HENRI DE RÉGNIER
Joie éparse, douleurs passées En mes pensées .
Celle-là qui sourit est venue,
Sur sa barque de fleurs qui penche,
Des jours lointains de mon enfance;
Je Tai connue
Assise jadis à la porte
De la vieille maison ouverte sur la mer ;
Elle m'apporte
Son rire clair...
Le flot roule parmi les algues,
Des conques d*émail et de nacre;
On y entend toute sa vie,
On y écoute son passé vivant.
Ecume, marée et vent,
Sa joie et sa mélancolie.
Te voici donc, ô songeuse !
Qui t'accoudes en robe pâle;
Ta barque pleure.
Lentement, sur la mer étale ^,
De tous ses avirons qui s'égouttent dans Peau ;
Je t'entendais jadis du fond des soirs d'ennui
Gémir avec le câble et la mâture
Et les grands et calmes oiseaux
Dont l'aile frôle le silence ;
Je f entends au fond des soirs d'ennui
Pleurer dans l'ombre où l'Heure a fui
Avec les ailes du Silence.
Douces pensées.
Murmure du flot sur la grève,
Remous du sable, frissons d'aile,
Pas lointains et voix lointaines,
Arabesques d'algues enlacées.
Sang terrestre qui, de veine en veine,
Coule au granit et le fait chair.
Douces pensées,
Furtives et vaines
Qui chantez de nous dans les choses.
Bercez en moi les conques closes,
» Cet adjectif veut dire que la mer ne monte plus et ne descend pas encore.
Que toD Ters soH la bonne aTentnre Eparse soi Tent cri^é do matin Qni Ta fleorant la menâie et le tfajm^ 1^ toot le reste est Uttératnre.
ŒMTKm a lire de Paml Yeriaioe »A. LeTBore, éditeur, Parisr : Ptièwt^s saiw^ Miens <i866) ; La homme chanson llàTOy : Ramianees sams paroles \iS^i) : Smfeme • lâ80^ ; AM9Mr (i^SS) : Bonheur AS^k — Critiqaes a eoasolter : Jales Tellî«r. JTm Poètes f18àHt : Byranck, Vm HoOamdais à Paris em 1891 ; Anatole Fraace. Lm FiV iitlérmire d%*l) : A. Sjmooa, National Rerieie ij-iia liQ3> ; Jvies Lf litre, Z«> Contemporains (1806); Ck. Moriee, P^m/ TerUine, rhomntm et r^nrcrs ttaOSt : Gaaford Yallette. 5e««*ii^ littéraire de Gefi«rr^, tlâ janrîer lSB6t ; Fersasd Gregfa, Rerue ée Paris, • t" £hrrier 1>â&> ; Patente Berrieboa, Rf'xiêe BUmcke^ t L» féTrî«r laOfti : Gaston Desehaaps, Lu ri> «/ {«fis /trres it><^^ : Dmllaert, TerleÙMe (iaBlî> : Retue En^yelofédiqtte. ii5 jaaTÏer 1356 > : La Plume il" fêrner lS)St ; L Ermitm^. Oérner Mf>>»; Juçend. ^féTner 1896t ; Emile YeritaH«a, ^rriM» Blmmdke, T. XII ti^>r> : Victor Cfaariwiukel, Z.«s mystiques dans la littérmture prétente (1996): F-I»f«rf LepeUetier, P<»«Z r-îr^^iwi?, «/i n>, *on .^•#rr<f ( 1907) : K. D«p«j, Poètes et eritiqttes i1913).