Les noms des villes, régions et nations étrangères réu
* Cet usage fait bien comprendre les variantes du nom de la déesse Hathor, qui
signifiait (r)a demeure d*Horus, ni 1 ^
* Proi)ablement la pOK'K^ du prophète Nahum; cette transcription indique que dans la composition le * du groupe Q^ ne devait pas être prononcé,
^ La géographie de M. Brugsch a fondé
cette partie de la science; en y réunissant les additions successives faites par Fauteur, les textes géographiques publiés par M. Duemichen et Téiude sur les textes géographiques du temple d'Edfou par M. Jacques de Rougé, on peutser^arder aujourd'hui comme en possession d'une grande quantité de noms de lieux égyptiens bien déterminés.
* Voyez n* i ûo.
22 GHRËSTOMATHIË ÉGYPTIENNE.
nisseni quelquefois le poteau 1 aux signes i-j-j, Q, etc. mais cette addition n'est pas constante. Dans les décorations comprenant des séries de villes conquises ou de nations vaincues, on renfermait les noms dans l'enceinte qui représente une clôture hérissée de tours quadrangulaires. On y trouve soit des noms de ville, comme Màkeiau RMageddOiii soit même des noms de contrée tels que Naharen (Naharaïn) ou la Mésopotamie.
ra
Nous avons indiqué ci-dessus' les précautions dont il convient de s'entourer dans l'appréciation des noms propres et en général des mots étrangers à l'Egypte. Ces noms sont écrits avec des signes purement phonétiques; il arrive quelquefois néanmoins que le scribe ait été instruit du véritable sens des mots qui composaient le nom propre à transcrire en hiéroglyphes, et qu'en conséquence il se permette de l'enrichir de délerminatifs". C'est ainsi que le mot Naharaïn, qui signifie nies deui fleuves (la Mésopotamie) , 1) est quelquefois écrit -v fj Ik^ \\ Ijk ^ Naharina avec le signe des eaux szzc. il en est de même du nom d'homme 1 ^ '^i Takerel (pour Tiglat) ' parce qu'il était emprunté au nom du Tigre. Parmi les noms de ville, celui deBeith-anat (njyn^n) présente deux déterminatifs quand il est écrit i^SK 1 1 j I fp baità-âiUà; l'écrivain a introduit le signe C~3 parce qu'il savait que bait signifiait Kdemeure,w et l'urfeus Fp pour montrer le caractère sacré du nom de la déesse Anla''. A la première vue,
' Voyez D* 1^0. ' C'est )e TakeUothis de ManëlfaoD,
• CeUe remarque s'opplique, h plus nom emprunW aux Assyriens, comme
forte raison, aux mots empniii tés aux beaucoup d'autres, sous la XXII'dynastte.
langues étrangères et introduite dans les * L'ortb(^raplie^'~| ] \^ nwchi est exac-
telles. tement conforme îi l'ortliographe phâiî-
cette liberté oppose quelquefois des difficultés très-sérieuses à la lecture correcte des noms étrangers; mais elle peut devenir un secours quand on a reconnu l'idiome auquel appartient le nom à déterminer.
RAPPORTS DES NOMS (djÉCLINAISOn).
143. La langue égyptienne n admettant pas de terminaisons variées suivant les cas, les rapports des noms y sont fixés par des particules dont la liste est très-abondante; ce qui constitue une grande richesse dans l'expression de ces rapports. Leur détail se trouvera réparti dans les diverses parties de la grammaire^ nous nous contenterons d'indiquer ici sommairement celles de ces particules qui répondent plus spécialement aux cas que les grammaires des langues ariennes nous ont habitués à distinguer.
