DES NÉGATIONS INTERROGATIVES
A05. Les locutions de cette nature sont précieuses, soit pour l'insinuation, soit, en général, pour la vivacité qu'elles communiquent au discours. Elles sont quelquefois caractérisées par des tournures qui ne laissent pas prise au doute, mais le ton de la parole est parfois nécessaire pour les distinguer de la négation véritable. La langue /égyptienne avait deux modes spéciaux que nous expliquerons tout d'abord. Le premier consistait dans une double négation (nonne?) Le récit de Saneha introduit l'éloge du roi d'Egypte, où l'on rencontre cette phrase^ :
ÎK^J^Î!
an tein-f àr bu-nef er en (tes-l) unen-ti s{t) lier mu-f Ne fait-il pas du bien h ia contrée qui est dans ses eauxl
Lue phrase du Papyrus Aiiaslasi n"" i réunit de même ^ ^^^ avec Ç :
' Voyez DenArïna/CTjlI, i/io, c. Com- * P(tp* de Berlin, rëcit de Saneha,
parez Chabas, Pap, Abbott, p. 29; et les 1. 7A, traduit par M. Goodwin. J ^ n'est
défenses du Calendrier Sallier, par exem- pas ici une troisième négation , c'est la
pie, au i5 choiak : saurtu er bunr etn ke- particule abstractive. Nous avons déjàex-
rah em haru pen rrgardez-vous de sortir pliqué ia locution : être d:ms les eaux ,
dans la nuit, ce jour-là. r» pour ; suivre les oixlres de quelqu'un.
DU VKRBE.
dn~bu sotem-ek ran en àmen-uah-su.
N'as-tu pas entendu (répéter) le nom àiAmenuahsu?
406. Le second mode consistait à accoler une exclamation à la négation, la particule I H est ordinairement choisie pour cette fonction; la voici réunie avec ^j;^ dans le discours de Ramsès II à ses généraux ^ :
às-àn un ud àm-ten àu-àri-d nef sep nefer em
pi-à-io.
N'est-il donc pas un d'entre vous à qui j'ai fait du bien dans mon pays?
407. Le même poëme répète ce reproche dans le second discours du roi, en se servant de I M | Ç ùs-bu ^ :
às-bu àri-d nefer en m àm-ten.
N'ai-je donc pas fait du bien à un (seul) d'entre vous?
Le Papyrus Sallier Si passé, dans le même morceau, une phrase remarquable que je me permettrai de citer comme un second exemple de às-bu^ :
' Poëme de Pentaur, texte de Louqsor, 1. 46. Le Pop, Sallier y très-fautif ici, passe --W.
* Poëme de Pentaur, Pap. Sallier, VIII , 5, complété par Louqsor, i. 67.
^ Ibid, Louqsor, I. 68; Karnak. 58.
Le Pap. Sallier, 1,6, 2 , porte la variante
^P^J^PîîvSb'^^ asie bu sxa-nek frne t'es-tu pas rappelé ?9 Je ne sais pas si àsle est régulier ici ; le duplicata , Pap, Anastasi, V, 16,7, porte v| J ^ as bu.
ds'bu rcxjien er-tal cm àh-len nuk pai-ten-sebti
en ba-n-pe.
Ne pouviez-vou8 vous dire dans vos cœurs (que) j'ëtais votre muraille de fer?
â08. La combinaison I II J àa-ben est la plus usitée de toutes; elle se trouve à plusieurs reprises dans l'œuvre de Pentaur et dans les autres papyrus. La femme à'Anpu prétend avoir tenu ce discours à Bâta :
Il AMMwAi'^BPt )■ .^^'^^n-B^ m as-ben ànuk tai-k mut.
Ne 8uis-je donc pas (comme) ta mère?
/i09. Cet exemple suffît pour une locution déjà reconnue et acceptée, mais nous pourrions en désirer de nouveaux pour la liaison de ben avec la particule @^ )(€r ^om ou crdonci^ M. Chabas a indiqué la phrase suivante, comme appartenant au même genre de négations. Après l'énumération des crimes d'un individu, le dénonciateur ajoute :
)(er ben-sau ta-dau-t uuna.
Celte œuvi*e (inique) ne commence-t-elle donc à être patente?
C'est le seul exemple qui nous soit connu jusqu'ici dans le sens ])roposé.