprime, dans la transcn])(ion, fexpliftif hiératique qui n*a pas sou corrc$|)ondant dans les hiéroglypho$, et qui se tnnivc

dans le texte après ntui usem et après em baku),

' Mariette, grande inscription d\4by-' dos, I. 8i et 79.

' Er fat repond ici à ^£ iren soiie que, afin que.*^

* Cette phrase peut sembler obscure, nous pensons en avoir saisi le sens ; sep , sans épilhèlc, est en giniéral une bonne action ; uka signifie ^échapper, manquer. «

Âu-em-àrt-à s'analyse : (Têtre-à-agir-nîoi;^) après âw, Tw indique l'étal. Àrui'à est encore un participe actif avec son allixe sujet. Le sens est : (r quand je fais quelque œuvre omise par toi, je la fais (encore) pour toi.T»

3 A A. Nous avons vu que le présent-aoriste, formé par l'initial I \ Âu répondait au 2^ prétérit du copte EX-, eK-, Bq-, etc.; il est, comme celui-ci, usité pour les participes • I T ^ à'^"}"

ânyï^^ signifie : «r vivante) aussi bien que et il vit. a I ^ mer «r étant mort; t^ c'est l'état dans lequel Anim * retrouve son frère, couché sur sa natte, quand il arrive à sa maison. Le décret de Canopus dit, à la ligne s 6, de la jeune Bérénice, morte en bas âge :

nuter-t ten àu-s-renen àks er pe-L

Celte dëesse, étant vierge, entra au ciel.

I Ç I àU'U initial du participe pluriel se remarque à plusieurs reprises dans le Papyrus judiciaire^ \j^9iV exemple, après l'énumération des juges, on ajoute :

àU'U-êemrU àu-u-kam-u em âfai-L

Instruisant leiu* aflairc, trouvant eux en culpabilité.

L'initiale àuf se prêterait au neutre et môme au passif, d'après l'exemple suivant du papyrus Abbott'; il y est question d'un tombeau, où personne n'avait été enterré :

* Voyez Pap, d'Orbiney, pi. XIII, 3. On s'attendrait à trouver un-lu avec la ' Dcvéria , Pap. judic. page 1 8 , IV, 1 . marque du passif, mais elle étiût souvent

* Pap. Abbott j V, 3. Cf. Chabas , /or. /. omise par les scribes.

du'f'^aà un.

Étant laisse ouvert.

3/10. Le participe du verbe auxiliaire IÇç> àu-lu répond exacleiueiitau préfixe ET des participes coptes.

Le Récit des deux Jrh*es^ en offre un exemple bien caractérisé : Bâta y revenant à la maison pour chercher des semences, trouva la femme de son frère* :

àutu hemse her nebetU'S{t).

Etant assise è sa coiiïure.

Ce participe de l'auxiliaire se trouve employé seul et suivi d'un adjectif. On lit, dans le même récit ^ : cria princesse était assise à la

table du roi;^ le texte ajoute : Iç ^X ^^iTzH^ àu-tu nefer

f/ia-s-(sf/) ïT étant bon avec elle^ pour «ril se montrait aimable pour elle. 7^ C'est la forme du copte sahidique EinoqpE.

liemurque. Il ne faut pas confondre cette valeur avec celle que possède l'initiale dii-lu remplaçant le pronom vague avec le sens : «ton fut.'^ (Voy. ci-dessus, n® sSG.)

346. .Nous pensons qu'on doit aussi considérer comme un participe, au prétérit-aoriste, la combinaison de Hnitiale Iç» àu-tu avec un verbe conjugué par l'ailixe i^^^ nef. Cette forme singulière : (iiMii ^er àn-nef àtHu i^er (Ornef, semble répondre à : (rayant été à faire vonir« ayant été à mettre. ^ \ oici deux phrases de ce modèle liivos du Itrrit des deujc frères ^ :

* Pft^. rfïV^Nfy, pi. IK 10. cite par M. Brag^h pmir rinfiniUr^Gr.

* M. pi. \ VI , 3. lùrn^L n* 1 90 ^ Àir-f« ker teotem-f paten

* Pli/». iVOrhtfir^^ \l\. .">. I.Vvrmple X''*^' montre un ras i!e cv participe ri

I)U VERBE. d1

du-lu her àn-nef pai/sen âa.

Avant fait venir son frère a!në, etc.

àu-4u her-ia-nef m en tebu en hak-t àuf-her-àri setef-u

du-tu-her-ta-nef 1:1(1) en àrpu àuf-her-âri-huau-t \

Ayant pose un teb de bière, il fit de l'ëcame; ayant pose un autre (teb) de vin, il

devint trouble.