Le nominatif, ou sujet de la phrase, présente ordinairement le substantif isolé; il existe cependant, ainsi que nous l'expliquerons plus loin, une formule très-usitée, dans laquelle le sujet logique, l'agent, est afi'ecté de la particule an ainsi écrite : \ , 1 A, I /[i OU même a 1 ^
làà. Le génitif se rendait de la manière la plus concise par la juxtaposition de deux substantifs, le sujet (l'objet possédé) occupant la première place, suivant l'esprit de l'état d'annexion dans les
langues sémitiques; exemple : \l^éiJ J Pif^Éki J ^^ ^^ ^ m àsàr cr Horus, fils d'Isis, fils d'Osiris.T) Peut-être cette sorte d'état construit amenait-il quelque changement dans la prononciation, maïs nous ne pouvons pas le constater* dans l'écriture égyptienne. La particule du génitif est p^**^ n, formes moins anciennes ^i
cienne r^V , du nom de cette déesse, ré* ci-dessus n** && , note a,) — * G*est ainsi
cemment trouvé dans une inscription que le mot har, le nom d'Horus, parait
cypriote par M. de Vogué. avoir été prononcé har dans ia composi-
^ C'est un exemple curieux de la sup- tion. {Gom forez Arstesis , Arendotes, i4r-
pression de la nasale dans Técrilure. ( Voir saphes, etc. )
et 9; exemple : jT
■4ftcx I ^a
^ nuler nefer râ n kame (p(Le) dieu
bon, soleil de l'Egypte, d Le copte a conservé H dans ce même sens.
Quand l'antécédent est au pluriel, on trouve souvent la particule * nw ^ ; exemple : 8 I /TA i^'m^^ À ^ helhu neb nu àsàr ^ toutes les fêtes d'Osiris. -n Dans les textes du premier empire, l'orthographe ordinaire est V ; exemple: (les nègres) v ^ nutes-^
peten <r de ces régions ^. -n
La particule '^*^ nte, formes moins anciennes ^^, ^ , *, remplace n dans ce même rôle. C'est le copte hte; sa valeur réelle est iidée du îelatit; exemple : ^^ I «^1 .^|
sa n senrt nte mort nie morlf «rie fils de la sœur de la mère de sa mère tj (l'oncle à la mode de Bretagne ').
Le génitif, quand il s'applique à l'état ou à la matière du terme antécédent, est habituellement indiqué par la particule ^ jk ou .i=; exemples : ^ jL^ fk ^ ' i x« m toru (r beaucoup de pains, i? T VI (A«A-u*) m renpe-tu «rdes millions d'années,?) •-•
\k A^^ (Â^nii) mmtt a des vases d'eau, i»)
1 45. Le datif possessif introduit le terme conséquent par la particule n^
* Champollion ( Grammaire, n" 1 63, &) prend le groupe ^ poar le pluriel de Tarticle possessif; mais cette formule est bien plus anciemie dans la langue que l'emploi de cet article spécial.
' Inscription d'Unà, 1. i8. Voy. Mémoire sur les sixpremihres dynasties, pi. Vil.
^ Cet exemple, tire de la Grammaire de Champollion, n"* 170, a l'avantage de montrer comment ëtait indiqué le lien des parentés éloignées.
* Nous mettons ainsi entre deux parenthèses la transcription des signes idéographiques, chaque fois que la polyphonie on quelque autre motif la rend douteuse pour nous.
' Comparez Champollion, Grammatre, n"* 171. Nous avons choisi cette formtde, qui résume si admirablement le précepte* divin de la charité, parce que la transcription et la traduction avaient, besoin d'être rectifiées. Champollion traduit : ttà ma faim, k ma soif, etc.» et M. Birch [Grammaire, p. 6â3) a laissé passer cette erreur. On trouve souvent la formule à la 1" personne : (tJ'ai donné des pains h rhomme affamé, etc.)) ce qui ne laisse pas de doute sur le sens ; Vj^ est ici la caractéristique de fadjectif verbal, ou participe présent. (Voyez Champollion, Grammaire, n' 39^.)
EXEMPLE
er-târnef Uni n heier mu en àhe
Dédit panes esurienti, aquam sitienti,
Kehes en kauu,
(et) vestes nudo.
Le datif de direction ou du but de faction se sert également de
la particule n; exemple : ^^ j ^ Il iat-f tv-sen cr il leur
dit. T) Cependant les particules présentent ici une grande variété; exemple : V j j^ ^^"-^^^ ^^ j J '^**^**^ useb-sen j(er nuter-^sen «r ils répondent à leur dieu. •» Le choix dépend des verbes qui précèdent et des nuances de la direction.
