‹ Chrestomathie égyptienne (volume 3)Chapitre 5 sur 84 · DU NOMBRE · texte numérisé non relu

DU NOMBRE

127. Le singulier était la forme simple du substantif, dans la langue comme dans l'écriture. Le pluriel ajoutait la finale w 4. c et quelquelois Ÿ x wi. Les finales du pluriel copte sont très-variées, mais elles se ramènent toutes à des combinaisons de 0% et x ou ë ? ajoutés aux voyelles du nom singulier; elles dérivent donc clairement des finales antiques w, we. Ainsi les types ee, DE, ODO%E, LMO#1; HO%\, HO%E, HAE, HAE; EOOYE, EE%E, EE; ZX, ZA4EÏ; 1\D%1\, OK1 se reconnaissent comme provenant de Îa finale LS ui. Au contraire les formes 10%, D0%, HO%, HE, E%. EO%, 20%, 2%, 10% correspondent à la forme simple A" u. Observons encore ici que le vague des voyelles amène ordinairement

dans l’écriture antique la confusion de ces deux formes.

128. Le pluriel avait aussi, dans l'écriture, son expression idéo- . é : 0 er graphique, à savoir le nombre trois 1 out 11 ajouté au mot, de y A 72 À 4 Q À A quelque manière qu il fût écrit. Très-rarement ce même nombre a été indiqué par a2e. |

* Voyez, par exemple, le mot ma-t-f " Nomens) suppose que la forme première :

«sa mère,» dans la lévende de Soter IF. du pluriel était un. Le n final du pluriel, Brugsch, Grammaire démotique, n° 105 dont l’analogie pouvait bien faire supposer et passim. Comparez le n° 120 ci-dessus. l'existence, n'apparaît pas dans les subs-

* M.Veit Valentin (Dre Bild. d.coptischen tontifs, mais on le retrouve aux pronoms.

Quelquefois aussi on triplait le mot lui-même, soit que l'expres-

sion en füt idéographique, comme ea äâpt-u « des oies, » soit qu'il fàt écrit alphabétiquement, comme | | | pour ns N Notes ON me

| fu « des provisions. »

Cu A:

Champolions a remarqué que le pluriel phonétique A: était

souvent placé avant le déterminatif, tandis que le groupe se met après; mais cette règle n’est pas très-fidèlement observée. Les oroupes b:. Ÿ , qui réunissent les deux expressions du pluriel, sont très- pee etse placent à la fin des mots exemple : il L À mes «enfant, » pluriel n1 à. \ ,7es-u.

Le grouper 1 1 prend dans l Déraque des formes très-diverses ;

en voici Un de trois types diflérents : LT nya à =. 11 (.f; . Le dernier signe est l'indice démotique du pluriel, il

$ 14 par les précédents ? ;

129. La langue copte n'a pas de forme spéciale pour le duel, mais il parait que la finale N wi avait cette valeur dans l'égyptien; on la trouve employée dans des cas où la phrase exige lindication du nombre deux. Cest ainsi que neler-wr signifie «les deux dieux,» en parlant de Set et d'Horusÿ.

Le duel est aussi indiqué figurativement par la réduplication d'un caractère idéographique; quand nous trouverons cette réduplication, nous ajouterons la finale phonétique w, sans pouvoir répondre néanmoins, dans bien des cas, qu'elle fût réellement

usitée, exemple = (4)-u «les deux bras.»

! Voy. Champollion, Gram. n° 152.

? Voyez Brugsch, Gramm. démotique, n° 161. On voit, dans ces abréviations . successives, les signes perdre toute trace de l'idéographie primitive.

- Voy. Brugsch, Monuments, plates 9:

w re x a Li FL # : in 1pesesu neler-ui EE 111 ri-u em peses-ule One 1e domaines des

deux dieux deviennent tes’ domaines. »

* Dans de nombreux exemples, le signe = à la valeur de la main et non du bras; la prononciation est encore douteuse dans ce cas. La finale w: se relie bien aux terminaisons sémitiques aim , ain, dont elle ne diffère que par la nasale, qui tombe dans l'état construit.

130. Le duel est encore noté par les groupes ;;, = = et K, qui donnent lieu à quelques difficultés. Il est certain que ce groupe signifie quelquefois idéographiquement «le redoublement; » on le trouve même employé pour indiquer le redoublement d’un radi-

4m cal comme | , pour ] ] benben. Mais il est certain égalema, X DNNAA EEMETAS ment que p Ronétiquemente \ Ou ses variantes répondent à la syllabe h. La question est de savoir si ce groupe composait, comme wi, une

finale du duel pour certains substantifs comme 2 ee äri-li «les deux

VAUSES te ret-hi «les deux pieds, » — a Gti cles deux m4 a \ 53

choires. » Nue transcrivons ainsi et nous pensons que la syllabe 4.

était 1e1 prononcée, d’après l’analogie de la forme que nous allons

expliquer.

131. Un certain nombre de mots égyptiens prenaient celte finale n rt L2 C1 A Lt , . - L2 C2 C2 = æ OÙ KW, qui avait peut-être à l’origine une valeur intensiive. 2 a £ u ci “ X C'est ainsi que dans le groupe 125 variantes Ve

a Ÿ 22 l'or :

thographe ne doit pas faire supposer une forme redou-

et même

bite) mais simplement une finale #, évidemment intensitive dans cet exemple. En effet, les variantes phonétiques donnent la lecture mi peu, et non pas pehpeh, et cette forme est parfaitement reproduite dans le copte 223 STE «puissance » comparé au type plus simple Ze2zS\. La forme démotique paht prouve également, dans ce cas, que la finale K était réellement phonétique.

Il n’en est pas moins vrai que nous ne pourrons pas toujours, à première vue, décider si le groupe K est une finale phonétique, ou bien sil faut le traduire par la réduplication du radical, et ce n'est que l'étude des variantes qui pourra donner au dictionnaire des notions précises sur la forme intensitive notée dans un mot par cette addition.

Page 1