JEAN MORÉAS
Né à Atltéiiea en 1856.
Elevé à Marseille, puis à Paris, devenu Français par adoption, Jean Moréas a joué un rôle assez important dans le mouvemenl symboliste, dont il passa quelque temps pour l'un des chefs. Il écrivait alors en langue décadente, tombant fréquemment dans le jargon mallarmisle. Par une curieuse évolution qu'explique peut-être son origine hellénique, il a abandonné plus tard le symbolisme pour former Vêcole romane. Jaloux d'égaler le fondateur de la Pléiade, il ronsardisa dès lors en un style à la fois archaïque et miguard, mélangeant dans ses vers le classicisme de la Renaissance et les nuageuses imaginations de la poésie décadente. Cet Athénien romanisé îi néanmoins beaucoup de talent e1 de charme; il est souvent original dans ses tbèmes et dans ses rythmes, mais il a pris, croyons-nous, une fausse voie. Nous ne sommes plus au XVI' siècle; il est bien inutile de refaire l'œuvre do Ronsard, et la poésie artiljcielle des humanistes est aujourd'hui frappée de slcrililé.
Maintenante
Autrefois je lirais de mes flfttes légères
Des fredons variés qui plai.saionl aux bergères
' Ces vers et les suivants sont extraits du recueil Le pèlerin passionné (1891).