DES VERBES SERVANT D'AUXILIAIRE. (ÊTRE, FAIRE, DONNER, ETC
284. eSl Pu «rêtre, en copte he *. Dans la langue antique, ce verbe est ordinairement écrit ■ % ou ^ p^^ ^ sous cette forme, il est invariable, et lorsqu'il est isolé, il sert particulièrement à caractériser une explication. Par exemple, au chapitre xvui du Rituel^, il est question de nommer les dieux d'Héliopolis [ànu); le texte dit :
Tum pu su pu tefnut pu.
Cest Tum, cest Su, c'est Tejnu.
En pareil cas, pu se met toujours après le mot expliqué.
La leçon ^K^^Ék^ p^ est beaucoup plus rare. Dans le récit des deux frères, Anpu cherchant le cœur de Bâta trouve enfln un fruit qu'il retourne :
âs haii en paif sen ieràu por(i).
Voilà (que) le cœur de son frère cadet était (là) ^.
Le verbei m/m est usité dans plusieurs combinaisons verbales : on trouve, dans quelques cas, la forme secondaire ^11 pui; elle est susceptible de se combiner avec les affixes personnels : la variante )k[^É^ p(^ se confond avec l'article ordinaire ou le possessif paiaj paihy patf; nous le retrouverons sous cette forme à l'article du
' Voyez ChampoIlioD , Grammaire, uàbupuunxer-hâr't'Sener'menrenpe-^uâ't
n* 243. ^f^g i^ vfpowàpxovras UpsVs éoûs toO
* Voyez Todtenbuch, xvui, à. Gompa- ^pdnw érovç, etc.
rez le décret de Canopus, '-^^ ^ ^ * Paj,. d'OritWy, XIII , 8. Dans les bas-
/2I ■ 5^ 3Ër« S^PS^ SSfo*!^ *«mp8 *c \erhe pu s'écrit souvent: •^5^.
nom verbal. Dans le copte, ce verbe n est pas resté invariable; suivant une partie des modifications de Tarticle, HE est devenu au féminin TE et au pluriel îtE. Le démotique admettait déjà ces modifications^; notre verbe y revêt les formes pu, tu, nu; rien de semblable n a encore été observé dans la langue des monuments hiéroglyphiques.
285. Le verbe \ àr, quelquefois abrégé en <=> r, correspond au copte EpE «rétréci) Il était également très-peu flexible. Son rôle habituel consiste à commencer renonciation d'un fait; quand il s'agit d une chose à expliquer, il a pour corrélatif le verbe pu; ainsi, dans l'exemple cité plus haut*, voici quel était le premier membre de la phrase :
àr ûiùi(nty8u âa-t àm-^uànu.
Sont les cheis grands habitant Hëliopolis.
Et le texte continue : Tum pu, Su pu, Tefnu pu (r c'est Tum, c'est Eu, c'est Tejhu.ti Ici àr sert à introduire, ce dont pu affirme l'explication.
Gomme initial d'un récit, \ àr se combine parfois avec la
particule relative ^]^. \ àrnti (t il est que,D ou avec l'or-
thographe abrégée >*^*^*, \ àr ainsi employé est habituellement invariable; on en remarque une seule forme dérivée, sorte de participe pluriel, I aru (r(les choses qui) sont;?) quelquefois il se place à la fin du membre de phrase. Ahmès, chef des nautonniers,
' VoyezBnig8ch,Gramm.{{^.p. 135. aussi eUe lie le premier terme avec mi
* Voyez Ghampollion, Cramm. n*a&6. conséjaent; nous verrons plus loin que,
' Todtenbueh, ch. xviu, &. dans les décrets de Rosette et de Ganopus,
^ Celte formule initiale est quelque- elle caractérise les considérants. fois simplement ënonciative, mais souvent
rappelant ies dons qu'il a reçus du roi en récompense de sa valeur,
parle ainsi des esclaves qui lui ont été attribués :
koH'U hon-t-u ermati ôr-n.
Mot h mot : Des esclaves et des servantes de même sont.
Les soldats de Toutmès III, après la bataille de Mageddo, sont représentés par le texte comme occupés à relever le butin :
I l.M^I I III I I
her àp Yfiu dru.
A compter les choses étant (là).
i4rti, au milieu d'un membre de phrase, implique ordinairement l'ellipse du relatif {^^ nti) :
ta nef set-f uer-t ha dru her suai hon-f.