Au-lu /ler (a-nef peut s'analyser : tr étant à poser lui,T) si Ton veut tenir compte de l'aoriste tà-nef.

La valeur du participe qui s'attache à un auxiliaire ainsi alFecté de la finale ç lu peut quelquefois causer une équivoque; ainsi d'après l'usafje le plus habituel , la phrase : S^ ' p ▼ ^^ wn «n- /(i A^ {at doit se traduire : ^ron dit.D mot à mot : cron lut à dire, t) Cependant, au mftme papyrus^, cette formule est employée pour : cril dit. 7) Nous ne croyons pas cependant que le passage soit incorrect, parce que un àn-lu her t'ai peut aussi s'analyser par : cr étant à dire,^ et que le participe pouvait s'employer à la place du verhe.

Il est évident que, dans ce rôle de préfixe, IÇp àu-lu est l'origine du temps du dialecte memphitique ETW, ET&.K, etc.^ qui se prend tantôt pour un prétérit simple trfui,?? et tantôt pour le subjonctif fp cum essem.i^

doit être traduit : «rayant entendu (dire) ' Pap. d'Orbmey, XII, 9. Ce passage a

votre abandon de moi;" dans le second dlë interprète par M M. Goodwin et Chabas.

membre de la phrase, le verbe xpà est au ' /</. XIX , 3.

masdar avec Tarlicle et Taffixe l'c^gimc de» ^ Voyez Grammaire de Peyron pour

la r* poi-sonno. les vu* (( x\i' lemps du vrrlw.

92 CHRESTOMATHIE ÉGYPTlENiNE.

3/i7. Nous enregistrerons, pour terminer ce qui concerne le participe actif, le composé avec le relatif ^^T^ nti. Le titre Itcorvp est exprimé par W V— i nlinohem crqui sauve, t? dans le sur-

nom de Soter 11. Mais cette locution nous paraît appartenir aux derniers étages de la langue; elle a passé dans le copte par le démotique; grammaticalement, elle ne peut pas être considérée comme nn véritable participe, dans la langue antique.

^[[^ est très-naturellement remplacé, dans ce rôle, par la particule \k m, dont une fonction très-habituelle consiste à indiquer la relation d'état. C'est ainsi que le décret de Ganopus caractérise les prêtres élus conseillers (1. i5) :

f jin I rTi A <:^1 /uM^i I

uab-u met ànei-^^tu emsetep er ter en rempe-t.

Les vingt prêtres conseillers, choisis pour le temps d'une année (mot à mol : en

choisis).

Cet exemple appartient, à la vérité, à un participe passif, mais il me paraît probable que la même tournure pouvait s'appliquer au participe actif ou neutre.

FORMES GAUSATIVES.

348. L'initial II, ajouté au radical, lui donne la force causative ou doublement transitive : il est impossible de méconnaître Tanalogie de cette forme avec le saphel araméen et assyrien. C'est la seule modification du radical, qui possède réellement une valeur grammaticale : elle a été bien définie par Champollion'. Les

* Voyez Champollion, Grammaire, tels que : CfiOK ^diminuer» comparé

n* 386. Cf. le n" q6o, ci-dessus. L'« eau- ,. , I M a i i u t

.,.,- au radical I M ^ hak «thumilis;»?

salif, disparu de la grammaire copte, est i- . , ^

* , , V ,...'. CEJUHE fdisponere,75 etc. comparé à

souvent remplace, dans le dictionnaire, ^^^^ ^

par le ^ initial causatif; mais on en ,^ 1 we/i astable; « Cî^^p «alvjicere^ trouve encore la trace dans quelques mois , comparé a ^^^^ a ?<?'* ^ extra, ?» etc.

exemples sont usuels et très-nombreux; comparez seulement : âa (T grand 7j à H^^ «-«« cr agrandir , ti "^ TK. A ^^ «f longueur,

hauteur, T) à l"-^ fL T *-^^ «f élever ;?? y ^^ trstare,?) Il y

8'hà (f ériger, v etc.

On doit toutefois être averti que la valeur causative s'est effacée dans quelques verbes augmentés de rH initial; ainsi : |l 8'6it ne diffère pas de ûit (t dire , ^ et Ys initial s'est même conservé dans le substantif II ^^ ^WS i «-/b/ti (r paroles, t? et dans le copte C2^!^l^ On peut aussi signaler quelques verbes dans lesquels ïs initial se prête à diverses nuances un peu différentes du véritable causatif, mais que la réflexion y ramène facilement. C'est ainsi que l'expression [] J3 '^^^ s-mer ne signifie pas (r faire mourir, ?» mais tr faire la mourante, t? dans la phrase suivante du Papyrus £0rbiney. La femme d'Aupu, voulant accuser son beau-frère de l'avoir violée, se présente à son mari dans le plus grand désordre :

àu-f her kam tai-f himet sfer-tà ^-mer-td

en âfau.

