FORMES NÉGATIVES
369. Les particules négatives sont nombreuses dans la langue égyptienne, et des combinaisons assez variées résultent de leur union avec le verbe. Les négations ordinaires sont : T^ n, an, I ^ ^w> J ben et ^ \^ tem; \l m et l\k --^>— . àm sont prohibitifs. Divers radicaux, tels que : ©Ik-^^'^ X^^^' V |k^St*- *^>
* Sa em sinsin, S 3. ^ Décret de Canopas, I. aS. La parti-
' Ibid. S h. Nous avons vu que embahu ouïe , se caractérise ici comme détermi-
indiquait quelquefois Tagent, dans le pas- nant Tagent. /,, dans le second membre,
sir (voyez ci-dessus, n" 36^^). est encore Tabrégé de ,f, m.
men, ^Jj ka, etc. donnent aussi naissance à des locutions négatives qui ne doivent pas être passées sous silence.
Nous étudierons successivement les caractères particuliers de chaque négation, en faisant toutefois un article spécial pour la prohibition et pour l'interrogation négative.
Le caractère ^^-^^^ (avec ses variantes --/u*, f j) est le véritable symbole de la négation ; seul ou avec le complément a**.^^, il sert à écrire la négation n, an. La variabilité des voyelles fait comprendre comment -^^-^ seul, ou le groupe 'J^^ pris phonétiquement, correspondent, d'après le témoignage des variantes, à n, an, na et même à 1 nen; cette dernière est une forme redoublée ^ T^ est souvent additionné du déterminatif '^^ cr négation, privation, mal , etc. ; n en retournant l'oiseau --^^ en sens inverse de l'écriture, on insistait encore sur l'idée négative. Le radical ^^[^^ an pouvait être employé comme un verbe opposé au verbe crêtre;^ au sens neutre, son participe pluriel àn-t%u cries non-existants :i
s'applique aux choses possibles, mais n'ayant pas reçu l'existence; aussi le dieu suprême est qualifié Seigneur souverain des ^[Tvvî^Tl ^^ nli-u àn-tiu ffdes choses qui existent et de celles qui n'existent pas ^-w Dans un sens plus actif, les impies, qualifiés ^^ j^A»^.!^ ànrtiu'Sen, sont cries négateurs, tî La qualité verbale explique encore facilement des expressions telles que : "V--^*^^ àn-ti
OU ^^ ân-/i-w^/*cr celui qui n'a rien, le pauvre;^ et ^jjjT^
A^ nt-enefmaut cr celui qui n'a pas de mère'. -n
370. '^^^^m se plaçait avant le verbe nié ; le copte a conservé les négations n (sah. H), et &w ; n est resté initial et Mt vient ordinai-
' Voyez Lepage-Renouf, Miscellaneous, ^ % ^^ fTi I^ ?^ M n-iiu mi-tiu, II
1867; dissertation Irès-remarquaUe sur y g^ait ]à un de ces jeux de roots si re-
les négations, leur lecture et leur emploi. cherché par les écrivains égyptiens. VoyezGharnpoIlion,Crflmm.n'389. ' Grande stèle d'Antef, musée du
* Un des lilres d'Isis, à Phîlœ, lui Louvre I i'^ 18 donne tria régence»» sur ces deux classes :
110 CHRESTOMATHIE ÉGYPTIEiNNE.
rement le renforcer, après le verbe : c'est là un supplément propre à la langue dérivée, et quand le copte se sert de &tt seul, il le place après le verbe. La négation ]j ^^ , qui est fondamentale, pouvait s'appliquer à presque tous les temps, dont elle dérange peu l'ordonnance.
A l'aoriste simple, le sujet substantif pouvait suivre immédiatement la négation ou bien être rejeté après le verbe; exemple :
an 9ttten en kame àr ma-ti (er pa-tu to-ui.
Aucun roi d'Égyple n'a rien fait de pareil depuis l'existence du monde.