‹ Chrestomathie franc̜aise du XIXe siècleChapitre 148 sur 176 · MARC MONNIER · texte numérisé non relu

MARC MONNIER

Un grand gémissement monte de notre terre Et la sueur de sang y coule nuit et jour... Ceux qu'étreignait ton cœur à cette heure dernière, Hélas ! ils n'ont rien su de ton divin amour.

Et nous les oublions... Et pendant cette veille De tant de malheureux, d'ignorants, d'opprimés, Nous dormons, nous rêvons... Si leur voix nous éveille, Nos yeux appesantis sont bientôt refermés.

Mais ce gémissement qui monte de la terre Retentira pour nous jusqu'en l'éternité, Lorsque Dieu nous dira : Qu'as-tu fait de ton frère ? Et Jésus de sa voix tendre et pourtant sévère : Vous m'avez laissé seul en mon Gethsémané * !

Œuvres à lire de M"* de Pressensé (Lemerre, éditeur, Paris) ; Poésies (1869). — Critiques à consulter : Cordey : Journal religieux de la Suùtse romande, (18 et 25 mai 1901) ; M** Suchard, L'Œuvre de 3/me de Pressensé (1904) ; Marie Dutoit : Au Foyer romand (1902) ; Gabriel Monod, Souvenirs et lettres inédites de M'^*> de Pressensé.

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