‹ Chrestomathie française à l'usage de la jeunesse arabeChapitre 62 sur 74 · LA TERRE EST RONDE · texte numérisé non relu

LA TERRE EST RONDE

Les hommes ont cm pendant bien longtemps que la terre était plate, et il était naturel qu'ils le crussent , car partout où nous marchons , elle s'étend toujours devant nous, et nous ne nous apercevons pas qu*en avançant nous tournons sur la surfoce d*un glohe. Il a fallu bien des siècles d'observations avant d'arriver à la croyance de celte vérité; il a fallu bien des faits pour nous en convaincre. Plusieurs de ces faits sont très-faciles à vérifier.

Si nous sommes sur le bord de la mer, quand elle est calme, nous voyons devant nous une immense étendue d'eau, semblable à une vaste plaine bien unie.

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Supposons qa*an navire parte du port et quitte le rivage ; à mesure qu*il s*éloigoe, il diminue de grosseur, jusqu*à ce qu*il soit arrivé à la ligne où les eaux paraissent finir, et où semble s*appuyer la voûte du ciel. On appelle cette ligne Tborizon. Alors nous ne voyons plus le navire s'éloigner; on dirait qu'il s'enfonce dans la mer. Le corps du bâtiment disparaît le premier^ puis les voiles^ puis la dernière pointe du grand mât, que nouss apercevons encore, quoiqu'elle soit bien pea visible^ tandis que depuis longtemps les parties les plus grosses ont entièremeDt disparu. Si un vaisseau revient au lieu de partir,nous voyous d'abord la petite pointe du mât; les voiles paraissent ensuite, enfin le corps du navire. Dès qu'on le voit en entier^ il ne monte plus; il s'avance majestueusement vers le rivage. Nous savons bien que les vaisseaux ne sortent pas de la mer: si nous n'avons aperça d'abord que la partie la plus petite, et, par conséquent, la moins visible, c'est sans doute que quelque chose nous empêchait de voir le reste; c'est qu'un corps était placé entre nous et le vaisseau. Cependant nous ne voyons rien sur la mer. Si sa surface était plate.ce phénomène n'aurait pas lieu : à mesure que le vaisseau s'éloignerait, il nous paraîtrait toujours de plus en plus petit, et nous cesserions de

le Toir qaand il serait de?eou ao point imperceptible ; mais ri la surface de Teau est arrondie^ la courbure de cette surface immense nous cachera bientôt le navire.

En pleine mer^ quand on est sur le pont d'un vaisseau, on cesse de voir on antre vaisseau à une distance de quelques kilomètres, tandis qu'il est des montagnes très-bautes dont on voit le sommet à plus de vingt myriamètres. La courbure du globe terrestre cache le vaisseau, qui n'est pas fort élevé, elle n'est pas encore suffisante pour masquer le sommet de la montagne qui disparaîtra quand on se sera éloigné davantage .

Il est une autre preuve de la rondeur de la terre^ et cette preuve est sans réplique: c'est qu'on en fait le tour. Un voyageur célèbre, appelé iMagellan, a le premier tenté cette entreprise. Il s'embarqua, en 1611), dans un des ports du Portugal , et se dirigea vers le côté où le soleil se couche . Il arriva au continent de TAmérique , découvert en tû92 par Christophe Colomb; il côtoya ce continent en allant vers le sud,traversa un détroit qui porte son nom^entre la pointe la plus méridionale de l'Amérique et une grande Ile appelée la lerre-de-Feu, vogua en-

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suite un peu vers le nord, puis, reprenaot sa roule vers Toccident, il traversa lé Grand-Océan et la mer des Indes, doubla le cap de Bonne-Espérance, au sud de TAfrique, et son vaisseau revint par le côté où le soleil se lève, dans le môme port qu'il avait quitté en naviguant vers Tautre côié. Il avait donc fait le tour d'une iwule.Depuis Magellan^ beaucoup d'autres voyageurs ont fait le tour du globe;tOQs •ont toujours vu le ciel et les étoiles sur leur tête. Il faut en conclure que la terre est ronde et qu'elle est isolée dans l'espace.

Vous allez me faire une objection bien naturelle: si la terre est ronde, et si Ton peut en faire le tour, comment est-on placé à l'opposé du point où nous sommes? A-t-on la tête en bas? En eiïet^ les hommes qui habitent de l'autre côté du globe, et qu'on appelle nos antipodes, ont les pieds opposés aux nôtres. Ceci, mes amis, s'expliquera facilement quand vous comprendrez bien ce que signiûent les mots haut et bas. Si le haut est toujours le ciel> et si le bas est toujours la terre^ nos antipodes ont, comme nous, les pieds sur la terre et la tête tournée vers le ciel; ils sont donc placés dans les mêmes conditions que nous . Remarquez qu'ils peu-

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