REMARQUES SUR L'EMPLOI DE L'ARTICLE
1 58. L'article singulier se place très-souvent devant un substantif au pluriel; c'est ce qu'on remarque surtout quand le nombre est exprimé. Les individus ainsi réunis semblent être envisagés comme une collection ; exemples : ^W[ 1|^ ^^ 1 1 pa àfle-ha^u
cr les quatre esprits, ^ h^^l^ ||| M ^ ^...^ to àfte-i mesT^en-t <r les
quatre demeures mes/en^ v m\L [A ▼ fn i ta sefe/^ ha-
' Papyrus Salfier III, p. A, I. 5. Le Mysicn, celui duLycien,» indiquant par texte de Karnak porte, comme variante, Tartide quil s'agit d*nn nom de peuple. pen p'tnasa penp-leka trcelni du
thor tries sept déesses Hathor;?? • i^® | | | Taportu^ «rie cycle des neufs dieux ■» ou, en générai, des dieux vénérés ensemble. On remarque le même usage avec des nombres très-considérables,
comme XÎÎ\VZl!f ^{"^ ^ ('''^''^) (â).n-A^tor cries deux mille cinq cents biges^. •» Je trouve également l'article singulier pour le duel : ^^VttttV ^ V | V ♦ , , p>-^atmfeti sen «r les deux perséas *. -n
159. L'article s'employait aussi devant les adjectifs; exemples : ^t ^^ p-àa ff le grand, t) ^it 3) p-serau «r le jeune, le petit, w II détermine aussi certains pronoms vagues comme ^K^ < p-uâ vYuii'n Jm^ Il torketta tr l'autre tî (féminin). Nous le retrouverons encore dans divers composés, au chapitre des pronoms.
L'article détermine quelquefois , au lieu d'un seul substantif, tout un sujet complexe; exemple: ^iC \l I ^N ^^ '**'***^ f«-û^ (T ce qui nous a été dit, n mot à mot (r le qui a été dit à nous ^. -n
160. Les articles s'employaient au vocatif, et le copte memphitique a conservé cet usage ; aussi les rencontre-t-on très-fréquemment après les exclamations ; exemples : j|) ^it M i
J % à! p-àfte àànir^ àpu crô (vous) ces quatre singes *!t7 I
^^Él ^1^ I ^ ^k \ ^ ^XP^ betau àa! (t ah 1 l'infamie énorme ! n
(quelle grande infamie ! ) ®.
Dans les allocutions, l'article démonstratif suivant le substantif
* Je ne crois pas que dans ce terme collectif le groupe j*^] doive être prononce : je le considère comme détenninatif.
• P. Pentaur,p. 3, L 9 (P.Sallier, III), litt. rrmain ou paire de chevaux.» La prononciation de ^ J dans ce sens est douteuse.
' Histoire des deux frères, p. 18, 1. 1.
Comparez ibid. 1. 3 : nan Mauabu enper-âa
rlespersëasdu roi,» avec Tartide pluriel nan, le nombre n étant pas exprime.
* HisL des deux frhres, p. 11, 1. 7 rr Le roi dit : c'est excellent ce qu'on nous a dit. »
' Todtenbuekj ch. cxxvi, 1; allocution aux quatre cynocéphales, purificateurs de rame.
• Histoire des deux frères, p. 3, 1. 10 , allocution de Batu h sa belle- sœur.
était extrêmement usité; exemples pour les deux formes : I^N |
j^^-^ à nuter pfi «ô (toi) ce dieuli) I J^ oll à àatu tut «ô
(toi) cette demeure 1 d |T^^ ▼ | ^^I ànt her-k nuter pen nefer
(T hommage à toi! ce dieu bon,7) 11 1^^ ^^ ^f^-^ ten ^6 (toi) cette chatte M T^
DES ADJECTIFS
161. L'adjectif ne se distinguait pas du substantif par une forme particulière. Le copte a conservé quelques adjectifs de ce genre, tels que noqpE = J^^^^ ^fa* «rbon, beau;?) mais cette langue emploie deux autres classes d'adjectifs. Dans la première, le radical est augmenté d'un suffixe personnel *^ variant avec le genre et le nombre, comme n^-HE (rbon,^) u&uec) «t bonus, t) hs^hec (rbona.T) La langue antique ne nous fournit d'exemples semblables que pour certains adjectifs numéraux qui participent de la nature des pro-
noms *,
Une seconde classe d'adjectifs qualiGcatifs résulte, en copte, de la particule n préposée à un- substantif : hKO*Y&. (r aureus n répond exactement à la locution antique jmmry [ n nub tr d'or. 7> Ce ne sont pas de véritables adjectifs.
