Le verbe y ^^ (rstare?) en présente, au contraire
tous les caractères dans beaucoup de locutions; outre la particule
, expliquée ci-dessus (n° 3io) et les exemples que nous
d'Orbiney^ nous offre ici un bon exemple : Anpu pleure en voyant les souffrances de son frère :
avons donnés pour l'impératif (n** 3 16), on peut encore citer des exemples oii les aoristes sont composés avec y hâ. Le Papyrus
1* — i\J\\ ^"^^IKlllm
duf- hâ hêr remit- nef
Mol à mot : Il restait à pleurer.
' P. Pentaur, texte de Louqsor, 1. 66. tude. J avais traduit : rrmon cœur u*est
Œ Pap.Saliier, locolaud, Ce9i ainsi qae pas satisfait de vous, 9 prenant sau
Ramsès II commence les i*eproches qu'il pour une simple variante de sa, adresse à ses généraux, sur leur ingrati- ' Pap. d'(h'hiney , VIII, i.
On lit dans la description des métiers ot professions : ccl^e cullivateur cuit (lui-même) son pain :n
/^^-iVV^^t
^n- henti hn her kenfi.
Ces exemples semblent indiquer que lauxiliaire ajoute ici la nuance d'une action continuée, à laquelle on s'arrcHe pour ainsi dire.
Nous ne parlerons, que pour mémoire, de diverses combinaisons verbales qui résultent de Taccolement de deux verbes, telles que : "^n na her àk ff il vint pour entrer ^^î j\ m^n «w àk rr il allait entrera t7 ^ r ^r rrse préparent et quelques autres verbes modifient aussi le verbe principal, mais ce ne sont pas des auxiliaires dans le sens grammatical.
FORMRS DU PASSIF.
357. Le passif s'exprime, dans le copte, de trois manières distinctes : i*" par un changement intérieur dans la vocalisation du radical : Ta\^ ff misceri,T) passif TK^;
2° par l'addition d'une finale O^îT, qui se réduit à Tpour quelques participes;
S"* En tournant la phrase par la troisième personne du pluriel du verbe actif: hrt"^, littéralement (rdederuuti) pour (rdatum est.-»
La première méthode existait certainement dans la langue ancienne, car on y rencontre beaucoup de verbes passifs que rien ne distingue de l'actif dans l'écriture; avec le système vague des voyelles , le changement intérieur de la prononciation échappait à toule notation exacte : i ^ i ro-k meh ff ta bouche est remplie : f)
Vap. d'Orbiney, III, Q. — ' Lepsius, Denkmàler, IH, 6i, I. 19.
100 CHRESTOMATIIIF: EGYPTIENiNE.
fcrnu-f utennu cm pesah.
Ses tuimis sont percds de blessures *.
I w 1 1 I I \ Ji z=rzu3a
Le verbe -'^^^^ âr est quelquefois ortliogreiphié ^ àrUy au sens passif; ce doit ôlre Findice d'un changement intt^rieur dans la prononciation, mais nous ne pouvons l'apprécier exactement.
Ammon dit à Séli l** : rr Je to donne les pouvoirs d'Horus et de Set^ :-n
pesehi nuter-ui àru em pesehi-k.
Les domaines des deux dieux deviennent tes domaine».
L'auxiliaire «^s*- er se joint parfois alors au verbe et semble renforcer le sens passif. 11 est dit du défunt justifié, au Livre des soiiffles
er-un ^ nef em • sebau na sehau-t.
Il lui est ouvert dans les portes d» la région infernale.
358. Les finales coptes oict, h*<t, t, reproduisent fidèlement les finales passives de l'égyptien •% tu et ^*^5 ^^U elles s'employaient, à ce qu'il semble, indifféremment, quoique la leçon «k% ]fu soit bien plus habituelle dans les textes antiques; c'est la forme passive la plus usitée^.
' Pap. Anastasi , IV, i<j, i3. Petah si- changement de voyelle intérieur : c'est en-
gnifîe littéralement «r morsure;" de là le core là une particularité que le système
déterminatif 2) * ^^ voyelles vagues nous dérobe dans la
' Denkmàler, III, 199. langue égyptienne, où elle existait aussi
* Voyez Champollion, Gramm. n° 38 A. très-probablement. Cette finale amène aussi souvent en copte un
Le verbe aiïeclé des finales tUy ut^ est, par le fait, au participe passif; mais cette forme se prêtait, en principe, à toutes les modifications du verbe actif dans ses temps simples et composés. Nous pourrons être plus brefs dans l'exposition des fornies passives en raison du grand nombre d'exemples que nous avons déjà cités pour la valeur du pronom indéfini cr on, a répondant au passif en ^m tu.
