‹ Chrestomathie franc̜aise du XIXe siècleChapitre 152 sur 176 · PHILIPPE GODET · texte numérisé non relu

PHILIPPE GODET

xY^ à Neuchâtel en 1850.

(Critique remarquable et justement redouté, journaliste brillant, Philippe Godet est actuellement le prosateur romand qui manie le mieux la langue française. D'autres ont plus de force ou de coloris, aucun ne possède à un égal degré les qualités essentielles à notre idiome : la logique* la clarté, l'aisance, la souplesse, la nuance, la finesse, la rapidité. Ecrivain plein de verve, il a cette ironie supérieure qui donne à l'esprit toute sa force et tout son attrait. Gomme poète, bien qu'il n'ait pas écrit des œuvres comparables à ses ouvrages en prose, il montra un talent très original. Ses vers sont d'une fantaisie charmante : le sentiment sérieux et délicat y coudoie Tironie ailée. On y sent toujours l'absolue sincérit*' d'un homme de cœur et d'un homme d'esprit, maniant la langue poétique avec une aisance parfaite.

Evasions ^

Quand; après un jour de labeur, Tout me paraît morose et fade, Au pays du rêve enchanteur Je m'évade.

Venant de plaider gravement Quelque vol avec escalade ', Vers la Muse au rire charmant Je m'évade.

* Extrait du recueil Le cœur et les yeux (1881).

» Avant d'être professeur à l'Université de Neuchâtel, l'auteur avait été avocat pendant quelques années.

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