ARTICLES DÉMONSTRATIFS
152. Le copte possède une classe d'articles démonstratifs : singulier masculin, ttm, tteï «ce, cet; t) féminin, T&ï , teî cr cette ;■» pluriel, iv&^l , HEI (t ces. -n Ces articles apparaissent en démotique sous les formes /nii\ toi, nat; mais, ainsi que le remarque M. Brugsch \ ce fait ne se manifeste que dans les textes démotiques les plus récents. Ghampollion enregistre * comme ayant la force d'articles démonstratifs les groupes : masculin ^K^ 1 1 ou ^K^ \l pai; féminin n^lkl I ou n^lj^ tai;f\.iL\\nai. L'emploi de cette sorte d'article est rare; les cas remarqués par Ghampollion sont tous tirés du grand récit du combat de Bamsès II contre le prince de x^to> ^u Ramesseum ; voici le texte du meilleur exemple ' :
ptàr or-fionfefem em toi vnui etc.
Voici que j'apprends dans cette heure, etc.
153. L'article démonstratif le plus usité dans les textes égyptiens se distingue par un caractère tranché; il se plaçait toujours après le substantif ainsi caractérisé. On en connaît deux variétés; la seconde présente encore l'addition de Vn :
Singulier masculin ■ m 1 1 P^U variantes Im ,l^,lmjmet même
^ Voyez Brugsch, Gramnuiire, n* 17/1. duant pour le pluriel x\\ nai, parce * Voyez Ghampollion, Grammaire,
û * •>?• qu'une des versions porte X m na avec * Le texte, tel qu'il se trouve dans la ^
grammaire de Ghampollion, est fautif; il le signe du pluriel : c'est Tarticle ordi-
faut ici compléter l'inscription du Rame»- naire.
seum par celle d'Abou-Simbel. L'exemple * Pour cette variante, voyez le n"* Ss ,
tiré du même texte n'est pas aussi con- note.
Singulier fëminin nàmll tui; variantes oll> a » a\^ très-rarement
tfi.
Pluriel commun I ■ m i âpu; variantes I ■ m , 1 ^
Gonime la voyelle vague u répond presque toujours dans la grammaire à un E copte, les formes put y tui se retrouvent dans les démonstratifs HEî, TES; mais le pluriel àpu est remplacé, en démotique , par ni y et en copte par keï , qui se rapportent à Tarticle précédent. Ces démonstratifs , se confondant de plus en plus avec le rôle grammatical des articles, étaient déjà, en démotique, passés devant le substantifs
pen; variante ^ plus récente.
ISà. La seconde variété est également ancienne;* elle est caractérisée par la nasale :
Singulier masculin
Singulier féminin ^ ou = te»; Tariantes* j
Le pluriel I âp^est plus rare; exemple : /T\ li- fieb-u àpen^.
Le style du premier empire employait pour le pluriel de l'article démonstratif la forme * .^ peten. L'inscription d'Una montre plusieurs fois les groupes ^ ^a% ^^ *^ {tes-tu) peten a ces régions d ^^ TV^ ^ M^ U^ M^ ^ tes-tu peten «r ces soldats *. n
Cet article démonstratif augmenté de la nasale apparaît encore quelquefois dans les textes démotiques; il est complètement perdu dans le copte.
^ Voyez les exemples dëmotiques dans Brugsch, Grammaire, n* 179, put alu (rcet enfant, 9) m huu «rces jours. 9»
' Inscription de Rosette, 1. 1 1, et dans ]e même endroit hru-u àpen irces joiu*s.n (Voyez GhampoUion, Grammaire, n** 1 5 9, pour les nombreux exemples des dëmonstratiÊ pen et ten,)
' Voyez , dans le Mémoire sur les six premières dynasties, Imscription à'Una, aux lignes 18, sa, a8, 3o. On reconnaît
par les exemples cit^ici que le moi peten est bien au pluriel. M. Brugsch, Dietionnaire, p. A 67, donne cette même forme peten comme appartenant au singulier, dans un texte qui m*est encore inconnu.