146. Le locatif se divise également en nuances bien tranchées qui amènent une grande variété de particules. La direction vers un lieu précis est indiquée par -<=> er, en copte ^ E ; exemple : ffîS
V— I M^ ^^^^ '^^ P l^^^"^ sep-nà (ua-tu) er sebe^-tu «rj'ai pris les chemins vers les pylônes, n
W ou ▼ hei\ ha^ qui signifie au sens propre cr sur, fi indique la direction d*une manière plus générale; exemple : trSa Majesté alla fl ▼ s==> * ▼ ha retennu hur-t (r dans la région du Re-
tennu supérieur. ?> Beaucoup d'autres nuances analogues seront étudiées au chapitre des prépositions; citons seulement encore ici j^ m et la forme pleine i jk , T ji âw «r dans, dedans; a exemple : "^ \k âkmro t( (un copeau) entra dans la bouche ^. t)
* La lettre r s'est adoucie en e, comme presque toute la grammaire. Comparez
dans d'autres fiqales; Forthographe ptolë- I ^^ au/* transcrit e^,
maïque, pour la même particule, devient * Histoire des deux frères^ p. 18, 1. 5 :
^Ç du, exactement égal au copte E; car ?r Pendant que les charpentiers abattaient
à n est que l'aspiration et Vu vague pa- les deux persëas, un copeau vola et entra
rat t correspondre à la prononciation e dans dans la bouche de la princesse. y>
147. L'accusatif n'a rien qui le disting^ue dans le cas du complément direct des verbes transitifs.
La particule jk ou ^i= m^ indiquant l'état, a un très-large domaine; elle régit les compléments du verbe être^ ainsi que nous l'expliquerons; elle est, dans ce cas, représentée en copte par la particule JtSJtxo , qui se joint seulement aux pronoms après le verbe être; exemple : I % »^ ^ = I 3) àur-à em sera «r Tétais enfant ^ y^
Le vocatif n'est affecté d'aucune autre particule que les interjections; on peut seulement y signaler l'emploi fréquent de l'article simple ou démonstratifs, usage que la langue copte a conservé.
148. L'ablatif (latin) réunit des sens variés; la plupart correspondent à la particule m jk ou j=, formes pleines I jk^ Tjk.)
. L'ablatif locatif se servait de m, soit dans le sens de la station, exemple : jk ^it 1 \ em pif pa ^ (Elle demeurait) dans sa maison *, n soit dans lesens de la sortie , exemple : -c=» jk père emro ^ sortir de la bouche *. -n
Les ablatifs instrumental et causatif se rendent également par
m ou àm; exemple : M | j jL^ILl!!^ i ji [71 1 1^^^ i ^^^ ^^ ^^ ^ '^"■ bourer avec la charrue, n
Il en est de même pour la matière; exemple : ^^11 jk
^V\V/ uerri-t em hat nub (run char en argent et en or;^
iK^P 1 ml X^^^ ^^ xi^bet cr ornement de lapis-lazuli. t)
Enfin, la manière et la modification; exemple : AJ i
ta kame-t em l^eÏMi «r (Le roi) a mis l'Egypte en fêtes, -n
' Inscription du tombeau SAhmes, * Voyez ci-après, n* i6o.
chef des nautonniers, 1. A, mot à root : ' Histoire des deiêxfrhres, p. 9, 1. 9.
(rà Tëtat d*enfant. » * Ibid. p. A , I. 1 .
