La locution an âx peut quelquefois embarrasser et prMer
. ' Voyez ci-après, n" .'Jgo. ""^^e nëgalion par ^ ben. U palienl
' VoyezBrugsch,/)/cfio«imMY,p.687. satisfaite ces demandes en disant les
' Décret de Canopus, I. 19. i^ grec noms mystiques de chacun des queslion-
dit : fiïf fieTotTia-eaS-ai rtfv ^avrjyvpiv. naircs. JL^ ^'* »"W*^ po"r indiquer celui
* Todtenbnch, ch. cxxv, I. 53. Quel- qui parle, avec ellipse de ^ /h/. (Voyez
ques exemplaires i-emplacenl ici la pre- ci-dessus n" 271.)
à l'équivoque, parce que Ton insérait des particules telles quelll as et Q Ifar, entre le verbe et la négation, dans un but simplement conjonctionnel. Deux exemples tirés de la stèle d'Antef rendront plus intelligible la portée de celle observation. Après avoir énuméré ses grandes qualités, le littérateur égyptien lui met dans la bouche d'énergiques alfirmations sur sa véracité; j'en extrais les deux phrases suivantes :
kai-{H)tm pu na meier-nà ' an as âbâ dm.
Ce sont iiips qualités que j'atteste , il ny a, voici, aucun mensonge.
n'a évidemment ici d'autre fonction que de relier le second terme au premier, en donnant plus de force à la négation. Il en est de même pour J=^ kmH trdoncTî dans la seconde phrase :
an kart tes~(u ful-t pu nie suha-nà em
kar-u.
Ce n'est donc pas un arrangement de paroles (fait) pour me vantera tort'.
L'ordre général du discours aidera toujours à faire celle distinction. Nous retrouverons encore notre néfjation T^ . soit dans des locutions complexes, soit dans les prohibitions et dans la négation inlerrogalive.
380. La particule fcw, qui s'écrivait 1 m, 1 Ç, et même avec 1 seul, a pour radical j ^ bu crlieu;?) de là proviennent deux sé-
' Musée du Louvre, C, grande stèle iYAnlef, I. îii. ^^Z. t^^ ff disposer, » appliqu<^ aux paroles, signifie ^rdes phrases.»
ries grainmalicales très-divergentes : dans le premier cas, bu devient une particule abstractive, analogue au ^nT copte, ainsi : ] %|l &u-?7iâ signifie cria justice ^t) Dans le second cas, ce mot devient une négation, comme en français : trpas, rien.iî On peut reconnaître une trace de son origine dans l'exemple suivant, où il figure, après le verbe, comme complétant «n, et sans altérer le sens négatif. Il est dit des mystères du Nil, dans l'hymne du Papyruê Sallter^ :
àn-rex^tu bu ntuf àn-kame em tepeh-tu (utu).
On ne le connnit pas, on ne le trouve pas dans les cabinets des livres.
381. Néanmoins, dans Tusage ordinaire, cette particule suffit seule pour une négation parfaite.
Ce qui marque surtout la différence entre '^^^ et I Ç, c'est que le second est très-rarement appliqué à une proposition initiale ou indépendante : il y a presque toujours un caractère de relation, plus ou moins marqué, dans le membre de phrase qu'il sert à nier. Voici quelques exemples des locutions où il est usité :
bu-àr-f'Sotem à-^r-tu nef em tôt.
Celui qui n^ëcoute pas, on agit avec lui par la ninin\
On se servait de j Ç, soit redoublé, soit combiné avec J ben, pour les négations répétées (rni . . . ni . . • tî
Les courtisans de Ramsès II disent des merveilles de son règne :
' Slèîe d'Antef, I. 16. Voyez l'exemple * Pap, Sallier, n** 2 , XX, 1. 8.
ci-après. i»3^\\T: peut très-bien être ëgal ^ Pap, de Berlin, Kollei*sche Samm-
à J^ ^ bu-nte, comme Ta explique lung, ll,i>. M. Brugsch.
118 CHHKSTOMATHIE KGYPTIENNK.
J>L:<{rriJv<i,i|
bu ptar-na bu sotem-na, etc.
Nous n'avons ni vu ni entendu (qu'il y en ait eu de pareilles).
La place ordinaire de hu est après un antécédent : on expose, dans le premier membre de la phrase, ce qu'on va nier dans le second. Ainsi, dans le voyage du Papyrus Anastasi, au milieu d'une foule de phrases analogues, et après la mention de diverses régions, on lit :
^M ptar-k fié-(t) cm ter mesi-k
Tu ne les a pas vues depuis la naissance \
382. Cette négation peut être jointe, soit à une exclamation ou à une conjonction, soità l'auxiliaire I % rtw. \\i Papyrus Abhollj il est question d'une dénonciation dont la teneur n'avait pas été vérifiée : cries paroles qu'avait rapportées Psar, chef de la ville:
ia bu- art pid- ret pehu-n.