Le papyrus de Leyde, expliqué par M. Pleyle , présente la forme ^ ^j^ àpten qui n'est qu'tme variante de àpen. (Voyez Pleyte, Études, p. 86, ^^îml!J àt-t^ àpten crces membres à ]ui;» àpten, dans ce texte, est en parallélisme constant
155. L'article pluriel 11 nen s'employait également avec la valeur démonstrative; on le mettait alors après le substantif; exemple : — ^^«^ii I Immi^i^ I^u nen «ces chefe^i) Trèsnsouvent aussi 1 1 nen est employé pour le neutre : «r ceci, cela, ces choses, -n comme dans les locutions fk ^^ i .. m-y(el nen (t lorsque ces
choses ^furent arrivées),!^ ou ▼ T . I her sa nen cr après cela,?? et y I ma nen cr comme ceci, comme cela.-»
DE L'ARTICLE ATTRIBUTIF.
156. Le copte possède un article spécial impliquant attribution du sujet de cet article au substantif qui suit : singulier masculin sahidiquen^-, memphitique tt& , c))^.; singulier féminin sahidique T&, memphîtique ^B, 0&.; pluriel \M>. Le langage démotique les possédait également^, et les transcriptions grecques tzra, ^a, ra, 6a en donnent la prononciation. Ces articles jouent le même rôle que larticle grec dans les locutions ô toO, o tv^j if toC, etc. Champollion indique , pour cet emploi de l'article , les formes ^* j , ^^ g pàytà, qui sont de très-basse époque ^. Dans les textes pharaoniques on se servait, quoique assez rarement, pour le même usage, de l'article ordinaire pa, to, na; exemple : "V ^it *** Tl P ^^ P"'^
en per-àa « (Les chefs) ceux du pays du pharaon \ n
157. Les formes les plus usitées pour l'article attributif étaient
avec pen, qa'on trouve quelquefois aussi pour le pluriel.)
^ Voyez la stèle de Pian^i tnmamun, 1. ti.
' Voyez Brugsch, Grammaire, n* i85.
^ Voy. Ghampollion, Gramm. n* i6a.
Le groupe ^ \ que ChampoUion donne (n** i63, i6&j commelepluridde oetartîi4e est la parlicule de jonction usitée pour le génitif au pluriel. (Voy. ci-dessus n* i A A.)
* Grande inscription de Ramsès II à Abou-Simbel. C'est à tort, suivant nous, que M. Bmgsch confond sous le même article le démonstratif peu etTarlicle attributif /?aii> pen. (Voyez Brugsch, Dictionnaire, p. 667.) La place, par rapport au substantif, dislingue suffisamment ces deux locutions. Les signes ^^ ajoutés au mot roi constituaient comme un sigle honorifique.
pa-n^ UMi, norii, ou pen^ ten^ nen avec la particule de jonction n. Une série de noms propres est ainsi composée; exemples ; /» 1^^ T ^)^penr-basa cr celui du dieu Besa , t»^^ -^^k ^^ ^*^i penr^OHuer ff celui de la déesse Tauer. i»
Dans rénumération des chefs qui combattirent Ramsès II, toute la série est indiquée par la tournure suivante :
Por-uer en ânUu pen masa pa-uer en
ànmu pen leka ' etc.
Le chef d'ilr«(»^ celui de Moêa, le dieSSArunu, cdiii de Ldca, etc.
Le décret bilingue de Ganopus emploie cet article attributif pour
mdiquer la filiation : V^tf n^^2l-|i^PM %^ >JL Apulanites pen mâuskian traduit AT^ciXXœpiSov rov iiocrxlot)' vos. Cet usage n est pas ordinaire dans le style pharaonique , mais la langue démotique se servait à l'époque de ce dernier monument des articles attributifs pour désigner particulièrement la filiation féminine.