‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 60 sur 166 · LECONTE DE LISLE · texte numérisé non relu

LECONTE DE LISLE

Celui qui tient la tête est un vieux chef. Son corps Est gercé comme un tronc que le temps ronge et mine ; Sa tête est conmie un roc, et l'arc de son échine Se voûte puissamment à ses moindres efforts.

Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche, Il guide au but certain ses compagnons poudreux ; Et creusant par derrière un sillon sablonneux, Les pèlerins massifs suivent leur patriarche.

L'oreille en éventail, la trompe entre les dents, Ils cheminent, Tœil clos. Leur ventre bat et fume, Et leur sueur dans l'air embrasé monte en brume ; Et bourdonnent autour mille insectes ardents.

Mais qu'importent la soif et la mouche vorace, Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé; Us révent en marchant du pays délaissé, Des forêts de figuiers où s'abrita leur race.

Us reverront le fleuve échappé des grands monts, Où nage en mugissant l'hippopotame énorme, Où, blanchis par la lune et projetant leur forme, Us descendaient pour boire en écrasant les joncs ;

Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils passent

Comme une ligne noire, au sable illimité;

Et le désert reprend son immobilité

Quand les lourds voyageurs à l'horizon s'effacent.

La chasse de Taigle ^

L'aigle noir aux yeux d'or, prince du ciel mongol^ Ouvre, dès le premier rayon de l'aube claire, Ses ailes comme un large et sombre parasol.

Un instant immobile, il plane, épie et flaire. Là-bas, au flanc du roc crevassé, ses aiglons Erigent, affamés, leurs cous au bord de l'aire.

Par la steppe sans fin, coteau, plaine et vallons, L'œil luisant à travers l'épais crin qui l'obstrue, PMurent, çà et là, des bardes d'étalons.

1 Extrait des Poèmes tragiques (1884). — Cette pièce, comme celles qui sont coiiMtcrées aux animaux dans les Poèmes barbares, est d'une grandeur terrible qui égale les plus belles inspirations de Victor Hugo dans ce genre-là .

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L'un d'enx, parfois, hennit vers Taube ; J'autre rue ; Ou qnelqae antre, tordant la qnene, allègrement, Pris de vertige, court dans Therbe jaune et dme.

La lamière, en un trais et vif pétillement. Croît, s'élance par jet, s'échappe par fusée, Et l'orbe du soleil émerge au firmament.

A l'horizon subtil où bleuit la rosée.

Morne dans l'air brillant, l'aigle darde, anxieux,

Sa prunelle infaillible et de faim aiguisée.

Mais il n'aperçoit rien qui vole par les cieux, Kien qui surgisse au loin dans la steppe aurorale. Cerf, ni daim, ni gazelle, aux bonds capricieux.

Il fait claquer son bec avec un âpre râle ;

D'un coup d'aile irrité, pour mieux voir de plus haut,

Il s'enlève, descend et remonte en spirale.

L'heure passe, l'air brûle. 11 a faim. A défaut De gazelle ou de daim, sa proie accoutumée. C'est de la chair, vivante ou morte, qu'il lui faut.

Or, dans sa robe blanche et rase, une fumée Autour de ses naseaux roses et palpitants. Un étalon conduit la hennissante armée.

Quand il jette un appel vers les cieux éclatants, La barde, qui tressaille à sa voix fière et brève^ Accourt, l'oreille droite et les longs crins flottants.

L'aigle tombe sur lui comme un sinistre rêve.

S'attache an col troué par ses ongles de fer

Et plonge son bec courbe au fond des yeux qu'il crève.

Cabré, de ses deux pieds couvulsifs battant l'air, Et comme empanaché de la bélc vorace^ L'étalon fuit dans l'ombre ardente de l'enfer.

Le ventre contre l'herbe, il fuit, et, sur sa trace, Ruisselle de l'orbite excave un flux sanglant; 11 fuit, et son bourreau le mange et le harasse.

L'agonie en sueur fait haleter son flanc ; Il renâcle, et secoue, enivré de démence. Cette grand aile ouverte et ce bec aveuglant.

Il franchit, furieux, la solitude immense, S'arrôle brusquement, sur ses jarrets ployé, S*abat et se relève et toujours recommence.

Puis, rompu de l'effort en vain multiplié, L'écume aux dents, tirant sa langue blême et réche, Par la steppe natale il tombe foudroyé.

Là, ses os blanchiront au soleil qui les sèche ; Et le sombre chasseur des plaines, Taigle noir. Retourne au nid avec un lambeau de chair fraîche.

Ses petits affamés seront repus ce soir.

