‹ Chrestomathie française à l'usage de la jeunesse arabeChapitre 59 sur 74 · AA · texte numérisé non relu

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rurenl pour les combattre et furent vaincus. Les sauvage.4 qui étaient vainqtieurs brisèrent les chaînes des deux enfanta bliincs> et lé^ cmmèdèrent dans leur île, où ils devinrent esclaves du roi. Ils travaillaient depuis le matin jusqu^au soir, et disaient: « Il faut servir Gdèlemcnt notre tnaître pour l'amoar de Dieu, et croire que c*est le Seigneur que nous servons, Car notre livre dit etpressémeiit qu*il fattt ea agir ainsi. «

Cependant ces nouveaux sauvages faisaient souvent la guerre, et, comme leurs voisins, ils mangeaient leurs prisonniers. Dû jour ils en prirent un grand nombre,car ils étaient de très bons guerriers. Il se trouva parmi ces prisonniers nii homme bianc,et comme il était fort maigre^les sauvages résolurentde rengraissér avant de le manger . Ils renchalnèrent dans une cabane, ^t chargèrent Marie de pourvoir à ses besoins. Comme elle Savait qu*il devait être bientôt mangé, elle déplorait son sort^et disait en le regardant tristement : « Mon Oieulmoà Diéù f ayez pitié de lui. • Cet homme blanc, qui atait été étonné en voyant une Glle de la même couleur que lui, le fut bien davantage, quand fl Teniendit parler sa langue et invoquer un seul Dieu. « Qni vous a appris à parler français, lui dit-il» et

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à coonattre le Trai Diea? ^ Je ne sais pas le nom de la bngne que je parle, Ibi répondit Marie; c'était celle de ma mère,et elle me l'a apprise: quant k Dien, âous afons deni livres qui en parient,et nôos le prions tons les jours. ^Ob! Dieu reprit cet liomme.en levant les mains et les yeux au cieL.. serait* il possible? Uais^ ma fille , pourriez-vous me montrer les livres dont vous me parles T -^ Je ne les ai pas,mais je vais chercher mon frère qui les garde, et il vous les montrera. « Bd même temps elle sortît et revint bientôt avec Jean qui les apporta. L'hpmme blane les ouvrit avec émotion, et ayant lu sur le premier feuillet: Ce Iwre appanitnt à Jean JUaurice/il s'écria: aihl mes chers enfants,e8tM:e vous que je revois? Venea embrasser votre père, et puissiez-vous me donner des nouvelles de votre mère! • Jean et Marie à ces paroles se jetèrent dans ses bras en versant des larmes de jde. A l9t fin, Jean reprenant la parole dit: « Je sens aux transports de mon cceur que vous êtes mon père; cependant je ne conçois pas comment cela peut être, car ma mère m'a dit que vous étiez tombé au fond de la mer , et je sais à présent qu'il n'est pas possible d'y vivre . — Je tombai effectivement dans la mer quand notre

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Taisseau 8*eDtr*ouvrit ^ reprit Jean Maurice ; mais m'élant saisi d'une planche j*abordai heureusement dans une Ile, et je tous crus perdus. » Alors Jean lui raconta tout ce dont il put se souvenir,et son père pleura beaucoup quand il apprit la mort de sa femme. Marie pleurait aussi, mais c'était pour un autre motiL « Bêlas! s'écria* t-elle, à quoi sert d'avoir retrouvé notre père, puisqu'il doit êire toé et mangé dans peu de jours 7 —Il faudra briser ses chaînes, reprit Jean, et nous nous sauverons tous les trois dans la forêt. -—Et qu*y ferons-nous, mes pauvres enfants ? reprit Maurice ; les sauvages nous reprendront,ou bien 11 faudra mourir

de faim. — Laissez-moi faire,dit Marie, je sais un moyen infaillible de voussauver . • Elle sortit en finissant ces paroles , et alla trouver le roi . Lorsqu'elle fut entrée dans sa cabane, elle se jeta à ses pieds, et lui dit:* Seigneur, j*ai une grande grâce à vous demander, voulez-vous me promettre de me raccorder? — Je vous le jure, répondit le roi,car je suis fort content de votre service. — Eh bien! tous saurez que cet homme blanc dont vous m'avez ordonné de prendre soin est mon père et celui de Jean; vous avez résolu de le manger^ et je viens vous représenter qu'il est vieux et maigre^ et qu'en conséquence il ne sera pas fort bon, au lieu que

