JUSTE OLIVIER
La mère, une ou deux t'ois, se montra sur le seuil, Ses cheveux gris sortant de sa coiffe de deuil. Ses yeux fixes tournés sur la table servie ! « Mangez ! mangez ! pour moi rien ne me fait envie, «Mangez! leur disait-elle avec un froid accueil.
Je partis, côtoyant les vignes dépouillées.
Un vent sévère et froid Ballottait dans les airs les feuilles envolées; Et j'en vis qui roulaient en troupes désolées Autour de la maison, et tombaient sur le toit.
Un sombre tourbillon descendit sur la terre.
On Fentendait frémir, Et résonner surtout vers le haut cimetière, Où son souille, heurtant quelque monceau de pierre,
Y pouvait mieux gémir.
J'entendis un vieillard, passant par la prairie,
Qui, le front découvert, Luttait contre le vent et, dans ses rêveries, Disait tout haut, marchant sur les feuilles flétries: (( On laisse le bois mort, on coupe le bois vert ».
Vieillard 1 ta pitié fausse est, de plus, insensée.
Vois- tu tomber des cieux La neige, dans les airs doucement balancée, Et d'un linceul aussi recouvrir, amassée,
Les prés silencieux.
Et les tombeaux anciens et la fosse nouvelle.
Les morts jeunes et vieux, Comment les reconnaître? égalisés par elle, Ils ont tous pour manteau la blancheur de son aile Jusqu'à l'heure où doit luire un soleil radieux.
Alors, quand du trépas la pesante froidure,
Sous le rayon divin. Verra fondre sa glace, ainsi qu'une onde pure, La vie, au jour nouveau, reprendra son murmure.
Et coulera sans fin.
896 CmiKSrOMATHIE fhant.aisk
Œuvres à lire de Juste Olivier (Gentpres Bridel, éditeur, Lausauue) : Lén deux voix (18;i5) ; Chansons lointaines (IS47); Chansons du soir (18C7). — Critiques à consulter: Eugène Rambert, lùrricaitis de la Suisse romande ilSSO). Ch. Fuster. Les poètes du foyer; Ph. Goiiel, Ilisioire littéraire de la Suisse française: Virgile RoRsel, Histoire de la littérature fran(;aise hors de France; Henri Warnery, Au Foi/er romand (VM-i).
ETIENNE EGGIS
Né à Fribourg en It<:iO, mort à Berlin en ÎS67.
Celai-là fut un vrai romantique jusqu'à la bohèmo inclusivement. A Paris, où il rlail venu chercher la gloire, il rencontra la misère et mena rlè«? lors IVxisfcnice la plus drcousup. Tl vatrabonda dans divers pays, eut des malln-urs, mourut tristement loin de la potile patrie qu'il avait fuie par fantaisie ambitieuse. C*«>st un poète inégal, excentrique parfois, poseur môme et gâté par les défauts delà Bohème romantique. Il eut pourtant de beaux éclairs de lyrisme. Dans son dur voyage au beau pays de la chimère littéraire, il a rencontré souvent de nobles inspirations. C'était une âme de poète.
EUe^
Klle 1 Elle est l^elle coinnie une fraîche soirée Sur la blanche montagne où le soleil s'endort, Ouand l'ombre descendante, aux flots d'opale et d'or, Agrafe sur son front son écliarpe moirée;
Sa voix a la douceur et la suavité
D'un chant lointain de harpe entendu sous le tremble,
Quand la brise du soir à la rose qui tremble
Jette un baiser d'amour et do virginité.
Son regard est empreint de vagues rêveries, 11 est mélancolique et doux comme la nuit Le regard d'une étoile au front brun de minuit. Sur la mousse et les fleurs des lointaines prairies.
Son épaule est de neige et ses longs cheveux noirs, — Quand leur flot jaillissant sur un front qui se penche Sous un rêve d'amour, soyeux et doux, s'épanche, — Sont beaux comme la lune au sommet des manoirs.
1 Extrait de : En causant avec la lune (1850).
ETIENNE EGGIS 597
Et je Taime, ô mon Dieu ! comme aime Tespérauce Le malheureux en proie à de longues douleurs, Qui voit briller l'étoile aux riantes couleurs, A son seuil où toujours s'asseyait la souffrance.
