‹ Chrestomathie égyptienne (volume 3)Chapitre 20 sur 84 · DES SUPERLATIFS · texte numérisé non relu

DES SUPERLATIFS

166. Le superlatif absolu se rendait par l'addition de certains qualificatifs pris adverbialement. Voici les formules les plus usitées : 10 L'addition de = wer «grand, considérable*;» exemples :

ce

Re Ga uer ctrès-grand,n æK ee à$u uer «très-nombreux, »

Re = - xu uer «excellent. »

2° F4 äker ne ou, avec le signe d la réduplica- D à tion O ou (), 1 LA äker àker, — À 10 er äker äker; Es

ble : Ave au EE 15 netem er äker àker «très- TA ee » ou «très-bon #. »

3° & = extrlort; exemple : ÎL: = än-f hat neyt «sa couleur est très-blanche 5. »

Er Be

* Titres d'Osiris sur la stèle de yermes, Canopus traduit x? æ cé» par

au musée du Louvre.

* Hist. des deux frères, p.,1. 10. Cette valeur de — gouvernant l'objet comparé se retrouve dans la locution LA Se — xu er «lemporter sur, valoir mieux que. ”

*; L'idée d'une quantité considérable en général est conservée dans la locution copte KO°XHP «quantus.» Le décret de

er aa uer.

# Histoire des deux frères, p. 2, 1. 7.

Cette forme de superlatif se retrouve exaclement en copte, où l'on ajoute aux qualificatifslesadverbes ERSZTTE, ELS-Z UT « valde,» et ERLATE EXSATTE « valde valde. »

* Brugsch, Recueil, p. 87, 1. 14. Cet exemple est de basse époque.

Nota. — On trouve encore diverses locutions amenant l'idée du superlatif; par exemple, la triplication du mot : == dé neb ne- Jeru «seigneur des grâces,» en grec ety&prolos; c'est une sorte de pluriel d'excellence. Le titre du dieu Thoth Î[T a àa, traduit péyas xai méyas, est encore un superlatif absolu.

167. Le superlatif relatif résulte quelquelois simplement de ce que le terme conséquent est mis au pluriel; exemple : [11e neter-u «le plus grand des dieux.» La particule de jonction n se trouve souvent écrite avant le conséquent : fan] g äa n neter-u tiu «le plus grand des cinq dieux,” px Ê ( 1 | ne- Jer-u en es Ni Pre ” 666 |

Le conséquent peut quelquelois être au singulier; sainsi LT LR 1 # \ LYS nor p-s (t) imu «le meilleur de l'herbe, » pour «les meilleures her bes 2.

À la place de cette forme, on employait souvent le comparatif ordinaire, en qualifiant le conséquent par un adjectif de totalité;

exemple :

ILISNINL TNT NE du-s(Ù) nefer em hä-tus(t) er se(t)-hime(t) neb(t) nt em 1o-ter.

Elle était belle dans sa personne plus qu'aucune femme du monde entier.

pour «la plus belle des femmes®. »

168. Nota. — L'esprit égyptien aimait l'accumulation des épithètes et des adverbes; aussi trouve-t-on quelquelois réunis tout à la fois les superlatifs relatif et absolu; c’est ainsi quil est dit du

frère aîné de Batu que «le roi l’'aima »

® Voy. Champollion, Gramm. p. 330. «herbes, car 1l entendait toutes leurs pa- * Histoire des deux frères, p. 1, 1. 10. “roles. » “Ses vaches lui disaient les meilleures * Histoire des deux frères, p. 9, 1. 8.

one M NAN Es

er äker äker er ret neb nt em p-ta er-ler-f.

Beaucoup, beaucoup, plus qu'aucun homme du monde entier”.

On ne devra pas oublier dans l'analyse de certaines phrases difficiles qu'une des formes n'exclut pas la présence de l’autre.

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