D’après ce que nous avons expliqué ci-dessus, nous ne
pensons pas qu'il V ait heu d'établir des classes parmi les noms
communs l; mais il en est autrement des noms propres, qui forment un groupe très-intéressant dans la langue égyptienne. Dans le système graphique, la présence d'un nom propre est signalée habituellement par l'addition du signe «homme» ou NÎ « femme; » quelquelois pour un grand personnage ou CE surtout pour un défunt?. Les noms royaux sont enveloppés du cartouche.
On remarque, particulièrement aux plus anciennes périodes, une certaine quantité de noms propres qui ne sembleraient pas autre chose que la reproduction des premières syllabes balbutiées
anvent [A is. A
ete. 3 Mais 1l existe, même sur Îles
par Fons C’est ainsi qu'on rencontre Tät, Ei L Ti, AE Päpi, plus anciens monuments, une quantité de noms propres dont la sionification est facile à reconnaitre. Les uns, de la forme la plus simple, sont empruntés soit au nom d’un animal ao d'une plante, soit à un qualificatif simple ou composé : — Nefer «le bon» : j à EE et A: Se-neferu «le bienfaisant.» D’autres réunissent plusieurs
Le, : * . .
mots, comme = s Nefer-t-üri «celle qui fait le bien“, » Le)
1! Nous avons donné, aux déterminatifs génériques, la liste de ceux qui forment de véritables chapitres parmi ces noms,
comme -L pour les astres, ns pour les
hommes, % pour les quadrupèdes, etc.
(Voyez ci-dessus n° 91.) Champollion a introduit aux n* 73-110 de sa grammaire de longues listes de substantifs ainsi classés. Très-utiles au début de la science, ces listes appartiennent aujourd'hui au dictionnaire, Les commençants les consulteront avec grand profit; ils doivent néanmoins se tenir pour avertis que, dans l'état où l'illustre auteur a laissé sa grammaire, plusieurs de ses transcriptions ne sont que des mots coptes mis provisoirement en regard des hiéroglyphes dont le sens lui était connu, ou des lectures pre-
mières que les progrès de la science n’ont
pas confirmées,
* Comparez Champollion, Grammaire, 111-129.
* Ces noms sont surtout fréquents à
la V°et à la VI dynastie, mais on en rencontre à toutes les époques.
* Probablement l'analyse de ce nom serait «la bonne de l'acte.» Nous avons choisi à dessein le mot à nefer, élément des noms propres les plus variés. Dans Xe.i l'a-nefer je crois qu'il est figuratif et qu'il signifie «le teneur de luth;» c'est le nom d'un astérisme et de divers individus. On trouve souvent ce personnage sur les scarabées pravés, sous la figure d'un singe tenant le luth nefer.
sa nefer-hotep « celui qui est jomt au bien.» Certains noms Pr
sont des devises complètes : 7 A YEE N Nub-em-usey « l'or dans
FAN AMEL la salle» (nom d’une dame). == h = o Neyt-em-uasi, « victoire à Thèbes» (nom des chevaux de Ramsès Îf).
133. Une classe considérable de noms propres a été formée, dans tous les temps, à l’aide des noms divins'!. Ce sujet exigerait un traité spécial; nous nous bornerons ici aux principales règles de leur composition.
Les noms divins eux-mêmes sont d’abord reconnaissables à leurs déterminatifs, qu'on trouve souvent conservés même dans les noms propres dont ils font partie. Ge sont, d’une manière générale, et plus tard”, ou d’une manière ps la figure symbolique de
chaque divinité : el ou bien Lu ei Amun , l'on [a LN ou l'en En NEUT « Anubis, » TR \ ou 1[3 As-t « Isis. »
Les premiers noms des At sont en général aussi simples de forme que ceux que nous venons de citer; mais 1ls sont souvent remplacés par des qualifications dont la liste est très-nombreuse et encore fort incomplète. Ainsi Fi à Q Pak sera appelé d” Î neferhar «le dieu au beau visage.» Osiris a mille noms nee dont les plus communs sont | un-nefer «l'être bon (par excellence) » et Dm UT uret- (ab) «celui dont le cœur est dans un parfait
De— l repos. »
Outre ces appellations mythiques, les dieux sont fréquemment
désionés par les villes ou les nomes dont la seigneurie leur était
spécialement départie; c'est ainsi que = = 5 © neb sesennu «le seigneur de Sesun» (ou Hermopols magna) est le dieu Thoth. D’autres sont d’une analyse plus difficile : us res-sebu-f est un nom de Pak qui signifie « Le mur du midi est à lui,» proba-
blement une partie importante de son temple à Memphis.
® Voy. Champollion, Gramm. n° 130 et suiv. Brugsch, Grammarre démotique , n° 96.
154. L'étude des diverses classes de noms divins était double-
ment nécessaire, parce qu'elles se retrouvent dans les noms propres
qu'elles contribuent à former. L'intention d'établir un lien pieux
entre une divinité et le personnage nommé est constatée par des formules assez variées; voici les plus usitées.
L'emploi du radical S hotep, en copte SYTN, «joindre, être
uni,» est très-fréquent, soit qu’on fasse suivre immédiatement le Lt 20 pr 2 soit qu il le gouverne par l'entremise d’une préposition, exemple : 16,
EPA hotep-her-mat «joint à la justice,» surnom du roi Merenpiah.
Le verbe meri «aimer» se présente avec les mêmes particularités; on trouve également les deux formes mit LS Piah-meri RE HITR Merenptah. Mais, dans lee premier cas, les va-