Il plaça sa fille ainëe en léte (de ceux qui) étaient pour invoquer Sa Majesté.
On rencontre aussi, mais très-rarement, la 3* personne du singulier I àref; exemple :
au àr-f hou pen x!^^ P^-
Mot à mot : Et il est ce jour le commencement est. (C'est-à-dire : Et ce jour a été \%
commencement.)
» Inscr. d'Ahmh, 1. 3.— » Denkm. III, 33 J. 17. — ' Slèle du prince de Bakhtan, 1. 5.
Le verbe àr se retrouvera dans divers temps composés. Il se distingue toujours de -•=*• art «être, faire, tî par son caractère d'invariabilité. 11 s'abrège en <=> er^ surtout dans les composés.
286. 1 % ou iç àw ffêtrei) correspond au copte eu, o, ox, de même signification ^ Le démotique l'a conservé sous la forme au. Comme verbe isolé, au est souvent lié à la qualité qu'il affirme par la particule ''^ jk ou j:=i^ qui indique l'état ^ i V^^L caa i j9) àu-à em sera a j'étais (en) enfant,?) dit Ahmès en parlant de ses débuts ;
àu àlef-à em uàu en suten.
Était mon père (eo) capitaine du roi {Rasekenen) *.
La trace de cette particule se trouve dans le copte Â$Jtxo , qui lie le pronom-régime au verbe os , après le relatif comme après les verbes d'autre nature.
C^ verbe àu est répété avec une grande abondance; placé entre deux membres de phrase, il n a souvent plus d'autre but que de les relier, et c'est ainsi qu'il passa petit à petit à l'état d'une véritable conjonction ; c'est sous cet état qu'on le retrouve dans le copte b^o^îc ai (T et. 7) Une trace de sa nature verbale subsiste néanmoins, en ce sens que son emploi comme conjonction ne s'étendit pas jusqu'à relier deux substantifs consécutifs. Ainsi on disait : \y^ J 8 ^| J Tahut
henà Set y mot à mot : crThoth avec Set;?) mais on n'aurait pas écrit ^ Jl \ JIJ Tahut àu Set, pour dire cr Thoth et Set\ -n
^ Voyez Champollion, Gramm. n* 965. mes, 1. /i et 6 de Tinscription : texte
* Quelquefois | dans les époques rë- p. i la ♦ pour Ytn d'ëtat centes. ^ ^ j^ ^ conjonctionnel rappelle plii-
' Voyez Mémoire iwryinsenptian d'Ah* tAt la nuance de c# que celle du ^ arabe.
A la diflFérence de pu et de dr, du était variable et présente le paradigme complet :
1 ^^Q^ àu-à (r je suis 7) (je fus, j^ëtais, etc.).
1 m^^Fb àu-k trtu esv (masc).
I ^ ^=3 àu-t trtu es 7) (fém.).
I %^3^^i^ àu-f rII est.i)
I m-ii' ■ àu-s (telle est.i)
1 m p dtf-tii (T on est. ?>
iJri I I
aur-na «mous sommes.)»
I ^AMMMA aU'tm ffvous étes.T»
l^/MMMA àu-sen frils, elles sodI.t) I m^l àu-u rrils, elles sont.?»
Ce thème entre très-fréquemment dans les temps composés.
287. ^m ou ç est également, dans la langue antique, un des types du verbe «c être, -n 11 sert aussi à former plusieurs temps composés. Dans son caractère de verbe isolé, il paraît remplacer exactement le verbe I m au, qui précède. « ^ j 1 ^y^ ^ tth-t uàb est une
variante usuelle de I ^ ij^*^ ^^"* "^^ ^*^ ^^ purei) (2^ personne du féminin). — Le dieu /?â, arrivant dans le combat au secours de
* 5a eut siruin, S I, var. des mss. du ^ se reporter au Mémoire sur Vinscriptkm Louvre. Pour Texplication de Tauxiliaire d'Ahmès, p. 60, note.