1^9. Le copte possède un article indéfini, dont le singulier est 0"X, abrégé évident de o^B a un. 19 Nous n'avons remarqué rien de semblable dans les premiers monuments de la langue égyptienne; mais on trouve souvent, dans le langage du second empire, un emploi du pronom vague 1 tiâ cr un ?) qui équivaut exactement à l'article indéfini de la langue copte : uà se combine alors trèssouvent avec la particule de jonction m^^^*^ n; exemples : ^ifl $^^0^ J^^ uâ-Vr-sefent «r un glaive, t) ^' j fc^ J^ 1^11 «â-n ta tai
«fun enfant mâle, ^' ^ m^***^ uà~n mu àa tx un grand cours d'eau ^ D On voit naître dans cette locution l'article copte 0"5 , qui, dans l'écriture démotique , se distingue déjà du pronom vague uà par un sîgle plus abrégé ^.
L'article indéfini pluriel est, en copte, ^^^^ ^^^'^^ ' ^^^ d'analogue n'a été remarqué dans les textes pharaoniques *.
150. L'article défini* existait depuis une très-haute antiquité, mais il était rarement employé , en sorte que l'on peut considérer l'abondance des articles comme un premier critérium à appliquer pour apprécier l'âge relatif des textes égyptiens.
L'article masculin se compose de la lettre p à laquelle s'ajoutaient diverses voyelles vagues. La forme la plus ancienne est ^t p; avec la voyelle, ^iC i^P^> ^^ P^^ l'orthographe pléonastique 'K\' °" ^'•«"^^ également }(W \ pai et y^\ \ox^yÇ pi. Les formes i, ■ w sont également pharaoniques ^ Les divers
' Histoire des deux frères, p. 6, i. 6; * La forme ■— ^ indiquée par Cham-
p. 7, 1. g, etp. 8, 1. 9. pollion est au contraire de très-basse
* Voyez Bmgsch, Grammaire, n* 168, ëpoque; dans les exemples de noms cornet dans son Tableau général, n' 199. posés qu'il cite, le signe f— ^ est pris pour
' Cette forme peut provenir de ^JL JL her rth supërieiu*, »» ainsi qu'il Ta lui-
hâ-n frun nombre de » même reconnu. (Voyez Champollion ,
* Comparez Champollion, Grammaire, Grammaire, n* i63.) n" i5& et suivants.
articles masculins du copte tt,t1e, tu, ^\ ont conservé fidèlement la prononciation égyptienne.
L article féminin est ^ jk to, les formes L |\l , Il sont plus rares et plus récentes. Cet article était encore moins usité que le masculin dans la haute antiquité; le genre était simplement indiqué par le m final. Ainsi que nous Tavons fait remarquer, la forme antique sans article s'était conservée dans la prononciation des noms propres féminins, même après l'introduction de l'article dans l'orthographe écrite. C'est ainsi qu'on prononçait ce Senisis tj le nom écrit déjàn^l^^ ^ | %i ta'Se-t-4iràs (la fille d'Isis). Les formes coptes T, 0, ^E, "^ sont identiques avec les anciennes.
L'article pluriel est "k na pour les deux genres. On trouve indi£féreniment les variantes "V , "km; est plus rare; >»**^ seul se trouve surtout à l'époque saïte. La forme ^\l » ^ i^ ^'^^' troduit vers la XIX® dynastie. Le copte le transcrit exactement par îTF., m.
151. Nous avons vu tout à l'heure la particule de jonction n complétant l'article indéfini uâ; la même combinaison a produit l'article pluriel de la forme na-n dont l'usage est très-fréquent;
exemple : "V ^*^•»i*-^ tttît tK."}?! 1^ I ll^T ^'^'^ ^uabu « les perséas^ n Cet article pluriel est quelquefois remplacé par le groupe 1 1 nen ou ses variantes M^ ^ ^^ ; exemple • ii M **^ nuter-u (fies dieux ^T) Le copte a conservé la forme identique heh'.
' Histoire des deux frères, p. i8, 1. i. ' L'existence de cet article pluriel an-
, T %• 1 1 1 .1 i tique non, «CTi, me fait croire que Peyron
La position de 1 1 , avant le sub»- ^ . ,., ,, , . i
1 1 a eu tort de considérer 1 emploi de nEn
tantif , doit empêcher de le confondre ici comme fautif pour l'article pluriel du
avec l'article démonstratif qui se place copte. (Voyez Peyron, Grammaire copte,
toujours après. p. 3i.)