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je suis jeooe et grasse; ainsi j'espère que tous voudrez bieo me oiaoger à sa place ; Je oe tous demande que huit jours , pour jouir de sa présence a?ant de mourir. — En vérité, reprit le roi, fons êtes une si bonce fille que je ne voudrais pas pour tout au monde vous faire mourir ; tous vivrez et Totre père aussi . Je vous sTertis même qu'il vient ici tous les ans un vaisseau plein d*hommes blancs auxquels nous vendons nos prisonniers ; il arrivera bientôt , et je vous donnerai la permis»on de vous en aller . «

Marie remercia beaucoup le roi, et dans son cœur elle rendait grâces à Dieu qui loi avait inspiré d'avoir compassion d'elle. Elle courut porter ces bonnes nouvelles à son père, et quelques jours après, le vaisseau dont le roi lui avait parlé étant arrivé, elle s'embarqua avec son père et son frère. Ils abordèrent dans une lie habitée par des Espagnols . Le gouverneur, ayant apprit Tbisloire de Marle^dit en lai-méme: «Cette fille n'a pas de fortune et elle est bien brûlée par lesoIeil;mais elle est si bonne et si vertueuse qu'elle pourra rendre son mari plus heureux que si elle était riche et belle. «Il pria donciUaurice de lui donner sa fille en mariage:

il s'unit à elle et fit épouser une de ses parentes à Jean ; en sorte qu'ils vécurent

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to«g forl (M^orieu^K daiy cett^ ile, adivÂraot ia gagewe de k Proirideoce, qui n'afais permis resdavagjQ 4e Mfirie que pour jiii dooper occesioo de Muver ia m i sm père.

Une dame d'esprit arail un Gis ; elle craignait tellemeDt de le rendre malade eo le contrariant, qu*il était devenu un petit tyran.et entrait en fureur à ia moindre résistance qa*on osait faire à ses volontés les plus bizarres . Le mari de cette dameySesparenls.ses amis lui représentaient qu'elle perdait ce fils chéri: tout était înutUe • On jour qu'elle était dans sa chambre, elle entendit son fils qui pleurait dans la cour: il s'égratignait la figure de rage, parce qu'un domestique lui refusait une chose qu'il voulait. « Vous êtes bien impertinent, dit-elle à ce va1et,denepas doiner à cet eafant ce qu'il vous demande; obéissez-lui tout à l'heure. —Par ma ibi, madame, lui répondit le valet, il pourrait crier jusqu'à demain, qu'il ne l'aa-

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rait pas. » \ ces mots la dame devient furieuse et prête 4 tomber en conTnIsîons; elle court dans une salle où se trouvait son mari avec quelques-uns de ses amis, elle le prie de la suivre, et de mettre dehors Timpudent qui lui ré^iste. Le mari, qui était aussi faible pour sa femme qu*c!lc l'était pour s(m û!s, la suit en haussant les épaules , et la compagnie se met i la f«;néire pour voir de quoi il était question. » Insolent, dit- il au valet, comment avez- vous la hardiesse de désobéir à Madame, en refusant à Tenfant ce qu'il vous demande? — En vérité, Monsieur, dit le valet, ^Madame n*a qu'à le lui donner elle-même; il y a un quart d*heure qu'il a vu la lune dans un seau d*eau , et il veut que je la lui donne. » A ces |>aroles, la compagnie et )e mari ne purent retenir de grands éclats de rire; la dame elle-même, malgré sa colère, ne put s*empécher de rire aus&i, et fut si honteuse de cette scène, qu'elle se corrigea.

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