‹ Chrestomathie française à l'usage de la jeunesse arabeChapitre 57 sur 74 · LA FIDÉLITÉ MAL RÉCOMPENSÉE · texte numérisé non relu

LA FIDÉLITÉ MAL RÉCOMPENSÉE

Un homme qui s'appelait Mart avait un chien nommé Muse qu'il aimait beaucoup. Un jour qu'il devait recevoir une somme de douze cents livres à la cacapagne, il monte à cheval^ et Muse ne manque pas de l'accompagner. Cet animal est témoin de tout^ il voit que Mart compte et recompte de l'argent qu'il renferme dans un sac avec grand soin, et qu'il remonte à cheval d'un air satisfait

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RIase prend part à la joie de son maître^ il s'agite, il saule autour de hii, et jappe pour le féliciter . Vers le milieu du chemin Mart est obligé de mettre pied à terre; il attache son cheval à un arbre. £n s*é!oignant, il se rappelle que son argent est resté sur le cheval et que le premier venu pourrait 8*en emparer; il va prudemment prendre le sac , le pose ^ côté de lui au pied d'un buisson; après un instant de repos il se dispose à partir et oublie son argent .

Muse, qui observait tous ses mouvements et qui le suivait pas à pas, s'aperçoit de cette distraction; il court au sac, essaie de le soulever ou de le traîner avec ses dents ; le poids était trop lourd, il retourne à son mattre, s'accroche à ses habits pour Tempêcher de monter à cheval : il crie, il mord . Mart n'y fait aucune attention, repousse son chien et part .

Le chien s'étonne de ce que ses avis ne sont pas mieui écoutés: il se jette audevant du cheval pour l'empêcher d'avancer, il aboie jusqu'à ce que la voix lui manque; enGn son zèle l'emporte; il se jette sur le cheval, et le mord en cinq on six endroits.

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C'est alors que Mari commence à craindre que son chien ne soit enragé . Dans certains esprils les soupçons se changent bientôt en certitude. On traverse un ruisseau ; Muse , quoique tout haletant , continue de crier et de mordre , et» dans l'excèsde son zèle.ilne songe pas à se désaltérer. «Ablmon malheur est donc certain, s'écrie Marl;mon chien est enragé ! S'il allait se jeter sur quelqu'un !. .. Il faut le tuer ... Un chien qui m'était si fidèle !... Mais si j'attends, il pourrait bien me mordre moi-même. Allons , c'est un devoir ...» Il prend un pistolet , vise et lâche le coup en détournant les yeux ; le chien tombe,se débat, se tourne vers son maître, et semble lui reprocher son ingratitude.

Mart s'éloigne en frémissant : il se retourne, et Muse agite sa queue en le regardant, comme pour lui dire un dernier adieu. Mart, au désespoir ,est tenté de descendre pour chercher quelque remède au coup qu'il a porté ; un reste de frayeur l'arrête : il continue tristement sa route, livré à des regreLs^à des re* mords^et poursuivi par l'image de Muse mourant; il ne sait comment expier ce trait de barbarie , il donnerait tout pour qu'il fût possible de le réparer, et il maudit

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mille fois son voyage. Tout à coup celle idée lui rappelle celle de son sac; il voit qu'il ne Ta plus: il se souvient de Tendroit où il Ta laissé: c'est pour lui un Irait de lumière; voilà Texplication des cris et de la colère du malheureux Muse. Il retourne à toute bride chercher bon argent, en déplorant son injustice; une trace de sang qu'il aperçoit le long du chemin le fait frissonner, et met le comble à sa douleur; il arrive au pied du buisson, et qu'y trouve- 1 -il? Muse expirant, qui s'était traîné jusque-là, pour veiller du moins sur le bien de son malheureux maître, et pour le servir jusqu'au dernier instant.

LES CRIMES PUNIS l'uN PAR L AUTRE.

Trois hommes voyageaient ensemble; ils rencontrèrent un trésor, et le par^ tagèrent;ils continuèrent leur route en s'entretenant de l'usage qu'ils feraient de

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