Elle est douce à mon cœur comme an jeune exilé Un chant de son pays, comme un rayon de lune Au captif triste et seul dans sa tour, sur la dune, Ou comme un souvenir de la tombe exhalé t
Et cette vierge, c'est la chaste poésie
Qui jamais n'a vendu sa céleste beauté,
Fille de Tamour pur et de la liberté,
Pour un culte éternel que mon cœur a choisie.
Dans la souffrances
Oh 1 ne laissons jamais sous le doute énervant Notre Ame s'aff'aisser comme le flot an vent ; Recevons, sans pâlir, les coups de la souffrance, Que le bien seulement ait notre souvenir; Oublions le passé pour croire à l'avenir, Et buvons en marchant le vin de l'espérance 1
Si Forage ou le vent bat notre front mortel, Ne craignons pas d'aller, aux marches de l'autel. Dire VAve Maria que disait notre mère ; Lorsque l'on a souff^ert^ on croit toujours en Dieu, Et souvent à la paix qu'exhale le saint lieu, Se rassérène enfin notre existence amère !
Que les hommes jamais ne voient notre mépris; Trouvons des mots d'amour pour les cœurs incompris, Sachons être assez grands pour bannir notre haine. Si nous avons en nous quelque ulcère rongeur. N'étalons pas à tous sa sanglante rougeur: Avec le tronc pourri restons droit comme un chêne.
Sachons vivre isolés au milieu des humains ; N'allons pas, à genoux, sur le bord des chemins
' Extrait des Voyages au pays du cœur (1852) . — Comparez cette pièce avec la Mort du loup de Vigny, page 147.
Mendier aux passants l'aumône d'une larme; Que l'hymne sanglotant de nos sombres ennuis Ne verse ses accords qu'au silence des nuits; Ayons dans le combat le silence pour arme !
Oublions l'homme pour nous souvenir de Dieu,
Ne devançons jamais le moment de l'adieu.
Méprisons la pilié que la foule sait feindre.
Si des douleurs sans nom rongent nos conirs ardents,
Souiïrons et sourions ; n'ayons pour confidents
Nul ami, nulle femme, et mourons sans nous plaindre.
Œavres à lire d'Etieuue Eirfçis (Berthoud, éditeur. Xeuohâl«îl) : Poésies publiées par Philippe Godet (1H8(J). — Critiques à consulter : Philippe Godet. iV/itice hiographiqiM et littéraire en tête dos Poésies (ISSi); Histoire littéraire de la Suisse française; Virgile Rossel, Histoire de la liiié rature française hors àr' France.
Mn'« DE PllESSENSE (Elise-Fhançoise du Plessis.
Née à Yverdnn en ÎH^G. morte à Paris en iOOi.
Une noble femme et an bon poète. Par son lyrisme, elle se rattacha au romantisme français, mais son éducation protestante a fortement influé sur son esprit et fait dévier ses promion's ndnnrations litli'rairi'N. Le christianisme, un christianisme larpre et à]oxr h la Vinot, lient la première place dans son œuvre, toute pleine do beaux sentiments et de pt.'nsées profondes.
Les poètes sans voix^
Oh ! combien il en est parmi nous de poètes. Dont les voix à jamais doivent rester nmeltes. Cœurs profonds et r«'veurs tournés vers l'inconnu, Inconsolés du ciel pour l'avoir entrevu !
Ils n'ont rien oublié de leur belle patrie. Si ce n'est son lan^M«re, ineffable harmonie. D'autres se font un jeu de son secret divin : Eux, faits pour le parler, ils le cherchent en vain.
D'autres savent jjarler cette langue étrangère. Echo de l'idéal sur notre pauvre terre ;. Mais eux, encor émus de son doux sou\euir. Ils ne savent qu'aimer, regretter et souffrir.
1 Cette j»ii'ce et lu Buivante sont extraites des Poésies ilS^JOK
M'"^ DE l»Rt:>bE.NSÉ Ô99
FA qu'importe, après tout ? Si cette mer profonde Dérobe à tous les yeux les trésors de son onde, La perle ainsi ravie à l'avide plongeur En est-elle moins belle aux regards du Seigneur?
0 poètes sans voix, les trésors de votre âme, Nul ne les a compris et nul ne les réclame. Vous passez ignorés de ce monde bruyant. Sans laisser une empreinte à son sable mouvant.
Nul ne saura jamais que dans votre poitrine, Captive, frémissait l'étincelle divine; Que vous p)ortiez en vous réternelle l)eauté, Comme en un sanctuaire une divinité.
