‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 101 sur 166 · LE CHOEUR · texte numérisé non relu

LE CHOEUR

Que ton indomptable génie Nous emporte, roi Zeus, vers l'avenir divin l Que dans le large espace et les siècles sans lin

La loi du monde soit bénie l

Œuvres à lire de Maurice Bouchor (G. Charpentier, Fischbacher, Kolb, La cène-Oudin, éditeurs, Paris) : L'Aurore (1883); Les Symboles (1888-^895). - Tb/'àtre : Tohie (1880) ; Xoél (1890) ; La légende de Ste-Cécile (1893) ; La dév( tion à Saint-André (1893): Les Mystères d'Eleusis (1894); Chants populaires d l'ancienne France] La Chanson de Roland (1898); Vers la pensée et vers l'ai tion il'JiJU); Poèmes et récits (li)0<»). — Critiques à consulter : Jules Lemaltrt ln)pri's:fio>is de théâtre (1892, 1S93, 1895) ; Francisque Sarcey. Feuilletons d Temps (189l-180r>); Gaston Deschamps. La vie et les livres, S* série (1895); Henr M"i>'U;Zor. Semaine littéraire, 30 mars 1Î.K.H.

IIENKI DE BOHMKi. 4f>I

HENRI DE BORMER

Sé à Lunel <>n 1S:^5. mort à Paris en i90l

( ^e noble poète commença sa carrière au moment où s'achevait le roinantisine. En 18-4,'), (juand parurent ses Premières feuilles, il était complètement inféodé à cette école dont il avait les sentiments et les procédés. Plus tard, il travailla beaucoup àla bibliothèque derArsenal, ses idées se modifièrent et, par un curieux retour vers le passé, il subit fortement l'intluenco de la littérature classique. On peut aisément discerner dans ses œuvres la marque de la double source poétique où s*étancha son esprit; il y a en lui du Victor IIu<?o et du Corneille. Les plus belles œuvres de Henri de Bornier sont des pièces de théùtre. Il a eu, après 1870, avec sa Fille de Roland^ un des succès los plus retentissants de la scène française. Ce succés-était diien partie aux anî^oisses nationales du public; ce drame, traversé d'un admirable souffle patriotique, interprétait éloquemment les aspirations des cœurs français; tuut le monde faisait fête au poète consolateur. Tia pièce mérite du reste fileineinent l'admiration qu'elle a excitée en France et à rétran;?er où on la traduite presque partout : c'est une des plus belles œuvres du théâtre. Si la hauteur morale suflTisait à faire les chefs-d'œuvre, un «'ilorait peut-être celle-ci comme la première delà France. Malheureusement chez H(mri de Bornier, l'artiste proprement dit n'égale pas le poète ; il lui faudrait une langue plus éclatante et plus riche j)our exprimer dignement son admirable idéalisme; il est parfois inégal à son propre ^Mînie. Son (ouvre, toutefois, restera, parce qu elle est grande, noble, <ît riéreuse et, pour ainsi dire, géniale par la beauté morale qui s'y trouve réalisée.

Les deux glaives ^

I^a France, dans ce siècle, eut deux grandes épées. Deux glaives, l'un royal et l'autre féodal, Dont les lames d'un Ilot divin furent trempées ; F^'une a pour nom Joyeuse, et l'autre Durandal.

Holaud eut Durandal. Charlemagne a Joyeuse, S<eurs jumelles de gloire, héroïnes d'acier, F]n qui vivait du fer l'Aine mystérieuse, Que pour son (Euvre Dieu voulut s'associer.

Toutes les deux dans les mêlées Entraient jetant leur rude éclair.

Et les bannières étoilées Les suivaient en flottant dans l'air!

1 Extrait de La FîU<> de Roland, drame en quatre actes (\9nT\\.

i(»2 CHIUlSrnMATillK KHAN.: \ISK

Oiiaiid «.'llr'S iaisiii«'iit Ir-ur ouvrage, I/t'-lraii^'er tVémissiiil il»* rap*, SaiTaziii.N. Saxons un Danois.

ToiipIm^ liurlaiit»* cl cania^sicro, Tomhait dans la nui/»^ |iuussi»>rc De (:«'s formi(lal)l«'S tinininis !

Diirainlal a conquis rKs[)a;:uo; Joyrusc a doinpir* le l^tunhanl; (jliac.'unç à sa nul)lo coinpaj:uo Pouvait (liro. : Voici ma j)arl !

Tuul<*s los deux ont par l«* monde Suivi, chassé lo crime inunonde, Vaincu les [laiens en tout lieu; A])rèh mille et mille batailles.

Aucune d'elles u'a d'entailles Pas plus que le glaive de Di«Mi 1

Ht'lasl La nw^'ine iln ne leur est pas donnée! Jo\euse es! liére et lihre après tant de cond)ats, El quand l^)land périt dans la soiid)re journée, Durandal des païens fui cajdive là-bas!

Kl le est captive encore., et la France la pleure, Mais le sort difrérenl laisse l'honneur é-ral. Kt la France, attendant (juehjue chauce meilleure, Aiiue du même amour Joyeuse et Durandal l »

La Fille de Roland K

(îaucloa, le traître de Houcevaiix, n'est pas mort. Sauvé par des moines qui Tout Rr.i;;ui5 opn's son Kuppli<-e. il a pu se faire passer pour in^rtet vit soiis lo nom JAmaury, dans le cbatoau de Munthlois, au Lord du liliiu. prôsde la Marche saxonne. 11 s'est repenti de son crime ; pour lo raclibtor, il a élevé son liU. (jérald. dans le culte do Ihonnour et do la vertu. Quand l'action commence, celui-ci rùve daccomjjlir de nobles exploits. Le hasard lui fournit l'occasion de sauver Bertho. la lille <!•• Roland, que les Saxons allaient ravir. Un peu plus tard il tue l- f-'-roce vmiv Xof'fhold (juaucun seiîjneur français n'a pu jusqu'ici vaincre en champ clos, et repn'Tid Durandal. l'épée d»' Roland. A la suite de ci^s

* Il ji'ost jtas inutile de rapp'der que cite pii^ce, jouée en 187.'). fut composée en 18«''3, bif^n antérieurement aux événenionts de l'Année terribbj. Les allusions qui s'y trouvent aux inalheurs et aux espoirs de la France proviennent donc des analogifs historiques t-t non «l»^ la volonté même de l'auteur. — Ayant d'aborder cette pièce, lire Le Cor d'Alfred de Vigny, page 142, Pour uue étude jdus complète, consulter la Chanson (^e Roland, édition Léon Gautier.

hnuts faits, Chailemagna accords A Qinld U msin. i» BsrthBi mais on Suod n. lecannu Gnni'lrii csiibo sous Amnury; il déaoaiM 1* tiattte pour Tsngor sa race. Le taiiibls uent, igiiori jusqu'Ici de Girald, t* détrulM à jkmaii «ou

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