‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 103 sur 166 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Seine premiir$.

(iÉRALD, BERTHB, LE DUC NAYME, RAGENHARDT, AMAURY,

GEOFFROY, HARDRÉ, ieunbs filles, isinns seigkhuhs

LE DUC NAÏHB, debout k gauche.

Approchez tous les deux, jeune Slle et jeune horome ; C'est Gérald de Montbiois et Betlhe qu'oQ vous nomme?

UKEIALD ET BERTKB

Oui, sire.

LE DUC NAYME

L'Empereur m'ayaiU commis ce soin.

Moi, duc Nuj'iiie, prenant cette foule à lèmoi[i, Ici du ilizai nier je reniphrai la cliarge ; L'Empereur veut ainsi d'une façon plus large Honorer cet hymen... Vnnei donc devaut moi Ek^liunger les pn''senls, comme le veut la loi. Mais, d'aprËs celle loi dont aucun ne s'exempte, - Je dois interroger l'époux qui se présente. Afin qu'il puisse encore, ayant mieux réfléchi. Revenir sur ses pas avant le seuil franchi. — Gérald, un homme flit, dans les temps héroïques. Grand parmi les plus grands, parmi les plus stolques; Vingt ans nous l'avons vu, marchant an doigt de Dieu Sous son blanc gonfanon et son cimier de feu; Sou courage était fait de sa haine du crime. Il était gi'uéreux surtout et magnanime; Le soir de Roncevaux, dans le fatal vallon. Quand Olivier mourant maudissait Ganel ou : a Tais-toi, lui dit Itolund, pins de parole amère; V Epargne devant moi le mari de ma mère ! » L'univers, oU son nom vient toujours retentir, Vt'^nùre maintenant le chevalier martyr.

Si bien que, nons oITrant ce rare et noble exemple, La tombe de Roland lui peut servir de templ%t

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Tel fut Roland. — Voici sa fiile près de toi, Sire Gérald ; avant de recevoir sa foi, Cherche si dans ton cœur ferme, loyal, fidèle, On ne peut rien trouver qui soit indigne d'elle.

GÉRALD

Hien l — Je peux donc offrir, messire dizainier, Sur ce bouclier d'or le sel et le denier.

Il présente à Berthe le bouclier qu'elle reçoit et remet à uuc

des suivantes.

LE DUC NAYME

Dame Berthe, à présent, selon le même usage, Offrez au fiancé les dons du mariage.

BERTHE

Messire dizainier, j'offre donc devant vous Le manteau, puis Tépée, à mon futur époux.

Une des suivantes remet à Gérald l'épée et le manteau qu'il fait passer à un seigneur de sa suite.

LE DUC NAYME

Et maintenant, il faut pour l'hymen qu'on es[)ère. Joindre au désir du fils la volonté du père. — Venez, comte Amaury. Voici les fiancés ; Ils ne peuvent sans vous être unis. Prononcez!

AMAURY, avançant lentement.

Sire duc... Pardonnez à mon trouble. . Il me semble Que pour moi cet honneur est trop grand, et je tremble; Je voudrais qu'en ce jour qui met tout au vrai prix, Le père dispsirût dans la gloire du fils ! Après ce qu'il a fait, ce qu'il fera peut-être, Mon fils est le vrai chef de famille, le maître! Moi je ne suis plus rien, je ne peux rien, sinon Sentir mon cœur frémir de tendresse à son nom. Faites ce qu'il désire.

GÉRALD

Ah ! mon père... De grâce 1...

Ma gloire, c'est d'avoir bien suivi votre trace.

AMAURY

Ce que j'ai dit, Gérald, je dois le maintenir: Moi, je suis le passé; marche vers l'avenir !

Comte Amaury, c'est bien '. — Pour que nul n'en ii^iiore, A tous, selon la loi, je fais ap|iel encore. Ainsi, par des inolifs qu'a prévus cpde loi, Quelqu'un s'up|iosf-(-il à cet lijmenî

HAGËMIARDT, I

Oui, I

Tu piMix iiiii'lcr. Saxoi

Utliaiiie. avcz-voiisditî En eiïet, j'ai souffert, j'ai liai, j'ai nianilit ; Je n'r'liiis. [l'ajaiit jus de Uieu qui m'avertisse, Que la haine... Je suis à présent la justice '. Ihiiiie Iterlli», Gi'^ralil, moi Saxon, vous Français, Je me (airais eiiL-or si je vous haïssais, Kt laissant accomplir cet liymen exOcrable, Je (urlcrais quaml tout serait irréparai)le ! H\t liien, non, non ! Cela, je ne le ferai pas. Kt Ions deux, je vous sauve avant le dernier pas I

LH DlIC SA\-1IK

Ksplique-toi donc 1

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