Ramsès II, lui dil : o j il I I J^I 'w-â ma Bar cr Je suis comme
Bâr ^-n
Le verbe tu possède, comme âw, le paradigme personnel complet, y compris l'indéfini ^ V^% tu-tu, usité dans les temps composés : turà ftje suis,^ tu-k îtIu esi^ (masc), tu-i crlu esiî (fém.), tu-f ail est,T5 tus (relie est;^^ turtià «nous sommes, t) tu-ten (fvous êtes,i) tu-sen ails sont. ^ L'indéfini tu-tu est plus souvent à l'état isolé : Batu\ changé en taureau, se fait conduire par son frère au
lieu où était la cour, '•^^^^ j^ Ç Çl Ji ^ ^^ ^'* ^^^^ ^^ (tau (lieu) où Ion était, ^ mot à mot : crque on était dans.i?
288. S^, ou sa variante graphique ^ un correspond exactement au copte sah. O'^ît, m. C^Oît a esse ^.n Ce verbe est extrêmement usité soit isolément, soit en composition; il possède également tout le paradigme personnel : ww-à, un-ky un^t, un-f, uns; un-tUj uvrnay un-ten^ unsen et un-u. Il est aussi très-usité au second aoriste : wn-wâ, un-nek, un-nej, etc.
On doit observer que le sujet du verbe ww, soit substantif, soit pronominal, est très-souvent affecté de la particule Ia«%m^ an : jÇ^ ^^f un an hon-fv {{it Sa Majesté.!) — Quand il affirme une
qualité, un prend souvent, comme le verbe âw, la particule m pour la liaison de son régime.
Parmi les usages spéciaux du verbe un isolé, il est utile de signaler le participe * jfc. un et 3fc. || uni cr étant; i) ce dernier devient au pluriel .Sa^ll^ uniu cries êtres, tout ce qui existe. t^
Ce participe peut, dans ce sens, remplacer le relatif pe^i/t cr ce
' Bâr est une Tonne da dieu Set dans dm et qui n'a passa place dans lesli'nns-
ses fureurs; il a éié compare h '?y3, Jiaj. criplions hiéroglyphiques.
(Voyez Poëme de Pentavr, Pap. Sallter, * Voyez Champollion, Gratninaire,
111,8.) n-a/îô, 9.
* Pap, d'Orbiney, XV, 2. ^ ^ a, dans * Pour ce participe voyez plus loin le
cet endroit , un explétif qui se répète après n** 3^7 .
qui est. fi Le décret de Ganopus, voulant donner à la jeune déesse Bérénice un diadème spécial , stipule ce qui suit :
an setut er un ha erpe-tu en mats.
Il ne sera pas fait semblable è (rexistant) ceux qui sont sur les images de sa mère.
jCL, employé en tète de certains membres de phrase, semble au premier coup d'œil impersonnel; exemples (Inscription à'AhmèSy
un ;^er-â ker ies àti.
Mol à mot : Il était par devers moi de servir le roi.
un xP'-à her kent Ker ret-U-d.
Mon emploi était de combattre sur mes pieds.
Mais cette forme impersonnelle n'est quapparente : dans les phrases de ce genre , le vrai sujet est her ses àti «r de servir le roi , d Aer kent (rde combattre ;7) cest une construction analogue au ju^jsj^a^ ^1 des Arabes.
jCL se combine quelquefois avec d'autres auxiliaires, sans verbe attributif. Dans l'inscription de Ptanx}, on annonce ainsi à ce roi les conquêtes de son adversaire : I V-^^Htlk £ ^ i^^. al M^ iK ^^ ^^ *^ ^ àment Tafne)(t-ta eni trie prince (le l'Occident, Tafnekht, est dans, etc. d Suit l'énumération des lieux qu'il occupe; ce redoublement du verbe être indique ici la présence dans le sens de la possession.
On trouve aussi la combinaison ^^iC^YL^^P^'^'^y q^' <1^vient une locution conjonctionnelle «rceci étant. îj
289. Le verbe écrit ordinairement par le scarabée w, et dont l'expression pbonétique est® x^P^^> ^ P^"'* dérivé le copte cyoTTS , cyETT tresse. T^ Sa nuance spéciale correspond babituellement à^rt ff devenir, T) \ewerden germanique; aussi s'applique-t-il encore à la génération et à la naissance. La légende du dieu Râ m 2Z^ ^eper hf-fy signifie (t existant par lui-même '.t ;^éfp^' s'abrège souvent en ® )(ep. Ce verbe se conjugue comme les verbes précédents, quant aux aflixes personnels, et se combine avec eux de diverses manières; il sert aussi d'auxiliaire aux verbes attributifs. Comme verbe isolé, )(eper occupe une large place dans le dictionnaire; mis en tête de la phrase d'une manière absolue, il introduit le récit d'un fait et répond exactement à «r il arriva que. -n Le décret de Canopus apporte un bon exemple de Xfiper combiné avec -«=> er auxiliaire; à la huitième ligne, il est question des famines qui avaient sévi du temps des anciens rois :
er x^sper t^en hâpt netes amu to-mer em ha-sen.
