‹ Chrestomathie française à l'usage de la jeunesse arabeChapitre 61 sur 74 · DÉCOUVERTE DU NOUVEAU MONDE PAR CHRISTOPHE COLOMB · texte numérisé non relu

DÉCOUVERTE DU NOUVEAU MONDE PAR CHRISTOPHE COLOMB

Christophe Colomb naquit dans l'État de Gènes en i^^l. Il s*adonna» jeune encore ,à la navigation^ et devint bientôt très-babilc dans la géométrie, Tastronomie et la cosmographie . Ses études et ses méditations lai inspirèrent la pensée qu'à Touest de notre continent il devait exister une terre . Mais aller à la recherche de cette terre , était une entreprise hasardeuse , et le peu de fortune de Colomb le mettait dans Timpossibilité de la tenter. Il offrit à Gènes^sa patriejes immenses avantages qoi devaient résulter de la découverte d*on nouveau monde ^ si cette république , longtemps célèbre par son commerce , consentait à faire les frais du voyage ; mats elle le refusa avec mépris . Il s*adressa à Jean II , roi de Portugal, qui Gt examiner le projet de Colomb, l'apprécia, et Gt faire secrètement un essai qui ne réussit pas. Le pilote qui partit pour se diriger vers l'ouest

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erra quelque teinpi sur Timmense étendae des mers, et rcifint n* ayant rîcn vu.ct Irailant de Tisions les idées de Colomb . Ccpendaul ce grand homme ne se déccaragea pas; il s'adressa an roi d'Angleterre ainsi qu'an roi d'Espagne, et celui-ci fut d'abord favorable. Colomb vint à la cour, où il eut ï lutter contre l'ignorance et les préjugés. Il passa plus de cinq ans à solliciter sans succès; il allait quitter l'Es* pagne, lorsqu'euGu il obtint l'appui de la reine Isabelle. Cependant trois années se passèrent encore en sollicitations, et ce ne fut que le 16 avril l(i92 qu'on signa le traité qui accordait à Christophe Colomb les titres héréditaires d'amiral et de vîce*roi de toutes les rners^ fies et terres qu'il découvrirait. Trois navires lui forent confies, la Santa-Maria, qu'il devait monter,/a P/itra, qu'Alonso Pinçon devait commander, et la Nina, qui devait naviguer sous les ordres de Yanez Pinçon, frère d'Alonzo.

Colomb mit à la voile le vendredi 3 août 1692. Après avoir relâclié aux tics Canaries, l'escadre quitta ces îles le 6 septembre, et commença ce mémorable voyage dans des mers inconnues, et sur lesquelles aucun homme n'avait encore osé se

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hasarder. Le premier jour on fit peu de chemin, les vents étant contraires; mais le second on ne vit pins la terre.et une partie de l'équipage commença à s'effrayer d*une entreprise aussi audacieuse . Colomb les rassura en leur montrant l'heureux avenir que leur préparait le succès. Cependant ces premiers germes de découragement rengagèrent à les tromper sur la rapidité de leur marche, et à lear ( acher une partie du chemin qu'ils parcouraient . Il avait d'ailleurs les grandes qualités qui donnent à Thomme supérieur un ascendant irrésistible sur le vulgaire, et ses connaissances dans la navigation inspiraient toute confiance à des hommes ignorants. Il naviguait dans ces mers inconnues avec les précautions indiquées par Tart nautique, observant tout avec soin, notant les moindres» circonstances de ce premier voyage, qui devait être si souvent entrepris. ÏjC \k septembre, l'escadre était à plus de quatre-vingt-huit myriamètres à Touest des Canaries; les compagnons de Christophe Colomb s*effrayèrcnt de nouveau , et cet effroi s*accrût à mesare qu'ils s* éloignaient davantage. Des pronostics les avaient plusieurs fois trompés:Ia mer s'était trouvée cpuverte de plantes marines , des oiseaux en grand nombre

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ayaienl été aperças dans les airs, cependant ils s*éloignaieat toojour8,et la terre ne paraissait pas,après trois cents myriamètres de chemin tonjoars àTottesULes murmures de?inrent plus Tîolents, la terreur 8*empara de tous les esprits,et ce ne fut plus bientôt qu'un cri général dans les trois navires contre cet aventurier, qui se jouait ainsi de la vie de tant de braves gens trompés par les rêves de son imagination. En vain Colomb cherchait à les convaincre par les meilleurs raisonnements; en vain il voulait ranimer leur courage par Tappât des richesses, il ne fut plus écouté . Tous avaient décidé qu'il fallait le forcer à reprendre la route de TEspagne, ou se défaire de lui en le précipitant à la mer.

