DES PRONOMS PERSONNELS ABSOLUS
178. Ainsi que nous l'avons fait voir, les aflixes n'exprimaient réellement que l'attribution à une des trois personnes grammaticales; ils n'avaient pas d'existence isolée et le pronom absolu devait
emprunter sa valeur personnelle soit à un substantif, soit à une
! Vovez Lepsius, Todtenbuch, ch. 1, 1. 2. Le sens exact du substantif untu est encore J P 0] 2?
douteux.
DES PRONOMS. h9 particule, épave elle-même d’un radical à valeur personnelle. L'application de ce principe a produit en égyptien une assez grande quantité de types pronominaux qui servaient à varier les nuances du discours.
Les particules qui contribuent à former les pronoms personnels peuvent se réduire à deux : en, développé en àn et en nt, et em. La particule mm en est usitée pour indiquer le relatif, comme en copte w, tout aussi bien que." 4 A ente, ent (copte WT7E), développé par le t final. Ge mot, en égyptien, signifiait même «l'être » d’une manière absolue :
AMMMA | mi | est donc «l'être par rapport à toi» ou «ce qui est toi, «ce qui est lui» (en copte NToK, To, ete.).
Pour la 1"° personne, le support est un peu différent, il semble
wi | Een es ñ = \ienti-u! se traduit par «les êtres; »
mBén |
entul:
Le" entuf
enti-u neb-t « tout ce qui existe. » Avec les aflixes, le
emprunté à la forme àn. Le copte nous montre au singulier zoK, zNK, zûtr et au pluriel zN0N, zut. En égyptien, le singulier est | ë KR énu. Le pluriel n’a pas encore été rencontré; la forme démotique äunen se transcrirait LES Le support àn ne nous paraît pas autre chose que la même particule mmm en, dans la variante À än avec la voyelle forte. Cette particule servait, dans va à introduire le sujet du verbe : EE. ! * Ai un ANR ANA T° MAMMA, än suten «est le roi.» En comparant dans cette locution le sens de än à la composition des pronoms de la 1"° personne énuk, &Wot, on
est amené à penser que le k y figure comme affixe pour la 1° per-
* Remarquez l'usage grammatical du signe me qui distingue ici le substantif entiu “être» du relatif enti « qui. »
* Champollion l’a donné, mais par conjecture seulement, sous l'orthographe de ÿyi M. Birch n'a Pas fait cette remarque en insérant ES fi dans sa grammaire, sans autre autorité. Voy. Brugsch, Grammaire démotique , n° 208, et Birch, Grammaire, p. 620.
* Le copie, au lieu de dr, emploie au même usage KXE , où le tt a la même valeur, renforcée par RE «scilicèt.» Cette construction sera étudiée plus loin. On voit que l'évyptien antique se prêterait peut-être plns complétement à expliquer la genèse de ces pronoms que les autres langues auxquelles ils appartiennent sous des formes peu différentes ; aussi en a-t-il conservé un tableau plus complet.
sonne du singulier, comme en pour le pluriel. La réunion des pro-
noms empruntés à ce type de particules forme le tableau suivant :
1 SINGULIER
1'e pers. m. f. À ë NS ânuk je, moi,» copte sahidique ZKOK!. en
ann mer É FIRE 2° POIS. M. æ À, æ entuk «tu, toi,» copte sahidique WTOK;