11 est arrive Taccident d*un Nil trop faible aux habitants de TÉgypte, dans leur temps.
La stèle des mines d'or (Prisse, Manumenls, XXI, i ti) offre, dans le même sens, la triple combinaison : imjfc. % àuunx^per.
290. -■=»^ àri, qui nous a servi d'exemple pour le paradigme, signifie (rêtrei^ et cr faire une action quelconque 2; t> mais, en tant qu'auxiliaire, il doit être joint aux précédents, car il ne forme pas de causatiCs;' il se joint simplement aux verbes d'action qu'il ne semble pouvoir modifier que dans le sens du temps, et c'est î\ ce
' Voyez Tëtude sur le scarabée , dans comprises dans le mot x^/?er se prêtent
le mémoire sur Ahmè$, fds d'Abna, au sens de ffs'engendrant lui-même» per-
p. 5i et suivantes. C'est h M. Birch pétuellement.
qaest due cette belle explication de la * Voyez Chompollion, Gramrmire,
légende du dieu suprême, bes nuances n" a 45, 3.
tilrc qu il sera étudié plus loin. On le subsliluait à la place de l'<s> ou <=> qui étaient invariables, toutes les fois qu'on avait besoin d'ajouter des affixes personnels.
291. A J to, tu (rdonnen) est exactement le copte ^, tox (rdare. ^ Isolé, il se conjugue avec tous les affixes et c'est l'expression habituelle du (rdon?) et de ff l'offrande. ti Seul ou combiné avec <Tr» er (rêtre,7î 4^J la^ A J tor-t ou ^^ , er-ta sert d'auxiliaire pour des formes dont la valeur est causative.
292. L'impératif copte a^^Oï (r donne d est emprunté à un autre radical antique mày qui signiUe également tr donnent et qui s'écrit Jy, ^%^ et i— I, etc.; celui-ci fournit aussi des auxiliaires pour l'impératif et l'optatif sous la forme l^-'^^ àmmâ.
293. L'auxiliaire Jk jlII3^ mai^^ qui se rapproche de àmmà par le sens, provient néanmoins suivant toute apparence d'un type différent : "^^ ii jS meri (r aimer, vouloir, désirer, d dans lequel la liquide r tombe facilement, comme dans le copte jw-ES cramarcT) pour -U-Eps.
294. L'avant-bras .»— i, soit isolé, soit avec les marques orthographiques -«Y**» "*^» JL^^ ^^^^ ^ écrire un verbe rarement employé seul , mais très-usité en composition : il nous semble représenter exactement le type du verbe copte sah. z» (resseï) et (rfacere. -n \\ s'allie très-ordinairement à -<=•► cr être, d Le composé .*»— i rà-t ou A er-ta sert de variante , dans le sens causatif , à ^^ , erta-ty dont nous croyons néanmoins qu'il est différent. '^'^ ou i râ s'emploie souvent, en effet, dans un sens non causatif et semble renforcer seulement l'expression, soit d'état, soit d'action du mot
' Voyez Cham|K>liion, Gramm. n" a8t.
qu il accompagne ; exemple : Anpu ^ se désole de trouver sou frère mort, Ik iK"*™*''^^ ^^ ^^ ^^ ^^ l'état de être mort.-»
Nous avons étudié assez complètement le mot ^ ^^ màk pour que nous n ayons pas besoin d'y revenir en ce moment; il remplace les verbes ^^ et 1^ dans divers temps composés. (Voyez le nMgi.)
La liste assez étendue des auxiliaires signiGant a être, faire, donner, ^ fait déjà pressentir des modifications assez nombreuses : il faut y ajouter quelques verbes d'un rôle plus restreint, tels que : « hà (Tslare;?) TîTtT \ik sa ff commencer, i^ etc. et un certain
nombre de particules que nous étudierons à l'occasion des temps qu'elles déterminent.