Œuvres à lire de Leconte de Lisle (Lemerre, éditeur, Paris) : Poèmêê antiques (1852) : Poèmes barbares (1859) ; Poèmes tragiques (1884) ; Derniers poè" mes (1895); Les Erinnyes, tragédie grecqae (1872). — Critiques à consulter: Th. Gautier, Rapport sur les progrès de la poésie (1867); Paul Bourget, Essais de psychologie contemporaine (1885) ; Maurice Spronck, Les Artistes littéraires, (1889); Jules Lemaitre, Les Contemporains (1893) ; F. BmneûèTef L'évolution de la poésie lyrique, (1895) et Nouveaux essais de littérature contemporaine, U8J5); Henry Houssaye, Discours de réception à f Académie (iSOS).

Né à Cuba en 1842.

Fils d*un père espagnol et d'une mère française, Heredia est un gentilhomme de vieille roche : il descend de ces f&mexixcoftquistadores espagnols qui vécurent la prodigieuse épopée du Nouveau-Monde ; un de ses ancêtres accompagna Gortez et fonda Garthagène des Indes. Né dans les montagnes de la Sierra Madré, près de Santiago de Guba, il vint en France à Tàge de huit ans, lit d'excellentes études classiques et passa par TEcole des Ghartes, où il puisa le goût des détails précis et de Texactitude documentaire. Son éducation fut donc toute française, mais il garda toujours la vision éclatante du superbe pays tropical colonisé jadis par ses aïeux. Ge descendant des conquérants espagnols est aussi un gentilhomme de lettres. A une époque où la poésie n*est pour la plupart qu'un simple métier, il a su garder la réserve hautaine du grand artiste qui produit peu pour produire bien, qui s'enferme dans sa tour d'ivoire par dédain pour la foule avide des brocanteurs de lettres. G'est ainsi qu'il a mis trente ans à composer cent vingt sonnets et quatre poèmes. Un pareil souci de la perfection littéraire est à lui seul une grande originalité. Heredia, quoique très original, procède

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de Leconte de Lisle; comme lui, il a fait de la poésie impersonnelle, trouvant que les sentiments personnels doivent rester enfermés sous le triple airain de la conscience. Ayant ainsi bardé son cœur, il a promené son regard de voyant sur l'histoire et sur la nature, laissant voguer son imagination représentative à travers le monde, passant de la mythologie grecqu»^ à l'histoire héroïque du moyen-àge, des splendeurs de la nature tropicale aux rêves troublants qu'éveille la mer de Bretagne. Ses tal)h^aux d'histoire et ses paysages ont une intensité de vie extraordinaire. C'est un évocateur merveilleux ; en quelques vers, il vous donne une impression des choses mortes qui ne s^etTace jamais plus, car on les a vues revivre. Gomme styliste, il est absolument remarquable ; il connaît à fond l'art de sculpter, de buriner, de sertir la phrase, de combiner les mots sonores et les images éveilleuses de sensations colorées. Quand sa conception poétique est sortie bien vivante et bien nette de son cerveau, il la vôt des formes à la fois les plus précises et les plus riches et c'est un éblouissement pour l'oreille et pour les yeux. La perfection al)solue de l'expression verbale, qu'ont poursuivie tous les parnassiens, est chez lui réalisée. Il a su faire du sonnet quelque chose d'inconnu encore dans la langue française : c'est le plus grand artiste de l'école parnassienne.

Fuite de centaures ^

Ils fuient, ivres de meurtre et de rébellion, Vers le mont escarpé qui garde leur retraite ; La peur les précipite, ils sentent la mort prête Et flairent dans la nuit une odeur de lion.

Ils franchissent, foulant l'hydre et le stellion. Ravins, torrents, halliers, sans que rien les arrête ; Et déjà, sur le ciel, se dresse an loin la crête De rOssa, de l'Olympe ou du noir Pélion.

Parfois, l'un des fuyards de Ja farouche harde Se cabre brusquement, se retourne, regarde, Et rejoint d'un seul bond le fraternel bétail ;

Car il a vu la lune éblouissante et pleine Allonger derrière eux, suprême épou vantail, La gigantesque horreur de l'ombre Herculéenne.

' Heredia a merveilleusement exprimé les mythes de l'HolIade primîtivtî ; c'est chez lui, comme chez Leconte de Lisle, qu'on trouve la transposition la meilleure des créations magnifiques du génie grec. — Ces vers et les suivants sont extraits de l'unique volume publié par l'auteur, hes Trophées.

Persée et Andromède.

Au milieu de Técume arrêtant son essor, I^e Cavalier vainqueur du monstre et de Méduse, Ruisselant d'une bave horrible où le sang fuse, Emporte dans ses bras la vierge aux cheveux d*or.

