‹ Chrestomathie française à l'usage de la jeunesse arabeChapitre 14 sur 74 · DIALOGUE XI · texte numérisé non relu

DIALOGUE XI

Sur un Héritage .

Ahl mon cher maître, vous allez être bien affligé. J'ai une fort triste nouvelle à vous apprendre.

Qu'est-ce? un de mes débiteurs se serait-il avisé de faire faillite?

Ce n'est pas cela. Le malheur que j'ai à vous annoncer est bien plus grand. Hélas I nous sommes tous mortels : ne vous désolez pas .

Que veux-tu dire avec tes hélas ?

Monsieur votre oncle a été frappé d'un coup d'apoplexie 1

Quoi 1 mon oncle est mort 1

11 vient d'expirer dans mes bras .

Quel malheur I

Il vous aimait bien , à ce qu'il paraît. Une heure avant sa mort il parlait encore de vous .

Oh 1 le brave homme ! l'excellent homme I II m'a sans doute nommé

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son légataire universel. Mais, dismoi , est-il bien mort ?

J'ai recueilli son dernier soupir; je lui ai fermé la paupière .

Dieu veuille avoir son âme. Il est bien; ne lui envions pas son repos .

Penses-tu'^qu'il ait laissé une grande fortune ?

Ses coffres- forts sont remplis de sacs d'argent .

Oh ! Parque cruelle! tu m'arraches ce que j'avais de plus cher au monde.

Je ne me consolerai jamais de cette perte ; je pleurerai toute ma vie la mort prématurée de ce cher oncle.

C'était l'homme le plus méritant , le plus vertueux .

Je suis sûr qu'il était riche à plus de cent mille écus .

Va vite donner les ordres nécessaires

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pour l'enterTement . Qu'on apprête leJj^^j! (/ijj»)« lijii ï^^^t grand corbillard à six chevaux . Je ^ (5Ji«i'^l)t) jJÎI o^-^ veux que les funérailles se fassent avec j$^^lV^ Ji*i ^ -^jl^ • ^r^ toute la pompe imaginable ; que sur la ^^ >U> j'j,,j^5Uil JUji>-'ilt

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tombe on érige un monument en marbre , avec une épitaphc magnifique , qui transmettra à la postérité les hautes qualités du défunt ; que toute la maison soit tendue en noir du haut en bas; que tout le monde prenne le deuil, et que toute la ville soit invitée à rendre au défunt les derniers devoirs.

A propos, j'ai trouvé sur lui les papiers que voilà ; je les ai empochés de peur qu'ils ne tombassent entre des mains étrangères ; peut-être y trouverez - vous des notices sur sa vie , que vous pourriez communiquer à l'orateur chargé de l'oraison funèbre .

Voyons! Des mémoires de médecin, d^ apothicaire I Une liste de ses dettes!

elle est considérable. Ah ! voici le principal, le testament . Lisons: a Je lègue mon âme à Dieu .» C'est bien!

(( Je lègue à mon voisin M. , pour l'amitié qu'il m'a constamment témoignée,ma maison avec tout le mobilier; à mon cocher ^ mes voitures et mes

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chevaux ; à mon domestique , magardérobe; etc. etc.»

Mais vous , Monsieur , vous auraitil oublié ?

C'est singulier ! Je vois beaucoup de legs, et je n'y trouve pas mon nom.

Ah I le voilà ! « Quant à mon neveu, qui ne m'a jamais montré le moindre attachement , qui est un dissipateur , un mauvais sujet , et qui n' a jamais voulu écouter mes bons conseils , je devrais le déshériter. Mais, attendu qu'il est encore jeune et qu'il peut se corriger , je lui donne pour légitime le vingtième de ma succession.»

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