PRONOMS VAGUES ET PRONOMS OU ADJECTIFS NUMÉRAUX
203. Les grammairiens donnent des noms assez variés aux mots de cette classe, qui parfois ne sont que des adjectifs, mais qui, parfois aussi, ont le caractère absolu de véritables pronoms. Les adjectifs numéraux sy rattachent directement, car ils remplacent souvent le substantif auquel ils attribuent une certaine quantité, non défimie par un nombre précis.
Le mot égyptien & se est celui auquel s’attachait plus expres-
f LL A .
sément l'idée vague « d’une personne. » Nous le considérons comme lié d'origine avec les pronoms su, sen. Il est même pris substanti-
p. ‘ \ se-l, trèsæ
d'A d ° r \ hime-t «femme,» il forme le composé
-vement pour l'individu humain. Le féminin est
souvent joint au mot DEN de PS ; CS
«mulier,» car le radical simple se retrouve au pluriel Sion. Ce
. ee , \ . . e se-t-him-t, d'où provient visiblement le copte CS1e€
mot se est déterminé tantôt par l’homme S et tantôt simplement
* Avec ellipse de bu «locus» on trouve ellipse de bu est UN. XX FE
la locution =XLX— ll en IN pente .
pentineb su äm «en quelque lieu qu'il fût.» OÙ RTE F
.âm signifie toujours «le lieu
(Voyez le récit de la bataille de Kadesch à Abou-Simbel ct au Ramesséum, Lep-
sius, Denkmäler, 1, 153 et 187. Cette
* P. Pentaur. Papyrus Sallier, n°3, IV, 3. Le texte est rectifié par celui de LouqsOT..
DES PRONOMS. 77 par le trait E, qui remplace l'homme, comme dans d’autres pronoms. L'inscription d’Ahmès fournit de bons exemples de ce premier sens;
ce guerrier énumère ainsi les trophées de chacune de ses cam-
ON Si Tr er
än-nû hak-tu äm se any sen kep fie.
pagnes”:
J'ai ramené, pris de là, individus vivants, deux; mains (des tués), quatre.
DST INR MA a ll D = Ü æ IN än-nà hak-tu äm se-hume-t yemet kep uü.
4; 14 e x . À . ai ramené, pris de là, femmes, trois; main, une.
Dans les titres de chapitre du Rituel funéraire, la personne du défunt que l’on ne nomme pas est souvent indiquée par le pronom se. C’est ainsi que le chapitre xxvi est intitulé ? :
mm D AAA, a Î æ + <— |] D” PRANA, mm #4
ruen erlä hat ense ee em EEE nuler.
Ce qui se traduira mot à mot : « Chapitre de donner le cœur de l'individu, à lui, dans la xer-nuter » ou l'enfer égyptien. Nous avons déjà signalé ce genre de construction pour les cas obliques des pronoms.
Nous trouvons, dans le Papyrus bilingue Rhind$, c’est-à-dire aux dernières époques de l'écriture hiéroglyphique, le pluriel 6 su, que le démotique traduit par na-nti « ceux qui,» pluriel du relatif ordinaire, en cople RENTE. Quant au singulier il correspond ordinairement à un sigle que M. Brugsch transcrit par le copte o wo
. . . . . , 1 «aliquis.» Quoi qu'il en soil de l'usage du pronom se en démo-
* Inscription d’Ahmès fils d'Abna, 1. 14 * Voyez Brugsch, Papyrus bilingue et 17. Blind, pl. XVII, 23; XXIIE, 6.
