‹ Chrestomathie française du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 92 sur 166 · fhE5T'>MATHÎE IhA.N Vl<E · texte numérisé non relu

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Elles vont tlâir-^r i-> roseaox Et rni? reprennent leur voyage Entre les frissons du feuilla/e El les rniroiteriienls îles eaux ;

Et, quand leur vol, plein de crochets.

De zigzags et de ric^xrhets, Ayant lassé k-s denioiselles.

On les voit enfin s*arrèter :

Elles sfmMent moins s'éventer Que respirer avec leurs aile^.

Œuvras à lire d^ R^lliaat iCbarp-nti-r. éiitear, Paris) : Dans les brandes

1S77); L'Ahime (l'^Sd; Le Sature .IS'-» . — Cri'.iqucS à consulter : Ch. Kue-

'••■■T, Les poètes du clocher l>-^'.* : CL. Gllel, Histoire de ta littêraiure française.

JEAN AIGARD

.V. '■ Toulon f>n IS4S.

Dans chaque groupe de poètes, comme dans un parti, il y a une aile droite et une aile gauche, ayant dos tendances assez divergentes malgré leur nominale unité. Jean Aicard appartient à l'aile droite du néoromantisme et dilïère beaucoup des deux écrivains précédents. C'est un idéaliste sentimental à l'âme saine, qu'aucun pessimisme littéraire n'a jamais embrumé. Il aime la vie et l'a chantée avec une belle vij^eur d'enthousiasme; la nature et le foyer sont les deux pôles de ce Proven<;al lumineux, nourri de la bonne moelle romantique, mais devenu un poète très personnel d'allure et d'inspiration. Quelques-unes de ses œuvres sont très beUes.

Le Rhône ^

Le Rhône est si profond, si rapide et si large, Que dans la grande Europe il n'a pas son pareil. Kni[»ortant des bateaux sans nombre avec leur charge, 11 va roulant de Tor et roulant du soleil.

Fleuve superbe ! il court et, se jouant des lieues. Il atteint, lui qui sort des Alpes au cœur pur, La Méditerranée aux grandes ondes bleues. Et, né dans la blancheur, il finit dans Tazur.

• Extrait dos Poèmes de Provence dSTi». un des plus beaux recueils de vers du poète, renfennant de romarquablos descriptions.

IBAN UCAflD

Uu lac veut i'arri^ler au sortir île sa source ; Il le itiviçe, il p^sse !... Et le frère du Hhin, TrouvnuE alors des rocs eu travers de s;i course, Sous l'olislacle étoont^ creuse un lit soulerraia... Reparais, reparais, tu n'auras plus d'obslacie : Le ^rand [K>uple de t'rauce attend les vastes enus, n fleuve ! ilunne-lui le [Merveilleux spectacle ll-'s prés féconds ol verts, sillonnés de ruisseaux. La Suisse géui'Tcuse à la France te donne. Ta voix endort leurs lils au berceau, vieux géant. Le sang ne le plaît pas, à toi I Ta force est bonne, 0 fleuve 1 et comme un dieu tu passes en créant. Tu fais t'crmer des boargs, croître des capitales : Voici Lyon, Valence, et la bniue Avignon, Dont les iîlles galment, sur les rives natales, l'enveiit méicr le pampre aux nœuds de leur chignon.

Car, pour mieux nous jmrlcr la joie et l'espérance. Tu fais verdir les ceps sur les coteaux )«ncl)ants. Tu donnes de ta force à nos bons vins de France, Et ta fais naître ainsi des amours et des chants.

Et tu pa.sses, heurtant l'arche du pont qui bouge, Ei l'on a peur de loi. tant, furieux et prompt, Aveu^'lénient, comme un taureau qui voit du rouge. Snr les digues des quais tu vas donnant du front. Mais, 6 le plus puissant des Qeuves de l'Europe! Pourquoi donc laisses-tu défaillir ta vigueur. Lors(iue, prés d'Avignon, le mistral qui galojie Te jette, an s'enfayant, le défi d'un vaini|neur?

Sans pouvoir t'iiidigncr, le mistral te devance... Ah ! tu voudrais marcher toujours plus lentement! El même, pour mieux voir le cit'l de la Provence, Tu vouilrais un seul jour n'être^ qu'un lac dormant.

Car voici, par essaims, les belles tilles d'Arles. Leur cheveux couronnés du lar^'e velours noir. Le cœur pris au hiuiiage amoureux que tu parles. Qui sur tes bords cliarmunls viennent rêver le si>ir.

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