‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 121 sur 151 · ANDRÉ VAN HASSELT · texte numérisé non relu

ANDRÉ VAN HASSELT

Dans mon ciel si pur tant de hianches étoiles Répandaient, la nuit, leur rêveuse clarté, Et jamais le jour n'avait vu de ses voiles Un orage obscur en ternir la beauté.

Mon jardin n'a plus une fleur parfumée. De mes gais bouvreuils le dernier s'envola. Mon foyer éteint n'est que cendre et fumée. Tout mon ciel est noir, — car vous n'êtes plus là.

^^^^^^^ Le soldat de la vieille garde i.

^^"^ Soldat de la vieille garde, Longtemps éprouvé du sort, Je pleure, ô mon Dieu, regarde l

L'empereur est mort !

Brûlé du soleil du Caire, Glacé par les froids du Nord, J'ai fait vingt-cinq ans la guerre.

L'empereur est mort ! Acteur de la grande bisloire, De l'bomme sublime et fort, J'en garde ma part de gloire.

L'empereur est mort l Dix ans j'ai porté son aigle, Toujours avec lui d'accord ; Nous sommes tous deux en règle.

L'empereur est mortl Son astre éclairait la terre.

Hélas 1 et voilà qu'il dort.

Clairons, vous pouvez vous taire.

L'empereur est mort !

Débris de combats sans nombre, Que suis-je après tant d'effort ?

Un spectre vivant, une ombre.

L'empereur est mort !

1 Cette pièce rythmique comprend, à chaque strophe, trois vers de sept syllabes à trois accents toniques et un rers de cinq syllabes à deux accents toniques (trois pieds et deux pieds) :

Soldat/ de la viei/lle garde/...

L'empereur/ est mort/

568 CIIRESTOMATHIE FRANÇAISE

Mes yeux sont usés de larmes.

0 loiiibe, ouvre-moi ton port.

Jft veux y jeter mes armes.

L'enipereiir est mort !

ŒuvreB à lire de van Hasselt (Hauman et G'^. éditeurs, Bruylantrhrîstophe et C'«, éditeurs, Bruxelles) : Primevères (1834); Nouvelles poésies (1857); Eludes rythmiques (1802); Poemi's (1863i : Licre des ballades (1877'; Œuvres complètes. 10 volumes; Poésies choisies par G. Banal (1901). — Critiques à consulter: L. Alvin, André van Hasselt, sa vie et ses travaux (1877); Jules Guilliaume, Le vers français et les prosodies mudernes ; Ch. Fuster, Les poètes du clocher (1889); Eugène Rambert, Etudes littéraires (1890); Virgile Kessel, Histoire de la littérature française hors de France (18. lô).

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