‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 102 sur 166 · Scène première · texte numérisé non relu

Scène première

UÉRALD, BERTIIK, LE DUC NAYME, RAGENHARDT, AMAl]R\,

GEOFFItOÏ, HARDRÉ, jeunes filles, jeuius sbignbuhn

LB DUC NAïllE, debout k gssehe.

Approchez tous les deux, jeuue Qlle et jeuae homme;

C'est Gérald de &lontblois et Berthe qii'oa vous oomme?

UÛHALD BT BEHTHB

Oui, sire.

LB ODC NATUB

L'Empereur m'ayant commis ce soin, Moi, duc Nayiiie, prenant cette foule à témoin. Ici du dizuiiiier je rcmpHrai la ctiar^e; L'Kmpcrcur veut ainsi d'une façon plus iMge Honorer cet hymen... Venez doue devant moi Echanger les présents, comme le veut la loi. Mais, d'après cette loi dont aucun ue s'exempte, ■ Je dois inlerrogei' l'fpoux qui se présente, .Afin qu'il puisse encore, ayant mieux réfléchi, Itevenir sur ses pas avant le seuil franchi. — Gêtald, un homme fui, dans les temps héroïques. Grand parmi les plus grands, parmi les plus stolques; Vingt ans nous l'avons vu, marchant su doigt de Diea Sous sou blanc gonfanon et son cimier de feu; Son courage était fait de sa haine du crime. II était gi'ui'reux surtout et magnanime; Le soir de Roncevaux, dans le fatal vallon. Quand Olivier mourant maudissait Ganelon : B Tais-toi, lui dit Roland, plus de parole amère; u Epargne devant moi le mari de ma mère ! u L'univers, où sou nom vient toujours retentir, V6ni-re maintenant le chevalier martyr, Si bien que, nous otTrant ce rare et noble exemple, La tombe de Roland lui peut servir de templat

i(»2 CHlUISroMAIiîIK î »A\i: \ISK

Quand elles lais.iieut louruinrage, LT'lraii^'i'r l'iviiiis>aiil ib' ra>r«s SaiT.iziiis. Savuiis ou Danois.

Toiirlui liurlaul»' et oariias:Mèro, Tuiiihail «laiis la mn^o j)uu>sière I)«? ces ibniii(lal)l''S Inuriioisî Durandal a cniii|iiis lEspa^Mio; Joyt'use a domiili'' le Loinhard; Chacune à sa nuhlo oonipajjno Pouvait dire: Voici ma ]Kirl î Toutes les deux ont par l<* monde Suivi, chassé le crime immonde, Vaincu les |)aïens en tout lieu; Après [uille elndlle balailles.

Aucune d'elles n'a d'entailles P;is [)lus (|ue le glaive {\o. Dieu !

Il'lasî l.a m»Mne lin ue leur est pas donnée! J<»\eMse est tiére et libre après tant de cond»ats. Et quand I^Jland périt dans la somhre journée, Durandal des païens fut ca[)tive là-has!

Elle est captive encore, et la France la pleure, Mais le sort ditrérent laisse rhoniieur é-L'al, Et la France, attendant quelque chance meilleure, Aime du même amour Joyeuse et Duraiulal l »

La Fille de Roland K

«îanelon, le traître de r.onrevaux, n'est pas mort. Sauvé par des moines qui iout sci^rué apr'''s son supplice, il a pu se faire passf>r pour in»irt et vit sous !«> nom d'Amauiy. dans le ciiatcau de Montblois, au Lord du lUiiu. prèsdo la Marclie saxonne. 11 s'est repenti de son crimo; pour le racL'jter, il a élevé sof» IUr, (lérfild. dans le culte do l'honneur et de la vertu. Quand l'action coraraouce, celui-ci rêve daccfjniplir de nobles oxjiloits. Le hasard lui fournit l'occasion de sauver Berthe. la fille <lo Roland, que les Saxons allaient ravir. Un peu plus tard il tue l-j f-^roce ûmir Not,'thold (juaucun seigneur français n'a pu jusqu'ici vaincre en champ clos, et repr''ii<l Durandal. l'épée d»^ H<dand. A la suite de ces

* 11 nest pas inutile de rapp^jlor i(ue cotte pièce, joui.'-e on 1875. fut compose.; en 1Sf.3. bion antérieurement aux événements de l'.Xnnée terrible. Les allusions qui s'y trcmvent aux malheurs et aux espoirs de la Franc»' proviennent donc des analogies historiques et non do la volont»'' même de l'auteur. — Avant d'aborder cette pièce, lire Le Cor d'Alfrud de Vi^^ny, page 142. Pour uae étude jdus complète, consulter la (Jhansoii de Roland, édition Léon Gautier.

HE»RI Dk SOBHUB

liants folta, Charlemsgita accorde à QJratd la midiL ds B«tU]*; nuls un Saxon a recouQu Oan>'b<D ctsbi bous Amnury ; il dinooM 1« triiltn pour Tengsr iia laca. Lo terrilila laorat, Igaocé jiuqu ici da Qérald, y* dètrobv t Jamais lOD

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