Il trouva sa femme étendue et (comme) se mourant par suite de violences ^

3^9. L'addition de Ys causatif n'était pas usitée pour tous les verbes; on se servait alors, pour le même usage, de divers auxiliaires. Le plus usité est le verbe A, i J, '*'""^, fa, (a-t, adonner,^ qui paraît avoir eu le sens causatif d'une manière très- générale. Ahmès dit au début de son récit' :

* La variante du même mot, cy^-^iSE » ' P^P» d'Orbiney, IV, 8.

est précieuse pour constater que ce s ini- * Voyez Mémoire sur V inscription d'Ah-

tial est quelquefois passé au U} dans le mes, p. A 7. copte.

94 CIIBESTOMATHIE EGYPTIEiNNK.

Je vous fais connatlre les faveurs qui me sont arriva.

Cette forme, très-usitée, répond au démotique ^, sigle de J, et au copte ^ cr donner. -n Celui-ci se résout en un simple T^ dans les composés tels que T^nfljO trvivificare,^^ de "^ et amî:) ffvita,T) égal à A-îjf- tu-ànj^^; TOic^O «rservare,?» de ^-0*<2èSM (T dare salutem , v égal à 4 • Ç A ^l (a-ufa^ remplaçant la forme antique P Ç A ^k s-uài.

350. A ou 4 »i en se joignant au verbe principal et à d'autres auxiliaires, donne naissance à des combinaisons variées, où le sens causatif se conserve fidèlement. Nous en citerons deux exemples tirés du Conte des deux frères ^ :

àu'ttt her la âmam honrf â. t s. em àm-f

On instruisit le roi de cela (mot i)i mot : On fut à faire savoir, le roi, concernant cela).

Quand Bato, changé en perséa, reproche à sa femme d'avoir fait abattre le cèdre où résidait son cœur, il dit' :

/M-e(/) /icr âmamu pa-tu-t à-âre-i sât

en per-âa a, f, s.

Tu sais que tu as fait couper par le roi (mon cèdre).

* C'est à celte origine qui! faut faire ben; "^^ iekan, de J!^^ han, etc. remonter les compo9<^s augmentés de -»• « Pap. d'Orbiney, \V, 1 .

iniliol, tels que: J ^ ieben, de ^ * /(/. XVII, 7. Observez que, dans

La locution doit s'analyser : rrtu es à savoir ton action de faire, le roi, couper (l'arbre). tî Le causatif complexe fw-Z-à-âre-i èât devient ici un nom verbal qui prend l'article j»», pour servir de complément direct à àmamu rr savoir, -n

351. Les verbes -^sfc- an, et -«=>► er, qui habituellement ne font que fortifier l'idée d'action, prennent, mais assez rarement, la valeur causative; on peut citer : - ^s» ^^ er-rime (t faire pleurer ^tî

Le démotique conserve, dans ce sens, er âr, et le copte a le préfixe Ep : mais celui-ci indique le a faire tî et le ff devenir, tî et non le véritable causatif: Epa^C trfieri vêtus, veterascere,?? Ep- ^&TT (ragere jus, judicare;^ il se rapporte donc plus exactement au sens ordinaire de «^^ àri auxiliaire (to do).

352, Mais l'auxiliaire -«=»- est très-usité dans les composés causatifs ^^ I et ^^ ^ ou .»— i . Le premier ^^ , er-ta équivaut à |^ i ta seul, exemple : B€Ua conduisait ses bestiaux, vers le soir, devant lui^:

«•-/rt sefer-u (em) paisen àhai-u{t).

Pour les faire coucher diins leur ëtable.

L'infinitif '^"■^ ® ^ir^ er ei*-ta re)(;^k trpour te faire savoir

^^i er er-ta re)(^ paà-neb crpour

cette phrase, le causatif réside dans 4^, ' Pap, d'Orbiney, IV, h. i--J est pris

et non pas dans \ J ^ ; la valeur can- souvent, comme ici, pour le gérondif.

sative est très-rare pour ce dernier verbe. équivalent tout h fait au suivant ^^ * Todtenbuch, ch. cxxv. La variante «• er-fa-f. Je considère «i comme explétif,

^^?^ le-rime est peut-être fautive; on dans ^j causatif. 11 y a évidemment dans n a pas signalé d'autre exemple du &=3ini- le manuscrit omission d'une préposition, tial avec celte valeur. em ou er.

faire savoir à mon seigneur, -n sont des formules Irès-usitées dans les papyrus.

