LA FIDÉLITÉ MAL RÉCOMPENSÉE
Un homme qui s'appelait Mart avait un chien nommé Muse qu'il aimait beaucoup. Un jour qu'il devait recevoir une somme de douze cents livres à la cacapagne, il monte à cheval^ et Muse ne manque pas de l'accompagner. Cet animal est témoin de tout^ il voit que Mart compte et recompte de l'argent qu'il renferme dans un sac avec grand soin, et qu'il remonte à cheval d'un air satisfait
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RIase prend part à la joie de son maître^ il s'agite, il saule autour de hii, et jappe pour le féliciter . Vers le milieu du chemin Mart est obligé de mettre pied à terre; il attache son cheval à un arbre. £n s*é!oignant, il se rappelle que son argent est resté sur le cheval et que le premier venu pourrait 8*en emparer; il va prudemment prendre le sac , le pose ^ côté de lui au pied d'un buisson; après un instant de repos il se dispose à partir et oublie son argent .
Muse, qui observait tous ses mouvements et qui le suivait pas à pas, s'aperçoit de cette distraction; il court au sac, essaie de le soulever ou de le traîner avec ses dents ; le poids était trop lourd, il retourne à son mattre, s'accroche à ses habits pour Tempêcher de monter à cheval : il crie, il mord . Mart n'y fait aucune attention, repousse son chien et part .
Le chien s'étonne de ce que ses avis ne sont pas mieui écoutés: il se jette audevant du cheval pour l'empêcher d'avancer, il aboie jusqu'à ce que la voix lui manque; enGn son zèle l'emporte; il se jette sur le cheval, et le mord en cinq on six endroits.
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C'est alors que Mari commence à craindre que son chien ne soit enragé . Dans certains esprils les soupçons se changent bientôt en certitude. On traverse un ruisseau ; Muse , quoique tout haletant , continue de crier et de mordre , et» dans l'excèsde son zèle.ilne songe pas à se désaltérer. «Ablmon malheur est donc certain, s'écrie Marl;mon chien est enragé ! S'il allait se jeter sur quelqu'un !. .. Il faut le tuer ... Un chien qui m'était si fidèle !... Mais si j'attends, il pourrait bien me mordre moi-même. Allons , c'est un devoir ...» Il prend un pistolet , vise et lâche le coup en détournant les yeux ; le chien tombe,se débat, se tourne vers son maître, et semble lui reprocher son ingratitude.
Mart s'éloigne en frémissant : il se retourne, et Muse agite sa queue en le regardant, comme pour lui dire un dernier adieu. Mart, au désespoir ,est tenté de descendre pour chercher quelque remède au coup qu'il a porté ; un reste de frayeur l'arrête : il continue tristement sa route, livré à des regreLs^à des re* mords^et poursuivi par l'image de Muse mourant; il ne sait comment expier ce trait de barbarie , il donnerait tout pour qu'il fût possible de le réparer, et il maudit
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mille fois son voyage. Tout à coup celle idée lui rappelle celle de son sac; il voit qu'il ne Ta plus: il se souvient de Tendroit où il Ta laissé: c'est pour lui un Irait de lumière; voilà Texplication des cris et de la colère du malheureux Muse. Il retourne à toute bride chercher bon argent, en déplorant son injustice; une trace de sang qu'il aperçoit le long du chemin le fait frissonner, et met le comble à sa douleur; il arrive au pied du buisson, et qu'y trouve- 1 -il? Muse expirant, qui s'était traîné jusque-là, pour veiller du moins sur le bien de son malheureux maître, et pour le servir jusqu'au dernier instant.
LES CRIMES PUNIS l'uN PAR L AUTRE.
Trois hommes voyageaient ensemble; ils rencontrèrent un trésor, et le par^ tagèrent;ils continuèrent leur route en s'entretenant de l'usage qu'ils feraient de
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