‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 156 sur 166 · JULES CARRARA · texte numérisé non relu

JULES CARRARA

Ni à Genève en £859, En 1887, quand parut La Lyre, en France on loua beaucoup Tauteur ; Maxime Gaucher, le sévère critique de la Revue bleue^ lui prédit de hautes destinées poétiques. Absorbé par la dure besogne de renseignement public, Jules Garrara a peu produit depuis lors ; mais un seul ouvrage suffit pour consacrer un vrai talent : quand un

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coup d*essai est un coup de maître, Toubli peut se faire sur un nom, l'œuvre n'en reste pas moins rayonnante et belle. Formé à l'école de Victor Hugo, dont il a chanté le g«'nie, Jules Garrara est on poète élevé, d'une forte imagination, qui manio très bien le vers romantique.

L'excellence du poète

L'aateur fait parler ici Victor Hugo, qui vient de maudire la guerre et les tyrans; il va exposer maintenant ses grandes id'Jes humanitidres et spiritnalistes.

Oh l le profil g«^int, la vjiste silhouelle. Le dompteur, l'einpon^ur, le roi, c'est le poète ! Oui, poètes, c'est vous les lionirnos de grand prix ! Car vous êtes rayons, car vous ùtes osprils : Car, lorsqu'on vous a mis dans Tombro do la terre, Quand la tombe est sur vous, de votre front austère Vous levez voire marbre et vous vous en allez. Etoiles, resplendir dans les cicux étolK'S. Oh ! que vous êtes grands et forts 1 Au seuil du temple, 0 poètes, c'est vous (juc l'avenir contemple; C'est en vous qu'il espère et c'est vous qu'il attend. Au fond de son abîme il rôve, palpitant, A la lumière, à la clémence, à la justice. Il attend que le vieil univers s'engloutisse FA qu'une dynastie intègre ait apporte- Le rè^no do l'Amour et de la Vérité.

Poètes, pour cela c'est sur vous que l'on compte, fi'erreur s'obstine; il faut qu'une force la dompte. Cette force, c'est vous, car vous venez d'en haut. Vous possédez autant de clarté qu'il en faut Pour peindre au ciel la fresque immense de l'aurore. La fleur Fraternité vous attend pour éclore, Et quand tous les remparts d'ombre seront détruits, Elle prodiguera ses parfums et ses fruits. Ce but est votre but, ces efforts sont les vôtres. A l'œuvre donc l allez, voyants l allez, apôtres l Allez, les conquérants, et revenez vainqueurs Avec une moisson glorieuse de coeurs l 0 peuples, qui courbez votre tête opprimée, Voici les bons soldats, voici la grande armée l

t ICxtrait de La Lyre (18S7).

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