Les autres formes adjectives du copte composées avec les préfixes E^ et EC\ , EC , etc. ont aussi leurs analogues dans les préfixes antiques 1% mSk àu-tu, i l^x^ àurf, iSkU àurs; mais les mots ainsi obtenus appartiennent réellement au paradigme du verbe, où ils constituent des adjectifs verbaux et des participes.
* Stèle Mettemich, allocation à la bleraient au premier abord indiquer la
chatte, fille du soleil. même composition que Tadjectif copte,
' Voyez-ci après, n** i6g et suiv. ils doivent, suivant nous, être expliqués
' Voyez, ci-après, le mot 9 fer, en par une ellipse. C'est ce que montre dai-
copte THD (^omnis, totus." Quant aux rement la forme p J PA»*>-*\^^Seiig^^wfty
noms propres analogues à R 'jT ik«^ ^^ où le suffixe est au pluriel. Voyez ci-dessus,
Sendhf, P J P ^Sentihi, etc. qui sem- n* iSy.
DES ADJECTIFS. 35
L'égyptien se servait fréquemment d'une forme adjective produite par les terminaisons t\ ai indiquant la dérivation ^ exemple: l^^ll^*^i àmeni «rrAmonien."» Celte forme se retrouve pour îe participe présent; son pluriel est en II mi m.
On trouve assez rarement la finale f^ll^^^^*' indiquant un ethnique; exemple nT i^M {sebti hatyai rr celui qui est du mur blanc?) ou memphitique ^.
162. La qualification des individus en général, soit comme habitant telle région , soit comme exerçant telle profession ou appartenant à telle classe d'hommes, était indiquée par Taddition d'un oiseau dont la figure varie singulièrement suivant les époques '• Le type ordinaire est \|. ou ^; peut-être idéographique à l'origine , ce caractère double ou remplace la syllabe ^ Uy prononciation affectée à cette dérivation; exemples : T* ^||^« àb-ttu cr orientaux , i)
A %|. I res'tiu «r méridionaux *, t) «î[ ^||^ u^« hen-tiu w laboureurs , -n etc. *
163. L'adjectif suit le genre et le nombre de son sujet; le féminin est souvent noté par la répétition des marques féminines m ou ^ t; mais les scribes ou les graveurs omettaient quelquefois ces compléments orthographiques. .
Le pluriel est indiqué, comme pour le substantif, soit phonétiquement par la finale ti, soit idéographiquement par i , quelquefois aussi par la triplication du mot; exemple : ||| ôo^-u cr grands. ?)
' Nous croyons qu*on peut chercher * Voyez Brugsch, Géognqfhie, p. 199.
Torigine de cette terminaison dans le Les exemples sont peu anciens. Cette
Yorbe J y^ « (forme pleine ^ J y^ ai) finale ethnique ai se retrouve notanmient
«r venir, aOer.» Il est certain que Tortho- en assyrien, en ëthiopien, etc. graphe du nom de Menés fait allusion à ' Voyez ci-dessus, n* 67, T. 7.
cette ëtymologie : JU|||||| J meni, tire du * Ghampollion, Grammaire, p. SaS.
radical mm. Cette finale peut être com- * Inscription de Pianyx, 1. 9.
parée aux dérivés sémitiques en \ n^.
Le duel est représenté aussi graphiquement par la duplication du mot ; exemple : 1 1 ^* ta/enriii uer^-ui «r deux grands obélisques, t) On écrivait quelquefois plionétiquement cette terminaison ui que les adjectifs pouvaient recevoir aussi bien que les substantifs; exemple : | | ^^^ % -, « ^ neter {sen) uer-ui âorui cr deux dieux grands, grands ^t^