PROMÉTHÉE
Répète encor ces mots qui m'enivrent de joie
Et troublent le vautour qui me ronge le foie.
0 mes pressentiments, vous triomphez enfin !
C'est le commencement, le signe de la lin.
Ah ! combien ce moment rachète de soull'rances !
Quelle ivresse de voir enfin ses espérances,
Comme un rêve animé qui survit au réveil.
Déployer devant tous leurs ailes au soleil !
Oui, le grand Pan est mort ; Jupiter va le suivre.
Les dieux, grands et petits, n'ont plus qu'un jour à vivre.
Au livre du destin leur nom est effacé;
L'univers leur échappe et leur règne est passé.
Ah ! pauvres insensés ! ô risible délire !
Vous pensiez qu'une fois parvenus à l'empire.
Dans le monde charmé tout irait pour le mieux ;
Que jamais l'avenir n'enfanterait de dieux ;
Que n'ayant d'autre loi que votre seul caprice.
Vous pourriez vous passer de règle et de juslico ;
Enfin, que pour vous seuls arrêtant son essor
La fortune mettrait à sa roue un clou d'or ?