Colomb comprenait le danger qui le menaçait ;mais,depuis quelques instants, il observait des phénomènes nouveaux qui annonçaient le voisinage d'une terre . Des oiseaux qui se dirigeaient vers le sud-ouest lui avaient fait changer la direction des navires. Ce fot alors que la révolte éclata dans toute sa force. Il ne lui opposa que la douceur,et il promit de se rendre an vœu de ses compagnons si dan» trois jours la terre n'était pas aperçue. Cette promesse calma les rebelles,et ils s'en-

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gogèrcnt à lui obéir trois jours encore. Le lendemain les signes parurent pins certains: la sonde prenait fond; un roseau flouant ei fraîchement coup6 fut retiré de Teau, ainsi qu'une pièce de bois travaillée de main d'homme; la Nina vit un rameau dVpincs chargé de friiili>;rair étsit doux et il:atid,ct, la nuit, le vcni devenait variable. Colomb, le soir du 11 octobre, fu carguer toutes 1rs voiles, dans la crainte des écueils,et^ après la prière, il dit à ses gens de remercier Dieu, qui les avait protégés pendant une si longue navigation, leur annonçant qu'ils étaient près de la terre, et leur recommandant de veiller avec attention. Il promit une veste de velours h celui qui la verrait le premier, en outre des dix mille maravédis de pension qu'il devait recevoir du roi. A dix heures du soir,C(ilonib vit au loin uno lumière qui changeait de place, et il la fit remarqner à ceux qui étaient près de lui. Enfin, à deux heures après minuit, le 12 cctobrc li!i92, le cri de teireJ letre! s'éîcva de la Pinia. L'Amérique était découverte.

Dos que le jour parnl ,1e spectacle magnifique d'nne île converic do verdure

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et de bois s*oiïrit anx naTîgatears.et à l'instant le TeDeumtui chanté par les trois équi|Niges. Après ces actions de prâces rendues à Dieu, un antre devoir non moins imp^TÎent &*accomplit. Ils se jetèrent aux pieds de CoIoiiib,s*accusant d*iiijusiice^ d'ingraiilude , Implorant le pardon , qn*un sincère repentir et la promesse d*ua dévouement désormais sans bornes leur firent obtenir du grand homme qu'ils avaient menacé d*unc mort terrible , et qu*à présent ils regardaient comme un être sarnaturei .

An lever du soleil, Cristophe Colomb donna l'ordre de mettre toutes les chaloupes à la mer: elles furent bientôt remplies d'hommes sous les armrSj et elles s'avancèrent vers l'île au son de la nmsique militaire. Cependant le rivage se cou* Trait de naturels du pays, qui, par leurs gestes, exprimaient leur surprise et leur adiuiraiion d'un spectacle si nouveau. Colomb fut le premier Européen qui loucha la terre d'Amérique: il était richement habille, portait répéc nue h la main , et était sui\i de ses compagnons. Dès qu'ils eurent abordé, tous baisèrent la terre; puis, ayant élevé un crucifix, ils se prosternèrent et remercièrent Dieu du succès

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inespéré d^une si noble entreprise. Colomb prit ensuite possession de l'île pour la couronne de Castiile et de Léon. Cependant les insulaires ne s'étaient pas éloignés; ils regardaient en silence toutes ces cérémonies auxquelles ils ne comprenaient rien; mais ils semblaient être dominés par le respect en voyant tant de choses extraordinaires: ces hommes à peau blanche, le visage couvert de barbe, habillés d'étoffes brillantes et variées de couleurs; leurs armes et surtout ces grandes machines qui semblaient se mouvoir avec des ailes, et desquelles s'échappaient par instants des tourbillons de fumée accompagnés de feu et d'un bruit égal à celui da tonnerre. Ils crurent d'abord que ces étrangers étaient les enfants du soleil. Les Espagnols étaient surpris aussi des nouveautés qui frappaient leurs regards: une nature inconnue s'offrait à leurs yeux, et elle était magnifique. Les p1antes,les arbres différents de ceux de l'Europe attestaient^ par leur belle végétation, la fertilité de la terre. Les habitants étaient nus; leurs cheveux noirs, longs et droits, flottaient sur leurs épaules ; leur teint était couleur de cuivre foncé, et leur physionomie paraissait douce et timide; leurs corps et leurs visages étaient peints de

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couleurs éclalantcs. Bientôt ils s'enhardirent, et, attirés par les grelots, les grains de Terre et les antres bagatelles que les Espagnols leur présentaient, ils s'approchèrent; ils allèrent chercher quelques provisions et du fil de coton qu'ils donnèrent en échange . Le soir , ils accompagnèrent les chaloupes en grand nombre, montés sur leurs canots , qu'ils conduisaient avec une facilité remarquable . Ainsi se passa ia première entrevue des Européens avec les habitants du nouveau monde .

YARIÉTÈS SCIENTIFIQUES.

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