353. ^^ I er-ta et ^^ er-t-^L s'échangent fréquemment. Le second est peut-être néanmoins un type différent : car ,»i ou ^' j â seul possède un rôle grammatical assez étendu, comme renforçant certaines particules; on peut citer ici : j^^^ em-bahu-^

qui s'échange avec la forme plus simple \^ ^^ cmr-iaAi* r devant, v Peut-ôtre le .i>— i du composé * doit-il ôtre rapproché du radical copte & ffêtre et faire ^i^

354. Le sens causatif apparaît clairement pour le composé àuer-tà dans l'exemple suivant : le prince de Bakhlan^ content de voir sa fille guérie par le dieu KhonSy voudrait le conserver dans son pays : (t il disait en lui-môme ^ :

àu-er^tà-yeper nuter peu tai en Be^ten

Il foudrait que ce dieu put être donne h Bakhtan (analysez : H est à faire devenir ce

dieu donn<5 h Bakhlan),

Le copte se sert beaucoup d'un causatif : sa h. TpE, memph. ^pE, évidemment composé des éléments t et r, qu'on retrouve clairement dans A ' ta. -«=> er, -*=> àri et a~1 et' la, m er-tà. mais les éléments sont disposés différemment. L'exemple cité par M. Peyron &qHpi^E«C\ «ril m*a fait asseoira répondrait à une formule :

à U'f-ta-àri-à'hemse Il donna faire moi asseoir.

* Ce rôle de J__^ sera ëludié plus loin. n* 99/1 ci-dessus. — ' Inscription du Pour sa valeur verbale propre, voyez le prince de Bakhtan, I, 93.

Nous n'avons pas rencontré d'exemple pour cette tournure, mais elle présenterait une analogie parfaite avec les autres formes antiques.

355. Le copte possède encore plusieurs auxiliaires d'un sens restreint; le seul qui occupe une place régulière dans la conjugaison est l'initiale oji^, qui forme les temps consacrés aux actions habituelles ^ On trouve, dans les textes pharaoniques, un auxiliaire TrltT ^k sa, qui doit être le type du cy& copte. Cette syllabe est empruntée originairement, suivant toute apparence, au verbe TrlrT ^k ^^ saâ (t commencer, tî On reconnaît cette valeur, d'une façon trè&-claire, dans la phrase du Papyrus Sallier 9 (iv, 6) dont nous avons cité déjà la seconde moitié (voyez n** 297) :

saâ-nef'Uai àuf em x^^'^t^'

Celui qui a commence à être instruit dès sa jeunesse (on le prend pour conseiller, on

renvoie remplir des missions).

Nous voyons, au contraire, la syllabe abrégée TrltT ^k «a, réduite au simple rôle d'auxiliaire dans la formule suivante : un chef égyptien, au retour de diverses expéditions, constate ainsi la satisfaction que lui ont témoignée les rois qu'il a servis :

sa-nà-hes-kud her-s em suten-u.

Le sens général est : «r Je fus loué pour cela par les rois. *n Comme il est question de plusieurs souverains, on peut soupçonner ici la nuance d'habitude ou d'actions répétées qui est attaché au CXJ& auxiliaire.

* Voyez Peyron, Grammaire copte, p. 97 et suiv. temps v et vi iprœseiu etimperfeetum consuetudinix.

98 CHRESTOMATHIK ÉGYPTIENNE.

La locution TtTtT m 1 èau, qui est employée dans un passage du poëme de Pentaur n'est peut-être pas empruntée au même radical car ]e mot sau correspond ordinairement au copte uj^^nr ff utilis. yt

ben sau-meh àinà am- ten,

M. Brugsch a proposé de traduire : rril ne sert de rien de vous aimer^li) J'avais interprété meh àh dans le sens de rr satisfaction , ^ qu'il a souvent : nous possédons encore trop peu d'exemples pour nous prononcer d'une manière positive.

Le copte fait aussi usage d'une particule cyo*< signifiant tr digne de,T) cyo*<Af-EnpiT «r digne d'amour ;tî je pense qu'on doit la rapporter au thème antique Mli % X^ témérité, honneur, avantage^ biençti mais celui-ci n'était pas employé comme auxiliaire.

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