‹ Chrestomathie égyptienneChapitre 6 sur 28 · L'n de jonction a été étudié dans les affixes · texte numérisé non relu

L'n de jonction a été étudié dans les affixes

' Cette amjJiibologiese rencratre par- * A la place de Tinteijection \ ^ â,

fois dans les textes quand la particule an Quelques manuscrits portent ^ i ^ 3j a ëtë omise. ^ Mer(uet) ka-i «r hommage à toî I»

DU VERBE. il

\ etc., nd, neky nef^ etc. et nous avons constaté qu'ils n*entraînaient pas nécessairement le prétérit et laissaient au second aoriste l'indétermination du temps. Il en est de même quand Vn est attaché au substantif sujet; il se comporte alors comme un simple abrégé de 1 an :

tUu en hon-f àri kat em àbtu en mer àbtu, Jussit rex fieri opas in Abydo ad irrigandum Abydum '.

Divers temps composés admettent la même formule, ainsi qu'on le remarquera plus loin dans les exemples qui leur servent d'explication. Dans le monument cité plus haut, le roi^ Toutmès III dit :

àu-uah en hon-à hotep nuter.

J'ai augmenté I offrande sacrëe.

273. Il n'était pas nécessaire que la phrase commençât par le verbe pour que les particules 1 , /^^^^^^ eussent leur emploi devant le sujet. Toutmès III s'exprime ainsi :

àste àn-hon-à sfefa heb-u tep-ter-u em ^er-t renpe-t.

Voici qae j*ai approvisionné les fêtes des commencements des saisons pour chaque

année '.

' Louvre. Statue de Pejaanet. \^^ àste amenait ordinairement le sujet

' B««*»». UI , 3o , 1. 1 6. jg ■ ^^j ,^ ^çj.j^^ gj ,^ présence de \ '-^

^ Leps. Denkm. III, 3o. Inscription 1» |

des fondaUoDS de Tontaès UI à Karnak. ^ °'<^'^* P»" «•" ^""^ ■"^»''* = 1 1' " I

hm-à »Ma Majesté., c'est un type pi-o- ^«^ Wesl uneloculioa très-usitde

nominal personnel au roi. La particule ^

Au Récit des detuc frères y pendant qu on coupait les deux perséas merveilleux, le texte ajoute :

~mm

en per^âa â. /• «. fcer hà.

Le Pharaon (vie, bonheur, tante) se tenait le.

On peut, dans ces phrases, supposer Tellipse du verbe auxiliaire j^ un; mais dans les exemples suivants, la locution est complète et la particule an sert évidemment à mettre en relief le sujet placé en tête de la phrase, de manière à produire une locution emphatique. Les généraux de PianyinMeriamen lui adressent les éloges suivants^ :

I A%MWM\ ^l^b (il I I I

an hen-k fa en-na xo/^* Ta valeur nous donne un glaive.

La nuance qu'on a voulu atteindre sera bien rendue par : «r c'est ta valeur qui nous donne, elc.D et dans le même discours :

ibM^yyuyk. ^^^I^^PK *K-^^^^>^- III

an ranrk àr-f en^na x^uptk.

C'est ton nom qui fait pour nous un glaive ' 1

Outre les substantifs et les pronoms, le sujet peut être tout un membre de phrase; nous rencontrerons dans l'étude des temps complexes des exemples qui nous donneront l'occasion d'étudier ces

^ Inscription de Pianxi-Meriamen, est nécessaire de raodiGer la règle que

I. lA, i5. Le second exemple est précieux M. Bnigsch pose au n* 36 A de sa gram-

par le redoublement du sujet dans àr-f, maire hiéroglyphique; cet auteur prétend

ce qui démontre qu'il n'est pas possible que le sujet avec Ji^ an se trouve à la

de songer ici au passif. fin de la proposition.

* Tous ces exemples montrent qu'il

tournures, dont nous avons comparé le principe au js^Os^a^ ^\ de la langue arabe K

274. Le complément direct du verbe ne donne lieu à aucune remarque quand il s'agit d'un substantif. Nous avons déjà exposé, à la section des affixes pronominaux, les principales règles de leur emploi^ comme compléments directs ou indirects; il nous suffira d'ajouter ici quelques remarques sur le choix et le jeu des affixes , compléments des verbes.

Nous avons dit que l'affixe de la i** personne prenait souvent la voyelle % u comme liaison, ce qui peut éviter des équivoques; la phrase suivante en montre un exemple intéressant^; c'est le roi Mer-enrftah qui parle :

meri-ud rel-u ma mert-à-se^t).

Les hommes m'aiment comme je les aime.

On trouve également dans le discours de Séti P'à Abydos (1. Uli) :

I JB>— J JVammwa Jr .BL •^=»> «^s»- il « l

s-ëa - nuà neb er-fer fesef.

Le Seigneur universel lui-même m'a agrandi.

Ces deux exemples suflSsent pour montrer la place relative de l'affixe-régime et du sujet-substantif; en pareil cas, la qualité d'af- Cxe remporte et l'affixe personnel, quoique régime, précède toujours le substantif. Il en «st ainsi, à plus forte raison, quand l'affixe est le sujet. L'affixe-régime indirect précède aussi le substantif-sujet;

' Voyez ci-après, n* q88, la phrase : * Voyez le n* 19a.