359. C'est ici le cas de faire" observer que les propositions passives se rangent sous deux classes qu'il est très-essentiel de distinguer : dans la première, le patient seul est nommé ou indiqué : rr Pierre est batlu,?) cela équivaut exactement à la forme active indéfinie ffon bat Pierre. Tî Cette forme est aussi celle qui convient au passif des neutres : il ^ ài-lu ffon vintii (itum est). Dans la seconde classe, se rangent les propositions plus complètes où le patient et l'agent sont également définis : rr Pierre a été battu par Paul.T» L'agent, qu'on appelle souvent alors complément indirect, est relié aux verbes par des particules qui vafient suivant les circonstances. La particule a****^ n e^t usitée après men rraimé,?)
mer-^n-ptali , et beaucoup d'anires verbes : la forme pleine \ an est bien plus rare et semble réservée au sujet du verbe actif. Les autres particules usitées ici sont: \^ m, \k iJ ou -41^ ma,
herKy^^mem-bah et ^—^ etn-bah-â, que nous ferons remar-
quer dans divers exemples.
On rencontre très-fréquemment, dans les inscriptions monumentales, des qualifications passives construites par inversion, comme g**^^ Ptah-meri; il est certain que, pour des noms propres et de courtes qualifications, on suppléait la particule et on lisait dans l'ordre naturel : mer-enptah. Toutefois nous n'oserions pas affirmer qu'on suivît aussi cette règle de lecture lorsque meri ou tout autre verbe, de ce genre, était placé après de longues qua-
* Comparez la seconde partie du nom hotep her ma '* agréé par Ma,n el l'exemple de Sferenptah, fils de llamsh II : ^ y ci-après du décret deCanopus.
lifications ou une série de termes qu'il gouvernail ^ Nous avons déjà cité un exemple du passif, avec son sujet et son complément : teruvr-f uiennu em pesai^^ erses talons sont percés par des blessures ;n c'est, en effet, la particule V em qui sert habituellement de terme instrumental. L'exemple suivant réunit les deux passifs du neutre absolu àr-lu , et du passif sans complément sotettirtu tat-u :
àuk er keh àr-tu em seyerunk gotem-tit tetu-k nelht. Tu existes pour toujours, on ogit d*après tes desseins, toutes tes paroles sont ëooutëes.
360. Quand le sujet était pronominal, il se plaçait tantôt avant, tantôt après la marque passive tu; mais dans le style soutenu, nous rencontrons presque toujours l'affixe entre le radical et la finale tu. Amon dit à Toutmès III :
smen-à-tu em uunen-d»
(Sum) stabîlitus ego in domo mea.
- 361. Dans les temps composés, la finale tu peut rester avec le verbe attributif ou bien se joindre à l'auxiliaire; on lit, dans ce dernier cas : I ^ Ç àu-lUf a%-i% tu-tUy j£^ y my^ uiwlit^lu,
p àvAu^ X ^ yeperAUy etc. et môme y ^^^% hàn-tu devant le verbe attributif. Nous avons cité plus haut la phrase ¥ /v \ 7\ %\\ ^àn-tu lia rron vint. i) Le Papyrus Abbott nous fournit deux exemples où l'affixe personnel *^-^ vient encore s'ajouter au ç passif, d'une manière qui semble explélive. Il s'agit, dans l'enquête sur la violation des tombeaux, d'un homme qu'on avait rencontré
' Voyez Champollion, Grammaire, M. Birch. (Voyez Prisse, Choix de moau-
n' /i3i. MCHts, XXf, 19.)
* Voyez ci-dessus, n* 357. * Grande stèle de Tuulincs 111, niuse'e
' Stèle des niiues d'or. Traduction de de Boulaq.
DU VEBBE. 103
sur les lieux : I Ç ^ ^/ 1 J^*^—^ àurtu-f-meh àmf ff ou s'était emparé de hii^.-n Plus loin, on lui bande les yeux et on le mène ti Tendroit dont il avait parlé :
àu-tu-f-ta-t nef àri-tef em-ter peku-f-sè(i). Son œil lui fut rendu lorsqu^il les eut atteint (ces lieux).