Mais le germe sacré déposé dans votre âme, L'amour du beau, du vrai, vivante et noble flamme. Sans l'avoir profané sur un vulgaire autel, Pur des gloires d'en bas, vous l'emportez au ciel.
Vous m'avez laissé seul.
Jésus revint trois fois peudant cette nuit sombre ; Les disci[)les dormaient, accablés, oublieux. Triste, il les regardait et s'éloignait dans l'ombre, Mais la troisième fois il s'arrêta près d'eux.
<( Dormez l dit-il alors avec un doux reproche, »» Vous m'avez laissé seul à l'heure où je luttais, ') Et maintenant celui qui me trahit s'approche. » Dormez! il n'est plus temps de veiller désormais. »
Comme il parlait eiicor la troupe sacrilège L'entourait... il reçut le baiser de Judas; Et (juand, seul au milieu de rin<ligne cortège, Son œil chercha les siens, il ne les trouva [>as.
Il était seul... 0 Christ 1 celte longue agonie Depuis dix-huit cents nns elle n'a pu finir, Et nous te laissons seul, et notre àme engourdie Dort de son lourd somujeil (juand il faudrait souffrir.
Tn grand gémissement monte de notro terre Kl la sueur de sang y coule nuit cl jour...
onni^ci A v/jiLA A J3ii:i jr n/i.'«u^«i.>^ia
Ceux qu'étreignait ton cœur à cette heure dernière, Hélas 1 ils n'ont rien su de ton divin amour.
Et nous les oublions... Et pendant cette veille De tant de malheureux, d'ignorants, d'opprimés, Nous dormons, nous rêvons... Si leur voix nous éveille, Nos yeux appesantis sont bientôt refermés.
Mais ce gémissement qui monte de la terre Retentira pour nous jusqu'en l'éternité.
Lorsque Dieu nous dira : Qu'as-lu fait de ton frère? Et Jésus de sa voix tendre et pourtant sévère : Vous m'avez laissé seul en mon Gethséinané 1
Œuvres à liro de M«« de Pressensé (Lemerre, éditeur, Paris) : Poéêies (1860). — Critiques à consulter : Cordey, Journal religieux de la Suisse romande, 18 et 25 mai 1ÎK)1; Marie Datoit. An Foyer romand (1^2).
MARC MONNIEK
yé à Florence en 16iii>, mon à Genève en 1885,
Français par son père, Suisse par sa mère, Marc Monnier passa à Genève la plus i^rand*-, [Kirlie <le sa vie; c*est pour cela qu'on le rang».> généralement parmi les ê<frivains de la Suisse française, bien qu'il n'ait en somme rien du caractère romand. Comme Banville, auquel il ressemble par quehjues côt«''s, c'est un versificateur extrêmement habile, d'une /îmotiou tendrement discrète, d'une verve comique brillante, vif, alerte, sémillant, aimable, déli<'at. Son Théâtre des Marionnettes est un petit clief-d'œuvre de satire politique, et ses traductions en vers de Faust et de VArioste sont des oeuvres d'une rare virtuosité. Marc Monnier aurait pu devenir un très grand poète s'il n'eût fMspersé en prose et en vers, sur une inlinilé de sujets hétéroj^ènes, son étonnante facilité.
La colombe ^
Savez-vous pourquoi j'aime la colombe ?
C'est que le bonheur n'est point aux sommets : Plus ou veut monter, plus bas on retombe, Et qui va trop loin ne revient jamais.
* Cette pièce et les suivantes sout extraitHS des Poésies de l'auteur. Nous n'avons pas reproduit des fragments du Théâtre des Marionnettes, qui donneraient une idée plus exacte de son talent, parce qu'il n'est pas facile d'y pratiquer des extraits et que l'ouvrage est plein d'allusions politiques demandant de longues explications.
MA ne MOMKH
eof
En son vol ardent plus d'un, suivant l'aigle, Court de monde eu monde, à pas surhumains ; Tandis qu'eu la plaine un enfant espiègle Tend plus près de Dieu ses petites mains.
Dieu n'est point au ciel où le vent emporte Tant de cris ardents et de vœux déçus, Il est près de vous, il est à la porte t
Que Marthe et Marie ouvraient à Jésus.
Chez le pauvre monde offrant son eaa fraîche. Parmi les pécheurs venus par milliers, 11 est dans Tétable, il est dans la croche» Sous les mufles chauds des bœufs familiers.