Sur rétalon divin, frère de Chrysaor, Qui piaffe dans la mer et hennit et refuse, Il a posé l'Amante éperdue et confuse Qui lui rit et Fétreint et qui sanglote encor.

Il l'embrasse. La houle enveloppe leur groupe.

Elle, d'un faible effort, ramène sur la croupe

Ses beaux pieds qu'en fuyant baise un flot vagabond ;

Mais Pégase irrité par le fouet de la lame, A l'appel du Héros s'enlevant d'un seul boud, Bat le ciel ébloui de ses ailes de flamme.

L'Esclave.

Tel, nu, sordide, affreux, nourri des plus vils mets. Esclave — vois, mon corps en a gardé les signes — Je suis né libre au fond du golfe aux belles lignes Où l'Hybla plein de miel mire ses bleus sommets.

J'ai quitté l'Ile heureuse, hélas!... Ahl si jamais Vers Syracuse et les abeilles et les vignes Tu retournes, suivant le vol vernal des cygnes, Cher hôte, informe-toi de celle que j'aimais.

Reverrai-je ses yeux de sombre violette. Si purs, sourire au ciel natal qui s'y reflète Sous l'arc victorieux q«e tend un sourcil noir î

Sois pitoyable ! Pars, va, cherche Cléariste Et dis-lui que je vis encor pour la revoir. Tn la reconnaîtras, car elle est toujours triste.

Soir de bataille.

Le choc avait été très rude. Les tribuns Et les centurions, ralliant les cohortes,

ZOZ GflBBSTOMATUIB PBANÇAISB

Humaient encor daas l'air où vibraient leurs voix fortes La chaleur du carnage et ses Acres parfums.

D*un œil morne, comptant leurs compagnons défunts, Les soldats regardaient, comme des feuilles mortes, Au loin, tourbillonner les archers de Phraortes ; Et la sueur coulait de leurs visages bruns.

C'est alors qu'apparut, tout hérissé de flèches, Rouge du flux vermeil de ses blessures fraîches, Sous la pourpre flottante et l'airain rutilant,

Au fracas des buccins qui sonnaient leur fanfare. Superbe, maîtrisant son cheval qui s'elîare, Sur le ciel enflammé, l'Imperator sanglant.

Les conquérants*.

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, Fatigués de porter leurs misères hautaines^ De Paies de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conqnt'^rir le fabuleux métal Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines, Et les vents alizés inclinaient leurs antennes Aux bords mystérieux du monde Occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques, L'azur phosphorescent de la mer des tropiques. Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles^ Ils regardaient monter en un ciel ignoré Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.

A une ville morte.

Gartagena de Indias, 1532-15834687.

Morne Ville, jadis reine des Océans !

Aujourd'hui le requin poursuit en paix les scombres

^ Ce sonnet passe pour le chef-d'œuvre de Heredia; un grammairien pointilleux y découvrirait cependant une incorrection : au neuvième vers, le gérondif espérant qui se rapporte à ils du treizième vers n'est pas grammatical, il £au> drait : tandis qu'ilê eâpéraient des lendemains épiques, l'azur, etc. — Le sonnet n'en est pas moins remarquable au point de rue poétique et cette construction hardie ne choque pas id.

JOSÉ-MARU DE HEREDIA 2o3

Et le nnage errant allonge seul des ombres Sur ta rade où roulaient les fi^alions géants.

Depuis Drake et Tassant des Anglais mécréants, Tes murs désemparés croulent ea noirs décombres Et, comme un glorieux collier de perles sombres, Des boulets de Pointis montrent les trous bé^ints.

Entre le ciel qui brûle et la mer qui moutonne,

Au somnolent soleil d'un midi monotone.

Tu songes, ô Guerrière, aux vieux Conquistadors !

Et, dans Tén^rvement des nuits chaudes et calmes,

Berçant ta gloire éteinte, ô Cité, tu t'endors

Sous les palmiers, au long frémissement des palmes.

Le récit de corail.

Le soleil sous la mer, mystérieuse aurore. Eclaire la forêt des coraux abyssins Qui mêle, aux profondeurs de ses tièdes bassins, La béte épanouie et la vivante flore.

Et tout ce que le sel ou Tiode colore, Mousse, algue chevelue, anémones, oursins, Couvre de pourpre sombre, en somptueux dessins, Le fond vermiculé du pâle madrépore.

De sa splendide écaille éteignant les émaux.

Un grand poisson navigue à travers les rameaux;

Dans Tombre transparente indolemment il rôde;

Et, brusquement, d'un coup de sa nageoire en feu, D fait, par le cristal morne, immobile et bleu. Courir un Msson d'or, de nacre et d'émeraude.