Certes mon pied ne les a pas pu atteindre '.
383. Dans le composé J? I Ç «w bu, l'auxiliaire au est réduit au rôle purement conjonctif : dans le fiécit des deux frères, les messagers viennent rendre compte au roi de leur mission :
' Pap. Anaatasi, XX VU, 7. Les traduc- duclion de M. Cliabas ; ret est ici un ty|>e
lions de MM. Chabas et Brugsch ne s'ac- pronominal, rrnion pied» pour wnioi ;»
cordent que pour ce passage , et c'est ce varianle amenée par le veihepe/ni ital-
qui nous Ta fait choisir. teindre. «
' Pap. Abbott, VI. Comparez la (rn-
du bu-ai-t na-semi er tatân-t pa-^s
àu-xolebu-iten bâta.
Mais ne vinrent pas ceux qui étaient allés à la vallée du cèdre, car Bâta les avait tués ^
De même, dans le Papyrus judiciaire de Turin, après la mention de la sentence des condamnés, le texte ajoute :
du-u-mer-un tes-u du hu-dri-t
tai er-rtHtt,
Ils sont morts eux-niêrnes et il n*a pas été fait d'adoucissement de peine pour eux '.
38d. Notre négation a quelquefois, surtout avec rinfinitif, la même nuance absolue que ][[^; la sentence suivante du Papyrus de Boulaq est très-instructive pour l'appréciation de cette locution :
pa-mestet ufefau ' ai bu âsau nef bu
M*Ms,'Ayi\.s\,
9€X/iex P^h^ pa-pahrer-tu.
Celui qui déleste les retards vient sans qu'on l'appelle, (et) sans se presser, arrive le
bon marcheur '.
' Pap, d'Orbiney, XI, «j. monstralifs : la phrase allouée dans sa
' Pap, judiciaire de Tttrin, traduction grammaire hiéroglyphique an bu ai peut
de Devéria; tait mot à mot rrenlèvement, aussi bien se traduire par nei il ne vient
prise" de quelque chose, est ici pour pas j» que par rr avant qui! vienne.» (Voyez
(T grâce , diminution de peine, i M. Bmgscli Brugsch , Grammaire hiéroglyphique ,
a proposé, pour la formule ^^J^, le n*9Qi.) sens du copte Jl^-TIB-TE savant que,^' ^ Pap. de Boulaq, XXI, i3.
mais les exemples cités ne sont pas dé-
385. Le iiièuie papyrus nous fournira un exemple pour une tournure dans laquelle bu'joua le rôle, plus souvent réservé à ^ Ik tem crue, de peur que,^ après une défense :
em-àr-lian-ek neketu kai bu àri-f-tesan
Noii aiïeiTc (iainimin nlleri, ne ascendal
rti I
em pa-k.
in (loniuin tiiani.
386. Cet exemple prouve que bu était usité dans les temps composés avec .<«>^«r auxiliaire, mais je n'ai pas montré d'exemples de I Ç J Ç «^ ^" I ^ e m^ ' ^'^ pareil cas on se servait de J . Le verbe ■% forme , au contraire, des combinaisons importantes avec cette particule; on en remarquera deux variétés qui ne se confondent pas : avec l'orthographe ■ m pu^ le verbe reste invariable, il peut seulement recevoir la finale «m tu qui lui donne la va- Icurdu participe; mais il redevient variable avecla forme ■ jkll P^^-
On peut suivre ces transformations dans les exemples suivants :
bu pu un ùit-t mâ-d lieru paik-
sen scràu.
Personne n'a parié avec moi (excepte ton jeune Cn'îre).
C'est le'discours de la femme d'Anpu '. Bupu-tu s'employait pour
' Pap, iVOrhiney, V, i . Voyez un aulre àùiu re^ p^h^-f 'fies voleui-s n avaient pas exemple, Pap, Abbott, II, i8 : bu pu na- pu y pénétrer.'»
l'actif et pour le passif: au Papyrus AbboU^ voici le résultat de l'une des investigations des grands juges ^ :
kami't na-ret-u du bu pu^tu-rex ta-às
neb em ta ds-l per-âa, etc.
On trouva que ces lioinujes ne connaissaient aucune place dans i endroit appartenant au Pharaon, etc. (mot à mol : les hommes ne connaissant pas).
La même idée est rendue par le passif, à propos d'un autre individu^ :
bu pu-tu kam-iuf au ^^X'f ^''^'^ ^^^ ^^ ^P^* ^^^*
11 ne fat pas trouve connaissant aucune place Ih , excepté , etc.
387. Nous avons dit que le verbe /?ti devenait variable sous la forme ^11 put y le Récit des deux frères offre un exemple du féminin bu puis. Au moment où Anpu arrive à sa maison, sa femme ne lui présente pas Teau suivant son habitude^ :
du bu pui'8(ty8tau er-hâ-tef
Elle ne (il pas de Imnière devant lui.