* Voy. Lepsius, Todt. ch. xxvr, litre.
tique!, la grammaire copte ne le connaît plus; cependant il en reste, suivant nous, une trace bien visible dans les noms de métier composés avec l'initiale C&, comme C&-#-uiK « boulanger» (celui du pain), et dans Îles composés analogues à CZNZXE, « bavard.» On joint ce mot avec l'adjectif de totalité pour former les com-
posés A, se neb «chacun, A So neb enti « tous ceux qui. » D'après le caractère des idées Bin sur le nom, expliquées ST
ci-dessus, il est facile de comprendre emploi de la formule : À ASS ESS on voulait spécialiser davantage ?.
se neb her ran-f «chacun suivant son nom,» quand
204. Le pronom vague 023 «unus, aliquis, quidam, » occupe une place considérable dans le copte; ce type est représenté fidèlement par le groupe , dont les variantes graphiques €,
| «mm? he y à Es | LS et EU prouvent la valeur phonétique wa. Le caractère sym-
bolique paraît être un dard de pècheur 22, ===, l À l'époque ptolémaïque, | ou <—- remplace même] pour l'unité, et l'on rencontre le groupe 111 pour III «trois.» Tous les dérivés de 0°%z tels que
DYX21, DYUT, DY2ZZT eunus, unicus, solus» ont leurs correspondants exacts dans les textes égyptiens. Le premier sens pronominal 0'XZ «aliquis» apparait clairement dans l'exemple sui-
vant :
DURE me
DES au-à
er tet- va en uä.
“Ori je ne le dirai à personne *.
M. Brugsch ne signale pas le pronom se ae sa Grammaire démotique (voy. p. 116), mais il figure au Papyrus Rhind comme transcription exacte de FE (Papyrus Rhind, 14, 2); il est vrai que ce document étant la traduction d'un texte sacré, il est naturel d'y retrouver quelques expressions peu usitées dans le langage vulgaire,
* Cet usage tout particulier du mot
ran nous explique bien l'emploi en démotique du type pronominal ran-f, ran-u pour exprimer «le même» ou le susdit, »
c'est-à-dire : le déjà nommé ci-dessus.
Nous n'avons pas rencontré encore ce pronom dans les textes Méroglyphiques.
(Voy. Brugsch, Grammaire démotique, p. 116, n° 4.)
* Histoire des deux frères, p. 4, 1. 1, dans le passage où Batu promet le silence
Nous avons déjà parlé de la locution 1 mem ua-n, suivie d’un
| e mm? OA ra PRE.
substantif, comme 1 —#— = uä-n sefent « un glaive;» c’est l'ori-
gine évidente du o°% copte préfixe à un substantif, et, suivant l’ordinaire, on peut constater que l’article y provient d’un pronom.
Ce mot u& indique habituellement «l'unité» d’une manière plus: spéciale; c'est ainsi que l'Histowre des deux SA nous apprend par la phrase suivante qu'ils étaient du même lit ! :
IF" PVR. VER (ose LL
sen sen en u met on ua ätef.
Deux frères, d’une mère et d’un père.
Ce sens de «un seul et même» ressort également de l'exemple suivant, où 1l est dit de Ramsès IT, après que la paix eut été assurée:
par ses victoires :
à] MMM . à. | 4 a & FTrE CPR ph ETES tata-nef to-u neb-u her malennu ua.
I a mis toutes les nations sur la même route (pour venir en É gyple lui rendre hommage) *.
205. La répétition de ua ... ua marque la réciprocité «l'un l'autre; » exemple, quand Anepu eut ressuscité son frère, le
texte a] oute ?
ee NT LAS LIRE MAMMA Am pr MAMMA un an ua lndu am-sen.
Mot à mot : Fut un à embrasser un d’entre eux.
Mais quand on veut distinguer « L'un » de «l’autre, » on se sert plus volontiers de wa et ki répondant aux mots coptes D KZ et KE «unus,
à sa belle-sœur sur ses propositions. Ce ! Histoire des deux frères, 1° ligne. type u& manque à la Grammaire de Cham- ? Papyrus Anastasi, W, 3 pollion. (Comp. Brugsch, Grammaire de- * Histoire des deux frères, p. 14, 1.3.
molique, p. 116, n° 5.)
alter; » exemple : D r'an uà « le nom de l'un,» C3 DT n ki «le nom de l’autre !.» Quelquelois on ajoutait l'article au pronom : p-u& «lun,» p-lr «l'autre.» Le papyrus des deux frères fournit encore un excellent exemple ? : Lorsque le dieu Jia eut séparé
les deux personnages par un fleuve plein de crocodiles,