Maris Stella.

Sous les coiffes de lin, toutes, croisant leurs bras Vêtus de laine rude ou de mince percale. Les femmes, à genoux sur le roc de la cale, Regardent l'Océan blanchir l'Ile de Batz.

Les hommes, pères, fils, maris, amants, là-bas, Avec ceux de Paimpol, d'Audierne et de Cancale,

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Vers le Nord, sont partis pour la lointaine escale. Que de hardis pécheurs ({ui ne reviendront pas l

Par-dessus la rumeur de la mer et des côtes

Le chant plaintif s'élève, invoquant à voix hautes

L'Etoile sainte, espoir des marins en péril ;

Et l'Angélus, courbant tous ces fronts noirs de hâle. Des clochers de Roscoff à ceux de Syhiril S'envole, tinte et meurt dans le ciel rose et pâle.

Le serrement de mains ^

Songeant à sa maison, grande parmi les grandes,

Plus grande (ju'Jnigo lui-même et qu'Abarca,

Le vieux Diego Laynez ne goûlcplus aux viandes.

Il ne dort plus, depuis qu'un sang honteux marqua La joue encore chaude où l'a frappé le comte, Et que pour se venger la force lui manqua.

11 craint que ses amis ne lui demandent compte, Et ne veut pas, navré d'un vertueux ennui, Leur laisser respirer l'haleine de sa honte.

Alors il fit quérir et rangea devant lui Los quatre rejetons de sa royale branche, Sanche, Alfonse, Manrique et, le plus jeune. Uny.

Son cœur tremblant faisait trembler sa barl)e blanche. Mais l'honneur roidissant ses vieux muscles glacés, [l serra fortement les mains de l'alné, Sanche.

Celui-ci, stupéfait, s'écria : — C'est assez !

Ah ! vous me faites mail — Et le second, Alfonse,

Lui dit : — Qu*ai-je donc fait, père? vous me blessez ! —

Puis, Manrique : — Seigneur, votre griffe s'enfonce. Dans ma paume et me fait souffrir comme un damné ! — Mais il ne daigna pas leur faire une réponse.

^ Ce poènio remarquable est inspiré du Romancero espagnol et se rapporte à la légende du Cid. Comparer ce morceau avec la scène III du premier acte, dans la pièce de Guillen de Castro, Las Mocedades del Cid, et lire ensuite, dsms le Cid de Corneille, la scène V de l'acte I, pour v(»ir la diilôrence des procédés littéraires mis en œuvre.

Sombre, désespérant en son coeur consterné D'enter sur un bras fort son antique courage, Diego Laynez marcha vers Ruy, le dernier-né.

Il Tétreignit, tàtant et palpant avex rage

Ces épaules, ces bras frêles, ces poignets blancs,

Ces mains, faibles outils pour un si grand ouvrage.

Il les serra, suprême espoir, derniers élans ! Entre ses doigts durcis par la guerre et le hâle. L'enfant ne baissa pas ses yeux étincelants.

Les yeux froids du vieillard flamboyaient. Huy tout pâle. Sentant l'horrible étau broyer sa jeune chair, Voulut crier; sa voix s'étrangla dans un râle.

Il rugit: — Lâche-moi, lâche-moi, par l'enfer !

Sinon, pour t'arracher le cœur avec le foie,

Mes mains se feront marbre et mes dix ongles fer ! —

Le vieux, tout transporté, dit en pleurant de joio :

— Fils de l'âme, ô mon sang, mon Rodrigue, que Dieu Te garde pour l'espoir que ta fureur m'octroie l —

Avec des cris de haine et des larmes de feu, Il dit alors sa joue insolemment frappée, Le nom de l'insulteur et l'instant et le lieu;

Et tirant du fouiTean Tizoua bien trempée. Ayant baisé la garde ainsi qu'un crucifix, Il tendit à l'enfant la haute et lourde épéc.

— Prends-la. Sache on user aussi bien que je fis. Que ton pied soit solide et que ta main soit prompte. Mon honneur est perdu. Rends-le-moi . Va, mon fils.

Une heure après, Ruy Diaz avait tué le comte.

Œavres à lire de Heredia (Lemerre, éditeur, Pahs) Le» Trophées H 803) et sa magniûqae tradaction en prose de la VéyHdique histoire de la conquête de la nouvelle Espagne, par Bernai Diaz del Castillo (1878-1887) — Crillquce à con- «alter: Anatole France, La Vie littéraire; Jules Lemaitre, Les Contemporains; Paul Bourget, Journal des Débats, 23 mare 1893; Françoin Copp6c, Discours de. réception à V Académie (1895).

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