L'auxiliaire passif a%«i% ou ç ç tutu est très-usité : voici une phrase du décret de Ganopus dans laquelle , à la différence des précédents exemples, Tallixe reste attaché au verbe principal; il est question de régler le sort des diverses catégories de prêtres :
henâ nti tutw^ be»-u au men renpe-t psit '.
Avec ceux qui ont éié installes jusqu'à Tan g.
Comme exemple du passif restant attaché au verbe principal « on peut se reporter à la phrase souvent répétée : I |k «^ f 1 ^;^ « àu-t uab-tu (T tu es puri6éei) tirée du Livre des souffles^. Le décret de Canopus dit aussi (1. 13) :
uab-u pu àm-u pa-u-nuter neb-t nie bak-t àw-furgen fet^ut uab-n
na neter-ui menx,-ui.
Les prêtres existant dans tous les temples de TÉgypte, dans leur totalité, seront nommés
prélres des dieux évergètes.
' Papyrus Abbott, p. iv. Traduit par oblitéré, il est i-eslé e, égal à I'e copte et
M. Chabas. Pour le second passage, voyez rendu par \ j^ , équivalent h K . (Voyez
le même papyrus, V, i. le n* 39.) Le groupe j est l'abrégé de ,?,,
' ^ j^ est le correspondant récent de aOixe de la 3* pcrs. pi. la particule <=> er frad :» IXinal étant ^ Cette variété est aussi usitée que la
Cet exemple montre la combinaison de lauxiliaire pu avec un passifs
362. L'aorisle, avec Taugment \^T\ à, pouvait également convenir au passif. Dans le Papyrus Anastasi n? h (11, 7), un maître dit à son disciple : crNe fais pas la sourde oreille Iti
àurbu-àr-j-sotem â-âr-lu mf cm io-t.
Celui qui nMcoute pas, on ag;it envers lui avec la main.
L'augment l^jN à est également applicable au passif, dans le cas du participe auquel il semble ajouter une nuance plus décidée vers le passé. Le Papyrus Abbott s'exprime ainsi sur le compte d'un (lonnne rencontré pendant l'enquête :
ret àkem-it- àm
Homme ayant été trouve là.
363. La particule A****^ vient encore ici s'insérer, comme au second aoinste actif, soit avant l'atTixe personnel, soit avant la finale lu. Voici un exemple pour la priorité de l'affixe^ :
neb-u nuter-u hotep-u-en-sen-tu em fefau-sen.
Les seigneurs divins, on leur offre leurs richesses, c'est-à-dire ; Les biens qui proviennent d eux-mêmes.
première dans les papyrus : comparez > Pour ^\ seul, initial, et i)our le
Pap, Anastasi, n' 4, XIl, 3 : ^ ,^^__^ nronom absolu, affecte du passif \«^
^ (3 A^ jfci"^ \\u3 ""^ /wwwc-ru \ emtu, voyez les n'^* 26/i et 297.
em ta nuit irtu es reposant dans la mai- ^ 6a em sinsin, S .^1 bia, inanusc. du
son. « Louvre.
La forme passive ^^ ^^^f sans affîxe, s'emploie avec le sujet substantif; exemple :
^k \ ^^B^^ ^^BiB am^Ê^ ^^t^^^ ^^^^■'^
er-â-ntu nek tom embaku-â tef-k Tum.
Dalœ suiit libi regioees duo a manu patris lui Tum.
Mais elle s'ajoute les aiïixes personnels, en l'absence du substantif; exemple :
lir -. J!^ m 1 onniii
mes-ntu-f em renpe 53.
Genilus (fuit) îlle io anno 53.
364. Nous avons dit que la finale passive lu pouvait se concilier avec toutes les formes du temps, nous nous bornerons à citer encore quelques exemples variés. La formule suivante appartient au futur :
na du-tu-er-^n-^u-u dtnsen Ceux cVentre eux qu'on devait amener '.
Le Papyrtis d Orbiney montre une formule comparable aux participes futurs latins remplaçant le gérondif. Dans le moment où Bala court le risque d'être tué, sa vache le prévient que son frère le guette pour le tuer : ■>»*■> 1 Ç % f ^ er xotebu-k-tu répondrait exacte-
ment à rr ad te occidcndum. n
' Stèle de Kanra au musëe du Louvre, ' P^^P- ^^ ^^^^> K » ^ traduction de
hymne à Osiris. Observez, dans celte M- Cbahas. On peut citer, pour ia forme
phrase, la préposition embahu, au sens indëGnie, la phrase suivante du récit de
instrumental. Toulmh III : \ J^^J^j=> J a *^
* Voyez Mariette. ReMcignements sur mf^ ^— ' àtt-4u er tehen er xj^au ffon va
les Apis, etc. Stciede i'Apis de Tan 53 de s'avancer pour attaquer (rennemi)."