UH yer^ her ses àd irde servir le roi ëtaii ' Inscription de Mer-m-ptah. (Voyez

mon devoir.* Daemicheo, Monum, hist, IV« 71.)

en vertu du même principe, on dira : jbd!^ f ta nejmten <rle

roi a donné à lui. t) Très-souvent alors on prend la formule du second aoriste : *" 1 j ta-en nefsuten (r le roi lui a donné. •»

La réunion de! affixe-sujet de la 2* personne '^^ k avec Taffixerégime ^^^^^'^ compose un affixe-complexe ''^^^^^ ^j qu i po urrait quelquefois être confondu avec la i** personne : fl (^ H| o 'w^ hti-kuà (rtu m*as frappée) et ^ ^ ^^1 rek-kuà a je saisi) ont la même forme apparente.

L'amphibologie pourrait donc avoir lieu dans la rencontre de ces deux afllixes : ainsi vtf m ,.^ 1^ ^^h ^^/^''•-^^^■^ pourrait signifier, suivant les cas, «rtu m'as entendu t> et a j'ai entendu. 1) C'est sans doute pour parer à toute équivoque qu'on employait parfois un pronom plus développé pour le régime. Bâta dit à son frère, dans ses reproches * :

du an iotem*ek ru-à her 6tf.

Et tu ne m'as pas entendu en paroles.

275. Quant à la formule ^ «^ ^, elle était aussi applicable au régime indirect, pour la 1"* personne ^ après la 2® personne-sujet; Bâta dit à son frère aîné : (r Je vais me changer en un taureau sacré, etc. ^y>

emtuk hernse* kuà her peset.

Mot à mot : Toi , tu t'assiéras à moi sur le dos.

276. On remarque dans les textes soignés qu'on évitait, en gé-

' Pi^. i'Orbmey, VII, &. natif est fautif; il faudrait r^uliè-ement

' C'est le cas de notre pronom irme.» l à la place de ^. • Pap. d'Orbmey, XIV, 6. Le dëtermi-

néral, de placer immédiatement en contact deux affixes personnels, l'un sujet, l'autre régime, sauf les pronoms-régimes i % et a*^*^, qui étaient d'une nature particulière. Parfois on se servait pour le sujet d'un pronom absolu ^ :

entuk â-ô/o* wi.

ffTu les as amènes» à la place de afa-k-un.n

emtuf ker àtai-u.

«Il les amenai U à ia place de atài-f-u*.

Le régime, de son côté, pouvait emprunter un des types pronominaux, tels que ^ i tôt"/, i ru-f, ^i i i ha-f, etc.*

C'est la méthode qui a prévalu dans le copte , oiîi tous les pronoms-régimes sont accolés à l'un de ces supports.

277. L'affixe-régime est aussi souvent augmenté d'un support ç tUf qui provient manifestement de l'auxiliaire ^^^^, ^ , ^, etc. mais qui n'a plus dans cette position qu'une valeur euphonique : ^iSggC ^ , ^ J sep-nef-tuà cr accepit me. n On comprend avec quelle facilité la voyelle finale a pu tomber, en sorte que le T copte, affixe-régime de la i'® personne, est resté seul, ^.qcgaïTTX (t accepit meiî répondrait pour la finale à I ^ s^St. p ^^ àu-f sep-tuà.

Avec les autres personnes, la formule ^^ tu-k, ^^^ tuf, etc. donne de même la clef des affixes nfK, nrq, qui ne subsistent plus

^ Daemichen, Monum. hist. IV, à3. ' Voyez ci-dessus^ n* 183. Les Arabes

Inscription de Mer^(aA.( Pour Ta initial, usent d'un artifice analogue lorsqu'ils

voyez ci-après, n"" 3o5.) donnent un support à Taflixe-r^'rae.

* Pap.d'Orbiney, II, 1.

dans le copie que pour certains verbes ^ EqqXTK *r portât te, ?» E^^ Ai-Epx-'nr-K cf amat te , -n est égal à I ^ ^^ ^jS ^ àuf-meririu-k. Dans la langue antique, tuày tuk, /m/* s'emploient surtout après un affixe-sujet et comme séparation euphonique; exemples^ :

s-utarf'tuk em seben s-âa-f-tiik em sau-4,

Sanat te in vitta (êeben), magnificat te in veste (saut).

sàn^tirk reme-t'tuk em Tatu.

Ta sœur te pleure dans la ville de Tatn.

Cet aflSxe se plaçait quelquefois aussi immédiatement après le radical dans un temps composé :

aU'ten kam-tuf ufa.

Vous trouvez lui sain (intact).

C'est alors exactement la forme au-f-men-tu-hj que nous avons comparée au copte EqjULEpXTK.

278. Dans le style des papyrus, le pronom Vi u était trèsusité pour l'affixe-régime de la 3^ personne pluriel; mais il est quelquefois réduit à la marque du pluriel i. La variété du pronom un^ que nous avons reconnu comme sujet, servait plus souvent d'affixe-régime; dans le récit de la victoire de Mer-en-phtah^ il est

* Cf. Peyi-on, Grammaire copte, i53, ^c» et saut sont les noms des deux pari54. ties des linges sacrés. — ' Pap. Bwiaq,

* Pap, Boulaq,\U, 4. Formules pour XIII, 5. Allocution à Osiris. — * Pap. les cërëmonies de Tembaumement. Se- Abbott, W, ^.CtChahas.

dit du chef des Bebu : «f C'est un misérable, exécré de ses propres soldats '. Il

ntuk â-diOrMn er {a sma.

Ta les as fait veoir pour le faire tuer (par eux?).

279. Nous avons déjà constaté la nature particulière des pronoms 1 V ^ et M seuy qui permettait de les employer soit comme affixes, soit comme pronoms absolus (n° ^7^)* é i^ ^> quand il est sujet, doit précéder le verbe; comme régime, au contraire, il est placé à la suite. D'après cet usage constant, il y a une nuance à distinguer dans l'analyse des deux phrases suivantes, appliquées au soleil dans Thymne d'une stèle du musée de Berlin.

Page 1