‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 65 sur 151 · DAPHNÉ · texte numérisé non relu

DAPHNÉ

Ce que j'ai fait est fait et ces choses sont bonnes. Sachez par moi combien l'amour a de pouvoir. Retenez ce qu'hélas ! je vous donne de voir, Et contez mon malheur pour que jamais les mères N'obligent leur enfants à des noces amères... Et pourtant je vivrais si Dieu l'avait voulu. La terre me faisait accueil; il m'aurait plu, Près du foyer, soumise à l'époux, douce et fière, De nourrir un enfant sous la belle lumière Et de le voir éclore à des souffles d'amour... Voici l'aube innocente, amis; voici le jour. Menez-moi, menez-moi sur la colline rose, Vers les blonds tamaris que la fontaine arrose... La nuit, la nuit revient, m'enveloppe et m'emplit. Approche, cher époux. Porte-moi sur le lit

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