Psammélik I". F.cpsiiis, Denhmàler, III, 3*i, I. la.
365. Le Papyrus de Boulaq se sert de la forme à-^irur-tuk, pour rimpéralif passif, dans la sentence suivante^ :
à-àrurtuh setepu nefer àtet-u
Fiat tibi selcclio bona verborum.
366. Quant aux formes de Toptatif passif , avec les particules mat, àmmâ, àm, er-mai, âw-mat^, elles sont très-fréquentes, tant dans les papyrus que dans le décret de Canopus :
dnunà sâNu pat- sauabu sen
Que soient coupes les deux persëas\
àu-mat-ta-tu x^u en mes-u na uab-u fer hau mes-sen àm-f.
Qu^on donne des vivres aux enfants des prêtres, depuis le jour où ils sont nës *.
Ajoutons, pour terminer cet article, que le passif s'appliquait encore sans difliculte au mode causatif : »-Aâ rr ériger, ^ fait au pas- 't e *^^^*~^^' A ^^ ff amener fl devient eM-â àiv-tu, ^'ambassadeur du prince de Bakhtan dit au Pharaon :
sif
àm-ulu hon-f er-^-^-dn-tu nuter.
Que sa Majesté veuille ordonner qu'on fasse amener le dieu (lui-même).
367. Nous avons déjà remarqué* que les formes 8=^ et 1 du p<irticipe actif se confondaient souvent avec celles du passif.
• Pap, Boulaq, XX, lo. — ' Voyez les n" 3qo-3îiA. — ' Pap, d'Orhiney, XVIII, I. 1. — * Décret de Canopus, I. 35. — * Voyez n" 338 et n" suiv.
Certains manuscrits conservent, même pour cette voix, la finale |l ta an féminin; les exemples sont nombreux, en voici un tiré du Papyrus iOrUney (XI, 3) : il est question de la tresse de cheveux qui flottait sur le fleuve et que le chef se fait apporter :
du-f-heMatrhaitAà àwiurhtr-dnrt nef.
Il la (il approcher et on ia lui apporta.
La tresse, i nehet, est du genre féminin. Cette tournure
répond à rjussit admovendam;^ elle est très-usitée.
La finale 1 1 «i û, qui donnait naissance à beaucoup de substantifs abstraits, était spécialement usitée pour le passif de certains verbes, tandis que les neutres employaient indifleremment les formes actives et passives : ^rjy"^|| ^^ hemi-t «ron trouva t? est un exemple fréquent de la finale passive en iO.
Le copte a également conservé une trace de ces formes secondaires du participe passif, dans le T final, qui forme ce temps pour un petit nombre de radicaux : comparez ET-c&n«^cy-T r nourrie) avec c&iTcy « nourrir, ?» etc.^
368. Cette langue présente deux manières d'employer la troisième variété du passif, celle qui consiste à tourner la locution par la troisième personne du pluriel du verbe actif : la première est une dérivation évidente de Taffixe égyptien ^ adhérent au radical, elle consiste dans la finale sahidique wt : rtht, e^-KTRic (raedificatus,^ de Ka^T. La seconde reproduit le même affixe u, ayant eu pour support Tauxiliaire I m au et devenu i^ic ou E*< : OicnnoH E*<EinE ^Juw-OC ffuu esprit était porté, ^ ce qui doit être analysé : rr un esprit, ils portaient lui. t) Ces deux méthodes étaient aussi
' Voyez Pap, Abbott , VI, 1 4 eipassim, — ' Voyez Peyron, Gramin, p. i86.
usitées dans les textes hiéroglyphiques, et sont surtout fréquentes aux basses époques.
Le Livre des souffles eu contient de nombreux exemples :
sepu bi-k au nesem henâ àsar.
Accipitur anima lua ia navi (nesem) cum Osiri.
fet-u ma ruk em-bahu àsar.
Dicitur jus tibi ab Osiri '.
La phrase ci-après, du décret de Canopus, fait voir l'auxiliaire au ayant attiré l'affixe m, comme en copte. On y loue les Evergètes d'avoir rectiOé les défauts du calendrier de Tannée vague ^ :
seyen as mate-u àu-u-meh her neterut menyui Il est arrive donc qu'ils ont ëië rectifiés (et) complétés par les deux dieux evergètes.