Aussi, douce et belle entre les pins belles, -
J'aime la colombe, et Dieu la bénit.
Elle ne sait pas, bien qu'elle ait des ailes, Monter dans les cieux plus haut que sou nid.
 Qenève.
Triste vent du nord qui fauches la plaine , Et cours, en grondant, les cienx gris et froids. Où vont, emportés par ton âpre haleine, La fleur des jardins et Toiseau des bois ?
Où vont les rameaux et les feuilles mortes ? Ils courent ensemble au midi vermeil. Ils cherchent dans Tair où tu les emportes. Le grand chemin JMeu qui mène au soleil.
Triste vent du nord, quand vient la froidure, Mon cœur est pareil au val (>^isé, Aux bois sans chansons, aux prés sans verdure : Tu me Tas flétri, tu me l'as brisé.
Quand les Heurs s'en vont et les hirondelles Qu'entraîne là-bas ton souille vainqueur, Au pays natal emporte avec elles, Au pays natal emporte mon cœur !
Pierrot.
Sur les bancs du théâtre infime y
Qui te sert d'école et d'autel,
Le poltrf
m s'en fer II
le il II) linine.
Son logii
idPViPtltU
ncouvpiil;
Miiis tu s
■.on au da
ir rie la Iuqc,
Mon ami
Picrrol 1'
œil au vent.
Tu sors,
ijjuis (iarc
I'eiiilms.-,ide I
l'iir viiijr
UoidutsK
> voilà pris.
Choisis r
la ciiainfi
oul-pslocade:
Tu choisis lacliuin
le, e[ tu ris.
Tu ris, tar il le reste une arme.
O pinl sournois, lesle et cliiirtnaul, Toii salut, retTroi du pend arme, Ta liberté, son diHtiineot.
Tu ris DU narguant les entraves.
Caplif roi du geôlier, mc"ineur Plus sûricux que les gens graves, Vaiucu triomphant du vainqueur.
Ami Pierrot, la vie est dure.
Le monde est triste et mécontent :
Garde-nous ta galt/' qui ilurc.
Garde-nous ton rire i''clatanl !
Il a peur, sa chandelle est inorl* :
Il a froid, il n'a plus de Teu...
Pauvre monde, ouvre-lui la porle.
Bon Pierrot, pour l'amour di' Dieu '.
A une vieille fille.
Avril a fui, pauvre àme en pleurs '.
Mais sans tresser pour vous ses Ueuts Eu couronne de liancée; Vous voyez (iiisser deux A deux Vos amis d'enfance, el loin d'eux Vous restez senle el ilrlaissiV>. Vous regardez amèrement Celles igui vivent en aimant :
HABC Noimm
L'Opouse. la mère, l'aïeule, L'eafant qui, si frêle et si donx, Nona soutient, appuyé sur dous...
Vous restez seule, tonte seule t
Et pourtaat d'ici jusqu'au soir Le ciel ne doit pas rester noir.
l'iiisque jamais Dieu n'abandonne Cpux que le monde abandonna, Vous pouvez être heureuse : on a'a Ite bonheur que ce qu'on en donne.
[I est partout des malheureux :
loule ime, en se penchant sur eux.
Rencontre une Ame sœur qni l'aime.
Eu les soulageant on guérit; Tout les consoler on sourit.
Et l'on se console soi-mâme.
Qui mange seul mange sans faim.
Mais on peut partager son pain Avec bien des gens sur la terre ; On a chaud en les réchauffant; Chacun peut trouver un enfant Chez ceux qui cherchent une mëre.
Ah 1 tous ces oiseaux affamés Accourront, si vous les aimez.
Autour de vous, & tire-d'ailes.
Et s'ébattant sur vos genoux.
Vous feront un printemps plus doux Que le printemps des hirondelles.
Et TOUS aurez connu Tamonr Qui dure jusqu'au dernier jour, Qui, même après la dernière heure.
Vous relient encore ici-bas, Dans un ciel oti l'on ne meurt pas.
Dans une 4me en deuil qui vous pleure.