La formule du passif ou du pronom indéfmi devenait bu pui-lu;
* Pap. Abbott, VI, lA. Traduction de ^ Pap. d'Orbiney, IV, 9. M. Maspero
M. Ghabas. Comparez, ibid. VI, ai ; du- a cilé un exemple du masculin, tire d'un
bu pu-tu iia-kat'U fat smi tret les ouvriers papyrus inédit. Le passage du Pap. d'Or-
n avaient pas fait de rapport. «? biney, quoique légèrement altéré, est
^ Ibid, V, 5. néanmoins lu avec certitude sur Toriginal.
122 CHHESTOMATHIE ÉGYPTIENNE.
le Papifims AbboU parie encore, dans la même enquéle, d'un tombeau coinniencé pour un prince et qui avait été laissé ouvert :
du bu pui-ttt-kras àm-f
El l'on n'y avait fail aucuue violence *.
La variété o oll &u ^m s'employait quelquefois, même lorsque Ton n'avait pas besoin d'affixes ; c'est ce que Ton voit dans une phrase du papyrus judiciaire, dit Papyi^us Rollifiy où la formule sert à nier le causatif et équivaut à (r noile, non sinere ^. ti II est question des manœuvres magiques employées par un individu dans un but coupable :
-.wJ^ÇlIl/^Xi Si ^ m ^ -^^^^ — lAiii
nU bu pui pa-râ la-t yeperu rufthf àm-u
Mais Phra n'a pas |)eroiis qu'il réussisse (analysez : Que n a pas été Porrâ donnant devenir réussir lui en elles).
388. La négation J ben ne diffère de la précédente que par la nasale; elle est cependant soumise à des règles particulières dont plusieurs ne semblent dépendre que de l'euphonie. Nous avons déjà cité les variantes du rituel qui donnent à ben le caractère initial , à la place de T^ cm :
ben ta-à âk-ek er-à , etc.
Je ne te permets pas d'entrer sur moi *, elc.
* Pap, AbboU, V, 3. Telle est la tra- ce doute n'influe en rien sur la forme
duction de M. Chabas : kras signiGant éga- grammaticale.
lement ensevelir et le tombeau étant reste * Voyez Devëria Pap, judiciaire, V, 3.
ouvert, je traduirais plus volontiers : ^ Todtenbuch, cxxv, 53 et suiv. Va-
rret Ton n'y avait enseveli personne, n mais riantes des inss. du Louvre.
DU VKHBE. 123
Ces cas ne SQiit pas rares; cependant ben est aussi usitée comme négation dépendante.
Dans la combinaison Iç J au ben, au reste purement conjonctif, comme loi-squ'il précède bu^ ; mais ben se distingue du premier type par l'emploi que l'on en fait dans les temps composés : J j ^ befi àu-ky J ^ ben tuk sont des formes très-usitées. L'exemple est encore fourni par le Récitdes deux frères; Bala, après avoir vivement repris sa belle-sœur, de ses paroles honteuses, lui promet le silence :
/er ben àu-â-er-ta-t p€re^ em ro-« en ret neh-i.
Or, je ne le ferai pas sortir de ma bouche pour aucun homme.
Cette négation est souvent usitée après | , annonçant des paroles citées textuellement. Le Papyrus Sali se sert plusieurs fois de celte locution^ :
her tat ben àu-^- à-àr-tu.
En disant : Je n'ai pas fait (cela).
Il est remarquable que la simple addition de ïn ait donné à J ben la faculté d'attirer à lui les affixes : J ^*^^ ^ -^
^(Cx ben-à-er-tàrse-'f ei^ hame-t y crje ne le laisserai pas retourner en Egypte,?) dit le prince de Bakhtan, en parlant du dieu Xmis^.
389. Le décret de Canopus nous oflrc, à la ligne 21 , un bon exemple de l'optatif négatif (une conséquence qu'on veut éviter) :
* Voyez ci-dessus, n* 383. — " Voyez Pap, Sali, revci*» l, 9, 19, i3; traduit par M. Chabas. — ^ Stèle du prince de Ba}(tan, J. 9.3.
«• ften-* sesexen )(eper.
Mot à mot : Pour que ne pas cela , rëvënemeut arrive.
Après avoir rappelé ici le rôle de J redoublé, ou combiné avec I Ç buy pour ni ... ni ... \ il ne nous reste qu'à faire voir la place qu'il occupe dans le conditionnel. Le Papyrus Abbott y interprété par M. Ghabas, rendra cet ordre sensible, dans la phrase suivante ^ :
dr tai àpu à-ari-ten em pa-heru
ben àpu uuna. . .
Si celte dëclaration (que) vous avez faite aujouixl'hui n'est pas une déclaration reconnue
exacte , etc.
On voit que le sujet complexe est inséré en entier entre le verbe àr et l'objet à nier.
La tournure copte B^pE. . .TW ou ^yT-W- est très-analogue à celle-ci. Nous retrouverons cette particule à la négation interrogalive et aux prohibitions.