IKuvcas ï liie de Slttro Uonnier (Sandoi et FiuhbMbsc. Miteun, Puii). (*oi»/M (IS71); ThiSirt dta Marioanille* (1871); La via dt Jiiut ratonUt tn •tn françuà IlXTSj ; Traiuciian d« Fauti (1875). — Crltlqasi à oondiltar: E. mllicliel. Bibliolhèquii univerullt, t. XXTI ; Victac Chirboliei. Prifae» da
EUGÈNE RAMUERT
L'admirnhia aalcur cl«s Alpes iiuisses, ilnnt nous avons montré l'importance ciiinma prosateur duns le premier volume de cet ouvrage, fut aussi ua poète de valeur, une notun' ius|iiréL>, qui exprima en vers de uubles sentiments ut clis beaux syniliol'.'S. Imprégna de tittérniure [renïaise, Itambert doit sa forme pnrfoia un peu laborieuse A la fois aux classiques et aii\ roman tiques. m:iU pnr lu fond il i^st esscnticUemenl origirinl. Sa poésio est uatiuuali! dans Ir' ut-us èiovédu mot, sans aucune lies banalib-s provinciales qui dOpart-nt certains poètes helvétiques, l-^sprit vii;;oureux ut sain, Ame sensible et di'licate, le peintre des Alp<-s repivsint?, comme poôli-, ce qu'il y ;i do meilleur dans le c
Les lavandières ^ [,.es tilles iJu hanicnu lavaieul leurii robes blauchra,
— Pelles avaient daiisè fort avant ilaus lu nuit, — Kl l'eau de lu rivière écuniatt sous les planches U'oû le linge tordu ruisselait :i {.TauJ bruil. Lu première, une blonde au regard dou<£ et tendre. Bé\\e enfant de seize ans, ne croyant point an mal,
— Rien qu'^ lu voir passer les crenrs se laissaient prendre S'entre tenait tout lias des souvenirs du bit!. <i Elles n'en savent rien, les lilles Jn village; Lui ïeul a mon secret, et seule j'ui le sien. Hier, de son amour un baiser fut le i;age. Ma joie est d'iHre aimée et i[n'nn n'en saclic rien. ■ Une autre, une bruuetle à la bouche rieusts En regardant ses sœurs chantait à haut>^ vuix. Légère voix d'oiseau, séiniiiante et ino^gueuse. Kaile pour atroler tous les échos des bois.
« Elles le savent bien, les 611» do vill^e;
Pour moi la danse est tout, pour moi ]'aiDOVr n'est rien.
Je me ris des garçons et de leur vun psrlage.
Ma gloire est d'Ëlre libre et qu'on le sache bien. *
Et les autres riaieot et gaionillaient entra elles. Seule, nne pAle enfant soupirait à l'écart; On ne l'eût pas comptée an nombre des plus belles. Pourtant ses grands yeux biens avaient un bean regard.
« L'ont-elles deviné, les filles du village f Lui seul a mon amour et je n'ai pas le sien. Hier, plus d'une larme a mouillé mon visage. Mon lot est de souffrir et qu'il n'en sache rien. »
Notre Rhin'.
Le Rhin que vous chantez dans vos vers fratricides, Ce Rhin, fant6me impur, vieille divinité, Qui n'a jamais lavé son lit ensanglanté. Le Rhin des conquérants et des vantonrs avides, — Qu'il soit à vous, qu'il soit â vousl
Noire Rhin, libre enfant, frère jumeau du Rhône, Sur l'Alpe, en son berceau, n'a que des rêves d'or; Il est fier, il est libre, il est jeune, il est fort; Le sang n'a pas souillé les fleurs de sa couronne; — Il reste k nous, toujours k nous 1
Lioba*.
D'ob nous vienUil, ce vieux refrain.
Qui fait pleurer, qui fait sourire î
B !b itani dit cacAn da Coli
le prtmiûT mot da rttftaiii.
Liolia, tiDlM?
Vois des bci^ers. voix îles aliimps, Vi)i\ lies torreiiU, des rocs dr-serls, Il vif^til à nous ihi liikiit des airs, Oiiiiinc 11» éclio des hiatiches cimes.
Lii>bii, liolijt !
Sur rAI|ie aux lUiios vcriigiiifiis [| llnlle dans l'uir iju'nn n>s|iirc :
Aux lundis liï vont le siiupire, Et les iiioiits si' disfut entre eux :
Liiih:i, liolm!
IJ.iiii celle idvllo douce et dure ULilnrl.: umisasuuri.
Cuiiiliien de t'ois le cor d'Uri A-t-il sonni' sur la frontière
l.itdiit, liolm!
Ëxili's sous d'autres climats, Hej;rctliiiis-nous rAI[)iî fleurie?
Ce vieux refrain, c'est la palrii- Qui nous suit, chantant sur ti<j* pus